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COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMTE DES SCIENCES.

PARIS. IMPRIMERIE GAUTUIER-VILLARS ET C'', QDAI DES GRANDS-AUGCSTINS, 55.

COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

PUBLIES,

CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE

EN DATE DU 13 JUILLET 1835,

PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS.

TOME GEIVT-SOIXAIVTE-QIJATORZIEME.

JANVIER - JUIN Î922.

PARIS,

GAUTHIER-VILLARS et G'«, IMPRIMEURS-LIBRAIRES

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES,

Quai des Grands-Augustins, 55.

1922

ÉTAT DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

AlH"JAPIEm922

SCIENCES MATHÉMATIQUES.

Section I^. Géométrie.

Messieurs :

Jordan (Marie-Ennemond-Camille), o. *. Appell (Paul-Émile), G. o. *. Painlevé (Paul), *. Hadamard (Jacques-Salomon), *. GouRSAT (Édouard-Jean-Baptiste), *. BoREL(Félix-Édouard-Justin-Émile), o. *.

Section II. Mécanique.

BoussiNESQ ( Joseph- Valen tin), O. *. Sebert (Hlppolyte), c. * Vieille (Paul-Marie-Eugène), g. o. *. Lecornu (Léon-François-Alfred), o. *. Kœnigs (Paul-Xavier-Gabriel), O. *. Mesnager (Augustin-Charles-Marie), O. *.

Section III. Astronomie.

Deslandres (Henri- Alexandre), O. *. BiGOURDAN (Guillaume), o. *. Baillaud (Edouard-Benjamin), G. *. Hamy (Maurice-Théodore-Adolphe), *. PuiSEUX (Pierre-Henri), «f. Andoyer (Marie-Henri), *.

ACADÉMIE DES SCIENCES. Section IY. Géographie et Navigation.

Messieurs :

Bertin (Louis-Émile), C. *.

Lallemand (Jean-Pierre, dit Charles), o. *.

FouRNiER (François-Ernest), g. c. *, %.

Bourgeois (Joseph-Émile-Robert), g. o. *.

Favé (Louis-Eugène-Napoléon), c. *,

N

Section V. Physique générale.

ViOLLE (Louis-Jules-Gabriel), c. *. BouTY (Edmond-Marie-Léopold), o. *. ViLLARD (Paul), o. *. Branly (Désiré-Eugène-Edouard), o. ^. Berthelot (Paul- Alfred- Daniel). Brilloi in (Louis-Marcel), *.

SCIEACES PHYSIQUES.

Section YI. Chimie.

Lemoïne (Clément-Georges), o. *.

Haller (Albin), g. o. *.

Le Chatelier (Henry-Louis), c *.

MouREU (François-Charles-Léon), c. *.

Béhal (Auguste), c. *.

Urbain (Georges), *.

Section YII. Minéralogie.

Barrois (Charles-Eugène), o. *. DouviLLÉ (Joseph-Henri-Ferdinand), o. *. Wallerant (Frédéric-Félix-Auguste), *. Termier (Pierre-Marie), o. *. Launay (Louis-Auguste-Alphonse de), o. *. Haug (Gustave-Emile), *.

ÉTAT DE l'académie AU l" JANVIER 1922. Section VIII. Botanique.

Messieurs :

GuiGNARD (Jean-Louis-Léon), c. *. BONNIER (Gaston-Eugène-Marie), O. *. Mangin (Louis- Alexandre), c. *. CosTANTiN (Julien-Noël), *. Lecomte (Paul-Henri), o, *. Dangeard (Pierre-Augustin-Clément), *.

Section IX. Économie rurale.

Roux (Pierre-Paul-Émile), g. c. *. ScHLŒSiNG (Alphonse-Théophile), o. ft. Maquenne (Léon-Gervais-Marie), *. Leglainche (Auguste-Louis-Emmanuel), c. *. VlALA (Pierre), O. *. Llndet (Gaston-Aimé-Léon), C. *.

Section X. Anatomie et Zoologie.

Ranvier (Louis-Antoine), O. *.

Bouvier (Louis-Eugène), o. *.

Henneguy (Louis-Félix), o. *.

Marchal (Paul-Alfred), o. *.

JouBiN (Louis-Marie-Adolphe-Olivier-Édouard), o. *.

Mesnil (Félix-Étiehne-Pierre), *.

Section XI. Médecine et Chirurgie.

Arsonval (Jacques Arsène d'), C. *. Laveran (Charles Louis- Alphonse), c. *. RiCHET (Robert-Charles), C. *. QuÉNU (Édouard-André-Victor-Alfred), c. *. Widâl (Fernand-Georges-Isidore), G. O. *. Bazy (Pierre-Jean-Baptiste), o. *.

ACADEMIE DES SCIENCES.

SECRÉTAIRES PERPÉTUELS.

Messieurs :

Picard (Charles-Emile), c. *, pour les sciences mathématiques. Lacroix (François- Antoine- Alfred) , o . * , pour les sciences physiques .

ACADÉMICIENS LIRRES.

Freycinet (Louis-Charles de Saulses de), o. *.

Hatonde la Goupillière (Julien-Napoléon), g. o. «.

Bonaparte (le prince Roland).

Tisserand (Louis-Eugène), g. g. *.

Blondel (André-Eugène), o. *.

Gramont (le c*^ Antoine-Alfred-Arnaud-Xavier-Louis de), O. *.

FOCH (le maréchal Ferdinand), g. c. *, f .

Janet (Paul-André-Marie), o. *.

Breton (Jules-Louis).

N

MEMBRES NON RÉSIDANTS.

Sabatier (Paul), o. *, à Toulouse. GouY (Louis-Georges), *, à Lyon. Depéret (Charles-Jean-Julien), *, à Lyon. Flahault (Charles-Henri-Marie), o. *, à Montpellier. KiLiAN (Charles-Constant-Wilfrid), *, à Grenoble. COSSERAT (Eugène-Maurice-Pierre), à Toulouse.

APPLICATIONS DE LA SCIENCE A L'IiXDLSlTUE.

Leblanc (Charles-Léonard-Armand-Maurice), *, à Paris.

Râteau (Camille-Edmond-Anguste), o. ^, à Paris.

Charpy (Au^ustin-Georges-Albert), *, à Paris.

CnARDONNET (le c'^ Louis-Matie-Hilaire Bi rmgaud de), ^, à Paris.

Lumière (Louis-Jean), c. *, à Lyon.

Laubëuf (Alfred-Maxime), o. *, à Paris.

ÉTAT DE l'académie AU l" JANVIER 1922.

ASSOCIÉS ÉTRANGERS.

Messieurs :

Albert P^ (S. A. S.), prince souverain de Monaco, g. c. *.

Van der Waals (Joannes Diderik), à Amsterdam.

Lankester (SirEdwin Ray), à Londres.

LoRENTZ (Hendrik Antoon ), à Haarlem (Pays-Bas).

Geikie (Sir Archibald), o. *, à Haslemere, Surrey.

VoLTERRA^Vito), c. *, à Rome.

Hale (George Ellery),àMountWilson Observatory (Californie).

Thomson (Sir Joseph John), à Cambridge (Angleterre).

Walcott (Charles Doolittle), à Washington.

Ciamician (Giacomo), *, à Bologne.

MiCHELSON (Albert Abraham), à Chicago.

N

CORRESPOND AXTS.

SCIENCES MATHÉMATIQUES.

Section P«. Géométrie (10).

Mittag-Leffler (Magnus Gustaf), c. *, à Djursholm (Suède). Nœther (Max), à Erlangen. Guichard (Claude), à Paris. Hilbert (David), à Gôttingen.

LA Vallée Poussin (Charles-Jean-Gustave-Nicolas de), à Louvain,

Bi'ANCHi (Luigi), à Pise.

Larmor (Sir Joseph), à Cambridge (Angleterre).

Di KSON (Léonard Eugène), à Chicago.

R.QilER(Charle.s-Edinond-Alfred), à Caen (Calvados).

N. .

lO ACADEMIE DES SCIENCES.

Section H. Mécanique (lo).

Messieurs :

WiTZ (Marie- Joseph- Aimé), à Lille.

Levi-Civita (Tullio), à Rome.

ScHWOERER (Emile), ^, à Colmar.

Sparre (le comte Magnus-Louis-Marie de), à Lyon.

Ariès (Louis-Marie-Joseph-Emmanuel), o. *, à Versailles.

Waddell (John Alexander Low), à Kansas City (Missouri).

Torres Quevedo (Leonardo), à Madrid.

Greenhill (Sir George), à Londres.

Andrade (Juleé-Frédéric-Charles), à Besançon.

N

Section III. Astronomie (i6).

Stephan (Jean-Marie-Édouard), o. *, à Marseille.

Van de Sande Bakhuyzen (Hendrik Gerardus), c. *, à Leyde

(Pays-Bas). Christie (Sir William Henry Mahoney), à Down (Angleterre). TuRNER (Herbert Hall), à Oxford.

Kapteyn (Jacobus Cornélius), *, à Groningue (Pays-Bas). Verschaffel (Aloys), à Abbadia (Basses-Pyrénées). Lebeuf (Auguste-Victor), *, à Besançon. DySON (Sir Frank Watson), à Greenwich. GONNESSIAT (François), *, à Alger.

Campbell (William Wallace), à Mount Hamillon (Californie). Fabry (Louis), à Marseille. FowLER (Alfred), à Londres. Brown (Ernest jWilliam), à New-Haven (Connectitut).

N. . . . ^ . . . °

N

N

Section IV. Géographie et Navigation (lo).

Teffé (le baron de), à Petropolis (Brésil). Nansen (Fridtjof), c. «, à Lysaker (Norvège).

ÉTAT DE l'académie AU l*"" JANVIER 1922. II

Messieurs :

Colin (Édouard-Elie), *, à Tananarive. Hedin (Sven Anders), à Stockholm.

HiLDEBRAND HiLDEBRANDSSON (Hugo), C. *, à Upsal.

Davis (William Morris), *, à Cambridge (Massachusetts). Amundsen (Roald), g. o. *, à Kristiania. TiLHO (Jean-Augusle-Marie), o. *, à Paris. Legointe (Georges), g. *, à Uccle (Belgique). Watts (Sir Philip), à Londres.

Section V. Physique générale (10).

Blondlot (Prosper-René), o. *, à Nancy. Benoît (Justin-Miranda-René), o. *, à Courbevoie. Guillaume (Charles-Edouard), o. *, à Sèvres. Arrhemus (Svante August), g. o. «, à Stockholm. Mathias (Emile-Ovide-Joseph), *, à Clermont-Ferrand. Dewar (Sir James), à Cambridge (Angleterre). Onnes (Hecke Kamerlingh), à Leyde (Pays-Bas). WeiSS (Pierre) *, à Strasbourg.

Rutherford (Sir Ernest), à Cambridge (Angleterre). Zeeman (Pieter), à Amsterdam.

SCIENCES PHYSIQUES.

Section VI. Chimie (10).

Forgrand de Coiselet (Hippolyte-RobertDE), *, à Montpellier.

Guye (Philippe-Auguste), *, à Genève.

Guntz (Antoine-Nicolas), *, à Nancy.

Graebe (Cari), à Francfort-sur-le-Main.

Barbier (François-Antoine-Philippe), o. *,'à'Bandol[(Var).

Grignard (François-Auguste-Victor), o. ^, à Lyon.

Walden (Paul), à Riga.

Solvay (Ernest-Gaston), g. o. *, à Bruxelles.

Paternô di sessa (le marquis Emanuele), g. o. ^, à Rome.

Perkin (William Henry), à Oxford (Angleterre).

12 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Sectiox VII. Minéralogie {lo).

Messieurs :

TscHERMAK (Gustav), à Vienne (Autriche).

Brôgger (Waldemar Chrislofer^, c. *, à Kristiania.

Heim (Albert), à Zurich.

Lehmann (Otto), à Karlsruhe.

Grossouvre (Marie-Félix-Albert Durand de), o. *, à Bourges.

Becke (Friedrich Johann Karl), à Vienne (Autriche).

Friedel (Georges), o. *, à Grafenstaden (Alsace).

Bigot (Alexandre-Pierre-Désiré), ^, à Caen.

LuGEON (Maurice), o. ^, à f^ausannp.

N .

Section VIII. Botanique (lo).

Warming (Johannes Eugenius Biilow), à Copenhague.

Engler (Heinrich Gustav Adolf), à Dahlem, près de Berlin.

De Vries (Hugo), à Lunteren (Pays-Bas).

VuiLLEMiN (Jean-Paul), à Malzéville (Meurthe-et-Moselle).

Battandier (Jules-Aimé), à Alger.

Sauvageau (Camille-François), à Bordeaux.

Chodat (Robert-Hippolyte), w, Palmella, Pinchat, près de Genève.

Leclerg du Sablon (Albert-Mathieu), à Vénéjan (Gard).

Massart (Jean), à Etterbeek-Biuxelles.

N

Section IX. Économie rurale (lo).

Gayon (Léonard-Ulysse), o. *, à Bordeaux.

Winogradski (Serge), à Pétrograd.

GoDLEWSKi (Emil), à Cracovie.

Perroncito (Eduardo), o. ^, à Turin.

Wagner (Paul), à Darmstadt.

Imbeaux (Charles-Edouard-Augustin), o. *, à Nancy.

Balland (Joseph-Antoine-Félix), o. *?-, à Saint-Julien (Ain),

ÉTAT DE L'ACA-DÉMIE AU I^'' JANVIER 1922. l3

Messieurs :

iNeumann (Louis-Georges), o. *t, à Saint- Jean-de-Luz (Basses- Pyrénées). Trabut (Louis), *, à Alger. Effront (Jean), à Bruxelles.

Section X. Anatomie et Zoologie (10).

Simon (Eugène-Louis), *, à Paris. Lœb (Jacques), à New-York. Ramon Cajal (Santiago), c. ^, à Madrid. BouLENGER (George-Albert), à Londres. Bataillon (Jean-Eugène), o. ^^ à Strasbourg. CuÉNOT (Lucien-Claude), *, à Nancy, VayssiÈRE (Jean-Baptiste-Marie-Albert), à Marseille. Braghet (Albert-Toussaint-Joseph), ^, à Bruxelles. Lameere (Auguste-Alfred-Lucien-Gaston), à Saint-Gilles-lez- Bruxelles. ViGUiER (Antoine-François-Camille), *, à Alger.

Section XI. Médecine et Chirurgie (10).

Calmette (Léon- Charles-Albert), c. *, à Paris.

Manson (Sir Patrick), à Clonbur (Angleterre).

Pavlov (Jean Petrovitch), à Pétrograd.

Yersin (Alexandre-John-Émile), c. *, à Nha-Trang (Annam).

BERGONiÉ*(Jean-Alban), C. *, à Bordeaux.

Depagë (Antoine), à Bruxelles.

Bruce (Sir David), à Londres.

Wright (Sir Almroth Edward), à Londres.

N1COLLE (Charles-Jules-Henri), o. *, à Tunis.

BORDET (Jules-Jean-Baptiste- Vincent), O. *, à Bruxelles.

'»9«*

COMPTES RENDUS

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

SÉANCE DU MARDI 5 JANVIER 1922.

PRÉSIDENCE DE M. Georges LEMOINE, PUIS DE M. Emile BERTIN.

M. Georges Lemoine, Président sortant, fait connaître à l'Académie l'état se trouve l'impression des recueils qu'elle publie et les changements survenus parmi les Membres et les Correspondants pendant le cours de l'année 1921.

État de V impression des recueils de l'Académie au i*" janvier 1922.

Comptes rendus des séances de l' Académie. Les tomes 167 (2^ semestre de l'année 1918) et 168 (i" semestre 1919) sont parus avec leurs tables et ont été mis en distribution.

Les numéros des 2* semestre de l'année 1919, i^"" et 1^ semestres de l'année 1920, i'^" et 2*^ semestres de l'année 1921 ont été mis en distribu- tion, chaque semaine, avec la régularité habituelle.

Mémoires de l'Académie. Le tome LVII, 2^ série, est sous presse.

Procès-verbaux des séances de V Académie des Sciences, tenues depuis la fondation de r Institut jusqu'au mois d'août i835. Le tome IX, années 1828-1831, a été mis en distribution.

Le tome X, années i832-i835, est sous presse.

Annuaire de V Académie. L'Annuaire pour 1922 est paru et est mis en distribution au cours de cette séance.

Les deux volumes de M. A. Lacroix : Déodat Dohmieu, Membre de l'Institut national {j 'j 5 i-iSo\), ont été mis en distribution.

l6 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Membres décédés depuis le i" janvier 1921. Section de Géométrie. M. Georges Humbekt, à Paris, le 22 janvier.

Section de Géographie et Navigation. M. Alfred Grandidier, à Paris, le i3 septembre.

Section de Physique générale. M. G. Lippmaniv, en mer au retour d'une mission au Canada, le 12 juillet.

Section de Chimie. M. Emile Bourquelot, à Paris, le 26 janvier.

Section d' Anatomie et Zoologie. M. Ed.moxd Perrier, à Paris, le 3i juillet.

Académiciens libres. M. J. Carpentier, à Joigny, Yonne, le 3o juin.

Membres élus depuis le i^^ janvier 1921.

Section de Géométrie. M. Emile Borel, le 11 avril, en remplacement de M. Georges Humbert, décédé.

Section de Physique générale. M. Marcel Brillouin, le 21 novembre, en remplacement de M. G. Lippmann, décédé.

Section de Chimie. M. Auguste Béhal, le 3i janvier, en remplacement de M. Armand Gautier, décédé; M. (ieorges Urbain, le 9 mai, en rem- placement de M. Emile Bourquelot, décédé.

Section d' Anatomie et Zoologie. M. Louis Joubin, le i4 février, en remplacement de M. Yves Delage, décédé ; M. Félix Mesnil, le 5 décembre, en remplacement de M. Edmond Perrier, décédé.

Section de Médecine et Chirurgie. M. Pierre Bazt, le i[\ janvier, en remplacement de M. Félix Guyon, décédé.

Membres à remplacer.

Section de Géographie et Navigation. M. Alfred Grandidier, décédé à Paris, le i3 septembre 1921.

SIIANCE DU j JANVIER l^2'2. I7

Académiciens libres . M. .1. C.mipextier, décédé à Joigny. Yonne, le 3o juin 19?. I .

As.sncie.se/ fan f^rrs. M . Simox Sciiwexde.ver, décédé à Berlin . le 2- mai 1 f) i ç) .

Correspondants dccvdcs depuis le T'' janvier nj'-». i.

Pour la Section de Géomélrie. M. H. A. Sciiwak/. à Berliii-Gruiiewald, le ')0 novenmbie.

Pour la Section de Mécanujue. ~ M. Vai.kieu, à Versailles, le 29 mars; M. Hexry Parexty, à Paris, le iG décembre.

Pour la Section d\istronomie. M. Gaillot, à Chartres, le 4 juin.

Correspondants élus depuis le i*" janvier 19:^1 .

Pour la Section de Mécanique. Sir George Greexiull, à T^ondres, le i4 mars, en remplacement de M. Voict, décédé; M. Jules Axdrade,

à Besançon, le 2 novembre, en remplacement de Vai.f.ieii, décédé.

Pour la Section d' Astronomie. M. Erxest W. Browx, à New-Haveii, le v^i janvier, en remplacement de M. Picnehing, décédé.

Pour la Section de Physique générale. Sir Erxest Kutherford, à Cam-r bridge, Angleterre, le 21 février, en remplacement de M. Ai.I!Ert Michei.sox, élu associé étranger; M. 1*iete» Zkeman, à Amsterdam, le 19 décembre, en remplacement de M. Auguste Ric.hi, décédé.

Pour la Section de Botanique. M. Jeax IWassaro. à Bruxelles, le 20 mai, en remplacement de M. Pfefeep., décédé.

Pour la Section de Méclecine et Chirurgie. M. Jules Bordet, à

Bruxelles, le 21 février, en remplacement de M. PiEPxr.E Mon.vr, décédé.

Coït es pondants à retnplaeer.

Pour la Section de Géométrie. M. H. A. Sr.nwAK/, décédé à iîerliii- Grunewald, le 3o novembre 1921.

Pour la Section de Mécanique. M. Hexrv Pare\tv, décédé à Paris, le 16 décembre 1921.

C. R., i9:?2, \" Semestre. (T. 17't, 1.) 2

l8 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Pour la Seclion (P Astronomie. M. Grouges Ellery Hale, élu Associé éirang-cr le lo mars 1919; Sir .\oiniA\ Lockyer, décédé à Salcombe Rej^is, Sidmoùih, Angleterre, le 16 août 1920; M. Gaillot, décédé à Chartres, le l\ juin 1921.

Pour la Section de Minéralogie. M. OEhlert, décédé à Laval, le 17 sep- tembre T920.

PourlaSection de Botanique. M. BouDiER,décédéàBlois, le/| févrieri9.>o.

En prenant possession du fautenil de la présidence. M. E. Bf.rtiiv s'exprime en ces termes :

Mes ciiKiis ET inÈs noNORÉs Confrères,

Je tiens tout d'abord, pour inaugurer mes nouvelles fonctions, à vous remercier de l'honneur que vous m'avez fait en m'élisant Président de l'Académie des Sciences; j'y ai ét('' infiniment sensible.

.le m'associe au souhait exprimé par mon éminent prédécesseur et vieil ami au sujet du silence désirable qui permettrait de mieux entendre les (Communications faites à l'Acad('Mnie. Ce >ilence est d'autanl phis désirable que l'acoustique de notre salle est plus défectueuse et que l'auditoire est disposé longitudinalenient, tandis que les orateurs parlent dans le sens transversal.

La sonnette pr«''sidentielle est quelque peu impuissante à dominer le bruit des conversations. Je serai cependant obligé de m'en contenter, à di-faut de la Srji^oyarde, difficile à faire descendre de la basilique de Mont- martre.

3IEM0IUES ET COMMUIVICATIOIVS

i»i:s MKMi'.nES l'.T i>r:s (;lM!t!Esp(>M)\^Ts i>k i."\(;\r»i:Mii:.

CHIMIE BIOLOGIQUE. Sur fes propriétés distinetives des amylases de di /Je rente s provenances. Xote (' ) de IVl. Jeax Effro\t.

T^'étude de l'individualili- des différentes amylases exige une méthode qui permette de doser leur pouvoir li(|upfiant. C'esl pourquoi nous avons

(') Séance du 2^ décembre 1921.

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 19

substitué aux méthodes couranlos. qui ne fournissent que des données approximatives, une laéthodr nouvelle basée sur l'action coagulante de riode sur l'amidon, qui permet de suivre les réactions dans leurs phases intermédiaires.

On introduit, dans une série de tubes contenant a*^'"' d'un empois à i pour 100 de fécule de pommes de terre, 2""^ des substances actives à des concentrations différentes. On chauffe au bain-marie le mélange à la température oplima de la diastase em- ployée : 40° ou 60". A intervalles de 5 minutes, on prélève deux grandes gouttes (o'''"',2) de chaque tube et on les réunit, dans les godets d'une plaque en porcelaine à

, ^ . N une goutte (o'''"\o5) d'iode Dans le godet réservé à l'essai lémoin qui est fait sans

diaslasp, l'amidon se trouve précipité sous forme de grands llocons bleus nageant dans un hfjuide jaune. On observe dans les autres godets le commencement de raction de la substance active sur l'amidon, en constatant la din)inution de la grandeur des grains colorés en bleu, qui se forment. Dans la phase suivante les grains ont encore diminué, mais le liquide est devenu bleu, et dans la phase finale le liquide bleu est complète- ment exempt de grains, ainsi que de tous di-bris.

L'étude de diverses amylases, par cette méthode, est résumée dans le tableau suivant. (l\ous indiquons par P. L. et P. S. le pouvoir liquéfiant et le pouvoir saccharifiant par heure et par gramme de substance eniplové<'; par P. S. M. l'intensité d'hydrolys<' qui se manifeste en présence d'un grand excès de diastase après 5 heures d'action à la température optima.)

Provenancf- de la fiiasiase. I^ilulion. IM.. p. S. l'.S.M. lOl) '—

\. Pancréatine 2 4*^0 000 6000 61.60 71 1,01

'2. Taka-diastase So 000 48" (>,io ■•> i .:>.-

3. Mesentericiis amy\ase. qSooo 200 9-25 4i .'\ J')2

4. Orge malté. 82000 ^o 2.92 72 -.3

."). Salive .. 5 000 4o 0.43 72 1.09

(). Urine 120 o.i> o.ooi 71 o,83

7. Oige 4o 0.025 0.06 44 2400

8. Avoine 55 o.i 0.63 48 63o

9. Son de riz 400 0.0 0.4 45 r33

10. Graine d'arachide. .. . 43o o,5 ^>,45 5i 90

11. Feuilles de poirier .. . 20 o.o33 o.oo4 45 12

12. Feuilles de svringa. . . 3 o.oia » » »

13. Mâche 12 o.3. o.oSi 35 ii

14. Laitue 12 o.o3 » 43 »

15. Chicorée 2 o.oo3 » » »

16. Cresson 5 o.oi 0.001 4 2 01

Les propriétés individuelles des amylases se reflètent surtout dans le

20 ACADEMIE I)ES SCIENCES.

rapport entre P. S. et P. L. Une unité de dia-^tase capable de liquéfier en une heure toos d'amidon, fournit, dans le même temps des quantités très variables de maltose (i^ à 22^0^'). L'indivi(]ualité des amylases se manifeste aussi dans leur températureoplima et leur tbermostabililé.

Pouvoirs liquéfiants comparatifs à des températures rie 20° à 100".

Provenance de la diastasc -^O". -'jO°. (10 . TO". O.'r. 1(J0° .

1. <,)rge malté 6 33 loo 5o n o

2. Salive 6- loo 86 o o o

3. Urine 4" loo 8o » » »

V. Mesentericus am\\i\se { '^ ) . . 5o loo 8o 85 o,3 o

."). P.iDcit'atine \'\ i oo 33 •>, o o

(i. 'l'aka-diastase io loo îq 8 o o

7. Orge Co loo 'i\ 9 o o

8. tSicin inalté i3 33 lOo pO i3 3

\). l'endive ir». 100 90 ■> 1 33 très aclif

10. Laitue i5 1 1 100 '1')

1 1 . Cresson Crx 100 '\o 1 ')<> 70 .'»

12. Cliicorée 55 100 80 » » «

i:{. Màclie 9 43 100 70 70 20

Pour les t«'uq)ératun's dr 20" à (n)°, la vitesse de la réaclion a été déter- minée eu mettant direclemeul l'amidon en présence de la substance active. Pour les températures supérieures à 60°, la diasiase a clé préalablement maiulemir î5 minules à la teuipéralure indiquée

Pour con-uter l.i ibeimoslabililé dos amylases, il faut se placer dans des coudilious spéciales. Le suc des herbes poiié à des températures de plus de 60'^ se trouble plus ou moins forlemenl. Ces liquides ti'oubI<'S sont géné- ralenuMil peu ou pas actifs, mais deviennent actifs si on les libre sur papier. Souvent le P. L. et le P. S. des liquides chaullés et ensuite hltn'S sont très supérieurs à ceux des liquides qui n'oul pas élé préaldblemeni chaullés.

Influence <le la jiltralion sur le P. L. des diasiases.

' '^ '^' ., Hiaslasc i.V à G5° Diasiase i".' à ()> Diaslasf; i' à lod"

(le l'amylnsc. cl Hlln-r. non IiIiimt. filirér. non lillrcc. fillrrr. nrni fillrro. fillréf.

iMiclive.. 100 62 62 i3 210 o actif

Laitue.. 100 (34 45o 5o '|5 o 4^

Oesson. 100 i5 ci*') o 53 o actif

^làclie.. 100 60 85 ■;>o 75 <> 5

La r(''g<''n<''ration de ractivil('' d'une enzyme à la lempérature de 100" a (') Comptes rendus, l. 1(Ji. 1917, p. 4'5.

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 21

(l(''jà rté conslaléopaiDurieux. G. Bertrand et Rosenblalt ( ' j. La le\ure de bière desséchée fournit un suc qui, cliaiillo à 80". perd son pouvoir sur le saccharose. Le mène suc porté à 100° se montre très riche en sucrase. Durieux: explique cotte theruiorégénération par la coagulation de l'albu- mine à 80", coagidation qui a immobilisé bi sucrase, biquelle est remise en liberté à l'ébullition. Cette interprétation ne peut pas s'ajtpliquer aux cas que nous avons étudiés tout se pa'ssc comme si dans le liquide aclii se trouvait un corps entravant l'action de la diaslase. La température exalte cette action, mais fait changer en même temps l'état physique de la subs- tance retardatrice, qui dès lors ac(piiert la propriété d'adhérer au (illre. Nous avons eu l'occasion d'observer des phénomènes du même ordre a^ec la ptyaline, mais ici c'est la diastase et non la sidtsîance retardatrice qui se trouve retenue par le liltre.

I\ L. coniparaiifs cCiine .sali\e à .,ô^ avant cl après jlUraLion.

Salive portée lô' à GO" Salive poiléc IJ' j' ''■"'"

Sali\i' après après apre-

imu cliautlc.- a\aiil filtraiion likration -axant liliraiion

.•t niircc. filtralinii. à froiil. à (50°. liltralion. ;> O-r.

i(i(> 35 6 o 3.5 o

La sali\e portée à 60" reste complètement limpide, mais il résulte de l'effet qu'exerce la filtraiion que la température fait subir à la ptyaline des modilications physiques très [)rofondes, qui se manifestent par le change- ment de ses propriétés d'adhérence.

En résumé, les amylases de différentes provenances se distiiignenl par le rapport entre leur P. L. etlei.rP. S., par l'iiiteusilé de leur 1*. S., par leur tenq)érature optima, par leur action à la température de 20" et par leur résistance aux tem])pratures de 70*^, 90" ei loo*^. La saliNe et les dias- tases d<'s herbes portées à la tempc-raturc de 60*^ et plus montrent im<' sen- sibilité très graiîde aux effets de la filtration. Le passage par les porcs du llltrr r(''g<''nère dans certains cas Taetivité, affaiblie sous l'action de la chaleur; dans d'autres cas il conduit à une action diamétralement o|)pos.-e. On peut [)r(''suiner que ee pluMiomène <'st à l'action de la chaleur ->ur le^ divers colloïdes contenus dans les diaslases : la substance active, ainsi qu'' les substances retardatrices de nature colloïdale qui l'accompagnent, acquièrent sous certaines conditions la proprii'ié d'adhérer à des substances poreuses.

(') DuRiEix. Bull. Soc. c/u'm. belg-.,n\vt\ igû- G. Bkkthand et Iiosemu.ait, Comptes rendus, l. I08. 1914, p. i io').

22 ACADEMIE DES SCIENCES.

CORRESPONDAIVCE

M. le Ministre de l'Agriculture invite l'Académie à désigner six de ses Membres qui feront partie du Conseil d'administration de Vlnsliiut des rechtrches agronomiques^ créé par la loi du 3o avril 1921 et organisé par décret en date du 26 décembre 192 1.

L'Académie royale de Belgique invite l'Académie à participer aux solennités qui auront lieu à l'occasioji du cent-cin;^uantième anniversaire, qui sera célébré le i[\ mai 1922.

L'Académie délègue son Bureau.

M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance :

Eludes sur F organisation et le développement des Lombriciens limicoles thalassophiles. (Présenté par M. F. Mesnil.)

2" Cari,.-Au(;. Nilssgn-Cainteli,. Cirripeden-Studien. Zur hemitnis der Biologie, Anatomie unçl Systematik dieser Gruppe.

LiîiK A : Son Stensio. Triasic Fishes frorn Spitzbergen.

ANALYSE MATHÉMATIQUE. Sur les familles qiMsi-iiorniales. Note de M. Paul Moxtel.

L Considérons une famille de fonctions f{oc) holomorphes dans un domaine connexe (D) : nous dirons qu<' celte famille est quasi-normale dans ce domaine si, de tonte suite infinie de fonctions de cette famille

on peut extraire une suite partielle convergeant uniformément à l'intéricui' àe (^J), sauf autour d'un nombre limité de points^ vers une fonction holo- morphe ou une constante .finie ou infinie. Les points de convergence non uniforme seront appelés /JomifA' irrêguliers.

SÉANCE DU 3 JANVIKR 199,2. 23

Si le nombre des points irréf2^uli<'j-s ne dépasse pas l'enlieryj, nous diior.s que la famille est quasi-normale d'ordre p\ lorsque /> = o, la famille est normale.

Lorsqu'une famille quasi-normale est composée de fondions ne prenant pas plus de/> fois la valeur zéro, cette famille est quasi-normale d'ordre/; au plus; en parliculier, si p-^o, c'est-à-dire si zéro est une valeur excep- tionnelle, la famille est normale.

On peut énoncer la proposition suivante qui -est fondamentale dans l'étude des familles quasi-normales : Lu Jumillc des fondions f {x) Jiolo- niorphes duns le domaine (D ) , telles (jue f{x) n ait pas plus de p zéros et que /(.^•) in ait pas plus de q zéros dans ce domaine, est une famille quasi- normale dont V ordre ne dépasse pas le plus petit des deux nombres p et q.

En parliculier, si /j ou 7 est nul, c'est-à-dire si les fonctions admettent une valeur exceptionnelle, la famille est normale.

2. Il est utile de connaître des cas l'on peut affirmer qu'une famille quasi-normale est normale et bornée. Voici des propositions indiquant certains de ces cas.

Une famille qnasi-nornmle d'' ordre p de fonctions holomorplies et bornées en p -r- I points fixes d 'un domaine (D) est une famille normale et bornée dans ce domaine.

Une famille quasi-normale d'ordre p formée de fondions holomorphes ne prenant pas plus de/j fois la valeur zéro et dont les p + i premiers coef- ficients de leurs développements en série de Ta) lor autour d'un point fixe du domaine (D) sont bornés, est une famille normale et bornée dans ce domaine.

Cette proposition est un cas p nticnlier du théorème suivant :

Soiejit X,, X,, .... X,, les affixes de k points fixes inlérieuis à (D), et suppo- sons que les nombres

./"( ■'•■/, ) : f\ J-'i- ) , / '-'.-l' ( .1-1, )

soient les mêmes ou, plus ixenér aie ment, soient bornes pour toutes les Jonc- tions f {x) qui forment une famille quasi-normale et ne prennent pas plus de p fois la ni leur zéro; si

.:Z| -H «2 -H . . . + y-i,'' P -^ I

la famille de ces fonctions est normale cl borner. /■' '- '■ 'y

lu-J Li £R A R Y-rc

ll\ ACADÉMIE DES SCIENCES.

3. Appliquons les résultats précédents aux fonctions qui ne prennent pas plus àe p fois la valeur zéro ni la valeur un. Ces fonctions ont alors leurs modules bornés par un nombre il dans tout domaine (D' ) intérieur à (D) :

si les valeurs de f{x) sont fixées ou bornées en p -i- i points inté- rieurs à (D);

si les valeurs de J\oc) et de ses p premières dérivées sont fixées ou bornées en un point intérieur à ( D);

3" plus généralement, si l'on fixe ou si on limite supérieurement les modules de /(./) et d'un certain nombre de ses dérivées en plusieurs points du domaine, de telle sorte qu'il existe un polynôme de degré />, prenant en CCS points, ainsi que ses dérivées, les mêmes valeurs que '/(x) et ses dérivées.

Dans tous les cas, lorsque les domaines (D) et (D' ) sont déterminés, le nombre il ne dépend que des affixes des points donnés et des \aleurs données, ou des limites supérieures de leurs modules.

En particulier, supposons que les domaines (D) et (D'^ soient des cercles concentriques dont le centre est à l'origine et soit

/( JC ) ■= cit, -h a , .r -h . . . ~t- a pO.-'' + . . . . :

Les Jonctions /'{ .r) holoniorphes dans le cercle (D ) elles ne prennent pas plus (le p fois la râleur zéro ni la râleur un et pour lesquelles les p -h i preniwrs eoefjicients a^^^ r/,, ..., a j, sont fixes ont leurs modules bornés dans (D) par un nombre il.

Il en est de même si les modules de ^/„, «,, . . ., a^, sont seulement bornés.

Si/> = o, nous retrouvons le théorème de M. Schotlky, relatif aux fonc- tions qui ne prennent ni la valeur zéro ni la valeur un, théorème dont la proposition préccnlente est une généralisation.

On peut obtenir aussi une extension parfaite du théorème correspondant de M. T.andau.

AI.GKBllF.. Sur la L>énér(disalion des /raclions continues. Noie de M. AuRic

( )n connaît le- rôle capital que devraient jouer les développemenls en fractions continues dans la théorie des nombres arithmétiques ou algé- briques et l'on sait combien Hermite attachait d'importance à l'établis- sement d'un algorithme qui aurait été une généralisation rationnelle de celui d<'s fractions continues.

SÉANCE DU 3 JA.WILR I922. 25

Soit d;ms ses œuvres, soit dans sa cociespondance a\ec Stieltjr's (voir notamment la lellic n" -\0S, t. II, p. 389), Herniite revient à plusieurs rej)rises sur |(,'s recherches qu'il avait entrt'prises à ce sujet et qui, dit-il, « n'ont cessé pendant plus de cinquante ans de le préoccuper et aussi de le désespérer ».

f.es ditticultés rencontrées par Hermite et par ses continuateurs semblent tenir surtout à ce qu'ils ont abordé de front le calcul et l'étude des tableaux (déterminants ou matrices) qui sont la rcpcésentation explicite d'un sys- tème de formes linéaires, tandis qu'il eût été évidemment [)référable et plus simple de commencer par l'étude du point représentatif d'une forme linéaire; de même qu'en ij^éométrie analytique l'étude des coordonnées précède tou- jours celle des systèmes de droites.

La théorie des fractions continues ordinaires peut s'exposer comme il suit :

On considère deux nombres quelconques a^^ii appartenant soit au do- maine réel, soit au domaine complexe.

On considère alors l'équation

a,, j:, a, r__ o.

et l'on choisit lenticr X, le plus rapproché de a\

V2

>., 4--M avec | £1 j < - ou

' ' 2 2

suivant le domaine dans lequel on se trouve.

On posera alors pour définir l'élément suivant a.^

<7o /.( a, H- rto=: o.

On résoudra de même l'équation

«1 ./■:,a.,:— o,

et en prenant Tentier Aj le plus rapproché de j-., on (tosera pour définir l'élt-iiienl suivant a..

(( i /..tU.i -■- U-. o, et ainsi de suite.

On peut dire que la suite

«0, '"'1, «2' «':!• •••

représente la fraction continue issue du quotient— -

26 ACADÉMIE DES SCIENCES.

tl est facile de généi*aliser celte théorie en |)artant d'une suilc à plusieurs éléments initiaux, quatre par exem[)Ie. Considérons quatre éléments consécutifs

a/, cii-i-i, cii+-2i (ti+i'

Oji déterminera les entiers X,^,, [j-i^,,^ v,v.,, de manière à rendre minima es modules des expressions sui\antes :

et l'élément suivant «,v^ sera défini par la relation

On |)r('nd les termes de cette relation alternativement positifs cl négatifs afin que les déterminants des substitutions aient constamment pour valeur -h i.

Dans le cas tous les coefficients A, et a, sont pris égaux à zéro on retombe sur un développement que nous avons indiqué antérieurement (').

Jusqu'ici on n'a considéré qu'une suite d'éléments initiaux. Mais les prin- cipes exposés permettent de traiter également le cas de deux ou de plusieurs suites.

Considérons, par exemple, deux séries de trois éléments initiaux

r/„, a,, a.2, ^„ Z^i, Oi. On résoudra les équations

hf, .T, b^ + Vo />2 = ^'•

On prendra les entiers A,, a^ les plus rapprochés respeclivcuKuit deic,,j,. .

On définira alors a,, et b.^ par les relations de récui-rence

«0 ^^1 «1 -I- /J-o «o «3 = O.

^0 Âi bi + y.o b<, bi o. De même les éléments r/,, a.., a^, b,, b., b,, seront utilisés pour la détei--

(') Cuinplcs rendus, l. t3o, igoi, p. ()5o, el l. \k\, 19U.J. p. 491).

SÉANCE DU 3 JA.NVIEK I922. 27

minationde a-, d de h., au moyen de deux équations récurrentes

"l ^-2 ^-2 ~^ l-'-i 'h ^<i = t>;

hi À, h., -+- [X. «3 h^ ^-1 o,

él ainsi de suiLe.

Il sera facile de passer au cas général de A suites formées par A -f- / élé- ments initiaux; on obtiendra ainsi une méthode systématique pour la réso- lution exacte ou approchée d'équations quelconques, ce qui permettra de retrouver et de généraliser les résultats déjà obtenus par Hermite el par Minkowski.

MÉCANIQUE. Sur les principes de la Balistique intérieure. Note de MM. Gossot et Liouville, présentée par M. Vieille.

Les théories, actuellement proposées pour la Balistique intérieure, appartiennent à deux classes distinctes. Les unes demandent à rex[)é- rience directe toutes les propriétés des poudres et ne se pprmetlent aucune modification : elles aboutissent à des équations différentielles non intégrables, dont elles déduisent cependant toutes les règles nécesi^aires à la pratique. Les autres retouchent aux résultats fournis par l'expérience pour être ramenées au seul cas les équations de la Balistique se laissent intégrer; elles en concluent la forme des fonctions balistiques et, grâce à certains coefficients d'adaptation, plient les forjnules à une représentation partielle des faits.

Dans une étude récente (^'), on a désigné ces deux systèmes sous les noms à'' Ecole de la compensation el û^École de V intégration; nous adoptons, dans ce qui va suivre, cette manière de parler.

La vitesse de combustion des poudres change avec la pression. L'expé- rience en vase clos montre qu'elle varie comme la puissance f de la pression et ce résultat est accepté tel quel par TLcole de la conipejisation. L'autre l'.cole a besoin, pour l'intégration, d'adopter la puissance i el la différence entre cet exposant el la réalité ne lui parait pas suffisante pour en empêcher le choix, La divergence entre ces deux points de vue a pu paraître d'im- portance secondaire, tant qu"on ne s'était pas heurté à des constatations contraires à l'un d'eux. Mais nous avons signalé, dès 1907, une conse- il) Note sur l'état actuel de la BalisLiquc intérieure, par le cnpiiaine T>esmazièreb

28 ACADÉMIE DES SCIENCES.

quence iualteiidue dos formules préconisées par rj^cole de l'inlégralioii : Quand on lire, dans une même bouche à feu, des poudres de lenteurs et de charges croissantes, sous une même pression tiiaximum, le point celle-ci se produit s'éloigne sans cesse de la culasse, d'après les expéiiences connues; le parcours du projectile, à l'instant du maximum, peut atteindre i5 calibres et le volume occupé par les gaz est alors double du volume de la chambre. L'Ecole de l'intégration conclut au contraire que le poinl de pression maximum, après s'être éloigné, rétrograde vers la culasse et la posilicn limite trouvée correspond à un parcours inférieur, de près de moitié, à celui que l'expérience indique.

L'Ecole de l'intégration a employé successivement des formules, issues d'une même source, et néanmoins fort dillérenles numériquement. Les preiïjières en date impliquaient, entre les pressions calculées et les pres- sions mesurées, pour les fortes densités de chargemenl, des écarts énormes, que les formules ultérieures ont eu pour but de supprimer.

En ce qui roncerue la position du maximum de pression, les deux types de formules sont d'accord pour l'éloigner de l'origine l»eaucoup moins que jie l'exigent les expériences: le premier l'éloiiiue toujours d'autant moins que la poudre est plus lente, pour une pression invariable; le second type commence par suivre de loin l'expérience, puis l'abandonne rapidement pour prendre, comme le premier, TalUire opposée. Les deuv types de for- mules sont déduites d'intégrales qu'elles sont censées représenléj-; mais, comme elles résultent de celles-ci [)ar un dévelopjjement en séries dont deux termes au plus ont été conservés, on a pu croire d'abord que les inté- grales exactes corrigeaient l'anomalie signalée plus haut.

Il restait à vérifier le bien-fondé de cette croyance, en calculant les inté- grales elle.—mêmes. En principe, aucune difliculté n'est à craindre : il s'agit de soumettre à des quadratures des fonctions réductibles à des fractions rationnelles; leur complication, toutefois, est telle (juc l'essai n'avait pas été tenté.

Par des procédés assez simples pour être appliqués à des cas nombienx, nous avons obtenu deux limites enti'e lesquelles il est cerlain que les^aleul■s cherchées sont comprises; ces limites se rapprochent d ailleurs de façon à ne laisser aucun doute sur les conclusions (ju'il faut adopter.

Il y a di-coidance des intégrales avec l'expérienre et avec les formules des deux types emp'oyés, soit pour les densité- de chargement fortes, soit pour les densité> faibh's, à la fois sur la valeur de- pressions maximum réa- lisées et sur la position du maximum. I^a discordance en Ire l'expérience et

SÉANCE DU 3 JAiWIEIl I922. ' 29

les formules csl cncoie exag(T(''e par les intc,2:rales. La cori'ectioii qu'ollos apporlrnl doniio donc une raison définilivc de mettre en doute les pré- misses el l'on peut dire ([ue tout se pa<se comme si les lois, acceptées pour la comjjuslion des poudres par TEcole de l'inléiiration, augmentaient ])eaucoup trop rintluence de la densité de charjïenicnt.

Les formules du deuxième type, dans lesquelles on s'est attaqué* précisé- ment à cette cause d'ei reui', par l'intervention dun paramètre arbitraire, n'offrent pas le même inconvénient que celles du premier type pour les densités élevées, elles présentent l'inconvénient inverse ponr les densités chargement faibles'. Dans ces difticidlés, on a peine à distinguer la part revenant à ce que l'on a appelé In fonction de forme ou de combustion , fonc- tion choisie sans règles strictes et celle qui appartient à l'exposant de la pression dans la vit^^sse de combustion. 11 est cependant vraisemblable que c'est ce derniei' qu'il faut incriminer, car la « fonction de forme » ne peut guère inlluer beaucoii]) sur les résultats sans contredire des expériences connues.

Il va de soi que nous avons adopté, pour ces recherches, toutes les salmirs attribuées aux paramètres par l'Ecole de l'intégration: nos calculs seront publiés ailleurs avec les détaiss nécessaires.

Nous devons ajouter qu'au sujet de la position du maximum de pression, les essais ont été rares depuis iQoS et Ton ne peut que rcijretter une pareille abstention, pour des motifs de toutes sortes. L'utilité d'une vérifi- cation étendue est manifeste : ou bien le constructeur, se fiant aux lois indiquées par l'Ecole de la compensation, alourdit inutilement les Bouches à feu, pour tenir compte dune progression exagérée du maximum de pres- sion, ou bien, adoptant les règles de l'Ecole de l'intégi-alion, il expose, par suite de l'insuffisance de longueur du renfort du canon, le personnel appelé à s'en servir aux graves dangers qui en seraient la conséquence.

PftYSiQUE. Les imarifints neivioniens de la matière et de f énergie radiante . et Cèther mécanique des ondes variables. \ote de M. G. Sagnac, pré- sentée par M. Daniel Berthelot.

\ous avons publié ici même, en 1919 et 1920, une théorie mathématique de la Lumière et du Vent d'Eiher qui traverse le globe terrestre en mouve- ment de translation avec le Soleil et en mouvement orbital annuel autour de cet astre.

3o ACADÉMIE DES SCIENCES.

I. Cette mécanique nouvelle rapporte tout champ de radiation en trans- lation, tout laboratoire terrestre, au système de référence solide invariable S la source de radiation est immobile. Cette source émet son énergie et les ondulations sinusoïdales qui la forment en se superposant dans S et dans le temps newtonien des horloges matérielles invariables. Ces horloges sont comparées en un même point, et transportées lentement dans S sur les divers rayons rectilignes de longueur R rigidement liés au solide S et à la matière de la source s.

IL Dans cet espace invariable S de vitesse de translation permanente, l'observateur étudie la distribution permanente de l'énergie radiante de s en son flux d'aspect continu, dans le vide, ou dans les milieux optiques, ou dans les franges d'interférence réglées par la méthode de Michelson et Morley dans un ap|)areil flottant tout entier sur un bain de mercure : dans toutes les orientations lentement acquises par ce système optique complet, la distribution du flux d'énergie des franges s'est montrée indépendante de l'orientation, avec une rigueur encore inconnue à celte époque (1887).

\ous admettons que la vitesse de translation d(^ S et de tout système optique rigide dans Tune de ses positions définies est sans aucune influence sur l'état permanent de Vespace optique.

L'observateur réalise cet espace par une superposition quelconque des ondulations considérées sur leurs tronçons successifs de rayons liés rigide- ment chacun par son origine à son centre radiant d'aboi d en un pointsur la matière de la source S, puis du séparateur des faisceaux interfèrent s dis- tincts efl'ectuant chacun un aller et un retour particuliers superposés ou séparés pour chaque faisceau distinct autour d'une certaine aire dans le vide, ou dans un milieu quelconque. Ces faisceaux sont finalement réunis pour interférer par la superposition de leurs ondulations sinusoïdales élé- mentaires de même période vibratoire dans S. Ils ont finalement parcouru deux chemins optiques aussi complexes et différents qu'on voudra entre un point radiant de la sout ce s et un autre point /• du récepteur de l'énergie totale de superposition ou sur la rétine de l'œil observateur. Nous considé- rons comme indépendantes de la vitesse de translation de S les difîérences des retards de phase acquis sur les divers chemins optiques issus de s et réunis en /•.

Cette condition générale règle l'espace optique de constante linéaire X de chaque radiation entraîné avec S et comf)arable à une division constante d'une règle solide. La condition géométrique de liaison des longueurs d'ondes variables fi. avec la longueur d'onde compensée représente, en géo-

SÉANCE DU 3 JANVIER I922. 3l

métrie euclidienne, la longueiiia le long d'un Iraj/'t optique ol de direction quelconque autour de son point d'origine par un rayon vecteur focal d'une quadri(jue de révolution autour de l'axe de translation. L'exceniricité de cette quadrique est laissée indéterminée par cette condition de liaison rela- tive à l'espace S.

III. Laissons les ondes libres de varier dans leur vitesse de propagation V dans S. A un centre radiant s immobile dans S associons un second centre s^ animé d'une vitesse radiale di^ dans S. Ces deux centjes sont deux antennes en oscillation électrique cohérente et donnent dans S, sur chaque trajet direct R, des ondulations superposées de longueur j7. et u. -+- du.. Un battement sinusoïdal virtuel en résulte et enferme une quantité déterminée d'énergie radiante entre ses nœuds extrêmes séparés par un nombre indé- fini d'ondulations.

La condition de liaison nouvelle dans l'espace S et dans le temps newto- nien des horloges aura lieu entre les constantes A et C, C étant la vitesse constante relative à la source S, et les variables u. et V étant comptées sur un trajet de direction y. par rapport à la vitesse u de translation. Cette vitesse u est définie dans le système de référence universel S,, formé par l'ensemble des champs S^ dont le centre radiant s'entoUre d'ondulations isotropes dans leur longueur X et leur vitesse C unique.

Dans S„ le glissement relatif des deux ondulations u. et u. -h dfj. réalise à la manière d'un rernier dr translation le transport de la coïncidence des deux divisions d'ondes u. et a -h c/'u, lieu de l'énergie moyenne maximum du battement. La période (-) de reproduction de l'ondulation entre les

nœuds du battement est définie par le rapport ,,. ^, C'est bien la

durée du transport, le long de a, de la coïncidence dans sa nouvelle posi- tion. La même avance u, est gagnée dans le même temps par l'excès (C V) de la vitesse de l'énergie sur la vitesse des ondes. L'égalité de la nouvelle valeur , _ . ^ de 0 à la première valeur représente la nouvelle loi de liaison. Les lois ondulatoires du vent d'éther. On les calcule sans hypothèse ondulatoire par l'association de l'équation ci-dessus avec celle de la qua- drique d'excentricité indéterminée F f -^ j> en les rapportant aux deux va- riables réduites : f(u, y.) qui représente > et g{u^) qui représente. le rap- port-^^-—- des fréquences vibratoires dans S,, et Sq. Le calcul déduit aisé- ment:/ou - se réduit à i -h - cosx ou i + t.;; et^ rapport des fréquences

32 ACADÉMIE DES SCIENCES.

se réduit à [ i -^ ]• Ces ondes ellipsoïdales d excenlricité générale -^ lor-

nient nn réseau do foyer unique à la source s. Le recul ou ravance des ondes par rapport à Ténero^ie a une vitesse <'== C V le long- du tiain d'ondes. Pour un expériuientati'ur étudiant ce recul avec un 7'éccptrur d'oin/ex issues d'une antenne électrique .v, cette vitesse t' se réduit, au second oidre près, à la vitesse radiale (^ de la source .v dans 1„.

Toutes ces conséquences mécaniques sont effacées par riiypothèse de'la relativité générale qui impose sans raison physique Timpossibililé de toute vaiMation dans la vilpsse des ondes. Cette hypothèse supprime Texistence, sur la Terre, du vent d'éther qui. par les zones de silence observées déjà de i8()5 à 1902 dans la télégraphie sans fd ('), révèle le recul des ondes entraînées avec la vitesse radiale de la Terre elle-même, emportée avec le Soleil dans l'espace universel i^„.

MESURES ÉLECTRIQUES. Sur le gali-onomèlrc halistiqur. Note de M. H. Ciiau.mat, présentée par M. Paul Janet.

Le mouvement d'un galvanomèlrc balistique obéit à l'équation connue

^ ' dl~ rll

Si le galvanomètre est du typp à cadre mobile, fonctionnant sur un circuit de résistance totale B et de self-induction négligeable, A peut se mettre sous la forme

«1)2

\ A '

V A , -T- -T-y

\\

A, étant la valeur de A à circuit ouveit et 4% le produit de la surface totale du cadre mobile par la valeur moyenne du champ.

Si l'on suppose le s^'stème lancé avec une vitesse angulaire initiale (o„, en

posant

A. (^l

( 2 ) //

l'élongation 0 sera donnée pai' les formules suivantes :

(') G. Sagnac, Comptes rendus. 1919 et 1920.

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. ^ 33

solution qui correspond au mouvement apériorlique, m variant entre^^ ("pour R r^ o) etTunité

/K

ic Itasp des logarithmes népériens).

solution qui correspond au mouvement périodique amorti, m variant entre

1 unité et la valeur ",J_ qui correspond au fonctionnement à circuit ouvert

i \/ KC

Enfin, ces deux formules tendent Tune et l'autre vers le cas de passaae {aperiodicite critique) pour m i et pour lequel on a la formule remarqua- blement simple :

(5, ^-'Wly

Cette formule ((3) correspond, comme nous Tavons dit, à la valeur w = 1 et à une valeur de la résistance totale du circuit d'amortissement dile résistance critique ( R,.) djfinie par l'équation

(6) K *"

V"KC A]

La formule (3) correspond aux cas R varie entre o et R^, la formule (4) aux cas R varie entre R^. et ce.

Ces formules présentent Tintérêt d'être utilisables pour tous les galvano- mètres et permettent d'établir des équations réduites, car elles font apparaître le rapport, que nous avons appelé m, de la valeur de l'amortis- sement dans des conditions quelconques de fonctionnement de l'appareil à la valeur de l'amortissement correspondant à la périodicité critique. Elles sont ainsi préférables aux formules classiques.

11 est intéressant de se demander comment varie la fonction 0 de R donnant l'élongation en fonction de la résistance du circuit d'amortissement pour la même vitesse initiale co„. ~

Le calcul est assez délicat et se trouve rendu plus commode par le^ changements de variables suivants :

Posons :

-1

c. R., 192 -, i" Semestre. (T. 17 i, 1.)

l ci ou

H

34 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Posons enfin :

pour > 1 , m 4- sjm- i = e"-^

pour m << 1 , arc tangYJ z=r c.

m

Les formules (3) et {!\) sont remplacées par les groupes suivants :

' coshc a

valables pour a/z variant de -h ^^ à l'unité en décroissant, c'est-à-dire R variant

de o à R, , el .r variant de o à en croissant:

1 a

valables pour m <^\ et décroissant de i à a, c'est-à-dire R variant de H^ à

l'infini et x croissant de à -(- x;,

11 revient, dès lors, au même d'étudier les fonctions

y=:f(a;) ou 6»— ©(R),

on trouve les résultats suivants :

La courbe qui traduit la fonction 0(R) passe par l'origine. Les coeffi-

cients angulaires intéressants sont :

Pour R =: o,

dfj K

COfl

Pour R = R„

Le coefficient angulaire de la tangente à l'origine est toujours plus grand que le coefficient angulaire de la tangente au point critique et le rapport de

ces deux coefficients, pris dans cet ordre, dépend de la valeur de A,, mais

3 e il est toujours supérieur à -y--

La courbe 0(R) a pour direction asymptotique l'axe des R. La fonction 0(R) est constamment croissante avec R. Elle part de zéro pour atteindre une valeur limite (correspondant à R = oo). Cette valeur limite est

5;

/ K ~ •'" - art cos a (9) Ôlim=0)„l/^e V'-"^

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 35

Entiri, la courbe qui traduit la fonction 0(U) présente sa concavité constamment vers l'axe des R; elle ne comporte pas de points d'inflexion.

Les deux lignes analytiques qui traduisent les groupes d'équations (3') et (V) se raccordent au point m = i, R = R^, pour lequel elles ont même tangente dont le coefficient angulaire est donné par l'équation (8 ), mais, pas plus en ce point qu'en Ji'impoite quel autre, la courbe 0(R) ne présenle de particularité.

Ces résultats sont en contradiction avec ceux qui ont été annoncés par M. Germani (').

TÉLÉGRAPHIE SANS FIL. Sur la réception des ondes entretenues par modu- lation. Note de M. R. Jouaust, présentée par M. Paul Janet.

Les détecteurs utilisés pour la réception en radiotélégraphie ont un ren- dement très faible. Leur fonctionnement difl'ère notablement en eflet de celui du redresseur théorique qui laisserait passer totalement une des ondes du courant alternatif et arrêterait complètement l'autre : pratiquement l'intensité du courant redressé n'est qu'une faible fraction de l'amplitude du courant alternatif total qui traverse le détecteur.

Le procédé de modulation que nous allons d'écrire et qui permet la réception des ondes entretenues est basé sur un principe différent de celui de la détection.

La modulation à la réception consiste à faire varier périodiquement par un dispositif quelconque l'intensité du courant dans les organes récepteurs.

Soit I„, sinto/ l'intensité du courant qui circulerait normalement dans un

appareil de réception. Si ce courant est modulé avec une fréquence —5 son intensité est de la forme

1^, sin o' / sino) / ^-: cosfcjj co' ) / -!- cos((.» -h fi)') /

et, si to' est voisin de w, le couranl de ])ulsation w w' est de fréquence musicale. On obtient donc ainsi un courant audible au téléphone dont l'amplitude dans le cas d'une modulation complète est la moitié de celle du courant qui circule dans les organes récepteurs.

De même «ju'il n'existe pas de détecteurs parfaits, de même il n'est pas

(') Revue générale de l'électricitr, p.^ juillet 1919.

36 ACADÉMIE DES SCIENCES.

possible de produire une modulatjpn complète, mais avec ce nouveau pro- cédé de réception, on peut sf rapprocher bien davantage des conditions théoriques de fonctionnement optimunj.

On sait déjà que dans le cas de la modulation à basse fréquence, utilisée à ia transmission en radiotéléphonie, le courant de Tantenne est presque complètement modulé à la fréquence de la voix.

La modulation à haute fréquence à la réception se réalise très facilement à l'aide de la lampe à 3 électrodes.

La différence de potentiel aux bornes de Tappareil récepteur (amplifiée ou non) est appliquée entre le pôle négatif du iilamenl et la grille. Une diffé- rence de potentiel de haute fréquence est appliquée entre le filament et la plaque.

Cette difïérence de potentiel de haute fréquence s'obtient en réunissant d'une part la plaque, d'autre part le filament aux bornes du condensateur d'une Ijptérodyne ordinaire. Le téléphone récepteur est intercalé sur l'un des conducteurs assurant celte jonction. Il n'est nullement nécessaire qu'une différence de potentiel continue existe entre la plaque et le filament. Les résultats obtenus avec ce di>;positif se sont montrés plus avantageux que ceux fournis par une lampe montée sur détecteur et dans laquelle venaient se superposer les ondes à recevoir et celles provenant d'une hétérodyne locale. C'est ainsi qu'à Paris on pouvait avec une seule lampe recevoir lisi- blement dans un cadre de 2"' les transmissions du poste de Lyon, alors qu'elles étaient à peine sensibles avec une lampe identique montée sur détecteur.

CHIMIE PHYSIQUE. Le recuit des verres. Note (') de M. Taffix, présentée par M. H. Le Chatelier.

K.undt (1881), au cours d'études sur la biréfringence accidentelle des liquides visqueux, a développé certaines considérations générales établies par Maxwell à propos de la théorie cinétique des gaz. Supposant que la disparition des tensions, dans un liquide visqueux, se produit sans défor- mation, il établit la relation suivante :

(') Séance du 19 décembre 1921.

SÉANCE DU 3 JAXVIER 1922. 37

A et A„ étant les biréfringences du liquide aux instants o et ^; T étant ce que Maxwell a appelé « le temps de relaxation », constante spécifique du corps étudié. M. F. Twymann (') a établi que, dans le cas du verre, T serait une fonction exponentielle de la température.

MM. Adams et Williamson ont montré récemment (-) que la loi de Ivundtne s'applique pas rigoureusement au recuit du verre. Ils ont proposé la loi expérimentale suivante :

I I ,,

A étant compris entre 5o et 5^^/cni'^

Ao étant la biréfringence à Tinstant / = o;

K est une fonction exponentielle de la température 0.

Nous avons repris les expériences de MM. Adams et Williamson, cher- chant à généraliser leur loi expérimentale pour des retards compris entre gD^^ et 5^^. La biréfringence était mesurée par une méthode antérieure- ment décrite ('). Les prismes du verre soumis à l'expérience mesuraient i'''",8 X i''™,2 X i*^"",!. Les ayant trempés de façon uniforme, on les recuisait à température constante et l'on mesurait leur biréfringence à divers moments de leur recuit (2^ et 3* colonne du Tableau).

Dans la quatrième colonne on lit les valeurs de / calculées par les formules d'Adams en fonction de A et A,,. A mesure que Aq devienl plus grand, la divergence entre les mesures et le résultat du calcul apparaît plus importante. Ceci nous a conduits à corriger par un terme du deuxième degré la formule précédente. On obtenait la loi parabolique

A et B étant fonctions de la température 6,

i logA = a— bO^

&—Q'

a, b, c, (ï) sont constants pour un verre déterminé. Dans la cinquième colonne on lit les valeurs de t obtenues au moyen de cette formule (I), (L).

( ' ) J. of Glass tch., vol. 1, p. 61 .

(-) Géop. Lab. y 1920.

(^) Comptes rendus, t. 173. 1921. p. 1347.

1 1

i

1 1

' 1

38 ACADÉMIE DES SCIENCES,

Cherchant une concordance plus parfaite encore, nous nous sommes arrêté à la formule suivante :

(11) Log

Les constantes o et T s'expriment en fonction de la température par les relations

(ir.)

^ ' i T = /.((■) -9),

dajis lesquelles C,, Co, /•, 0 sont constants pour un verre donné.

On voit facilement que cette formule contient iniplicitemejit, pour des valeurs de A„ et de (Aq A) assez petites, la loi d'Adams et la loi parabo- lique. 0 représenterait une biréfringence limite, déterminée pour chaque température, et qu'un recuit, si long soit-il, à cette température, ne feia jamais disparaître.

Si 0 est infini, on retrouve la loi de Kundt, T serait alors le temps de relaxation. Pour le verre étudié (^ = 590°; 0 est égal à il[^^-,b5 à 52,5"; il tombe à 2.^^,4^ à Sgo". Dans la sixième colonne du Tableau on lit les valeurs de t calculées au moyen des formules (II) et (II').

t calculé, Température 6. (ij.|ji/cm). /observé. Loi Adams. Éq. (I),(r). Éq, ( II ). (II'j.

525 88,1 O O 3

O,

76,3 i5 19 16 17

70,0 26 3i 27 29

54,8 75 75 75 74

48,0 io5 io3 ii5 108

43,75 i35 125 142 137

37,70 195 i65 2o3 201

34,0 255 196 258 262

535 93,7 o o 3

o

82 5

9

63,95 25 28 25 25

53, o5 45 46 42 44

42,5 70 72 70 65'

36,5 io5 93 99 102

3o,4 145 124 j38 i48

27,4 180 145 171 184

SÉANCE DU 3 JANVIER I922. Sq

t calcule.

Tempéialure f). (;j.|i/cnij- (! observé. Loi Adams. Éq. (I). H'). Eq. (II), HT).

(1 III m "I ">

.554 82,75 O O O O

» 62 5 6 6 •">

H 44,5 i5 16 16 i5

). 35,9.5 25 26 3tJ '^'7

» 20,5 4> 4^ -*/ ■*

. 20,6 60 57 67 65

i> 17,6 90 70 85 87

. i4,6 I30 88 ii4 1^-2

565. ..... 47 00 o o

M 37,2 5 4 5 4

" 3o,4 10 9 " 9

,. 23, 1 20 16 -^.o 17

>, 16,4 3o 3o 38 34

,. i4,6 4o 43 45 i'

575 26,75 u o 00

» 23,55 32 22

,. -^OjBo .r 1 4 ^

,. . i5,2 10 11 II 9

,. 12. 78* i5 16 17 14

io,35 20 23 24 22

.. ....... 8,54 3o 32 34 32

Il résulte des Tableaux ci-dessus que, pour les tensions initiales inférieures à Se'*'', les trois formules représentent également bien les résultats de 1 expé- rience. Pour les tensions comprises entre 5oS^i^ et ioqî^^ les deux dernières formules (I) et (II) sont équivalentes, mais la formule d'Adams est insuf- fisante pour représenter les résultats des mesures.

Pour savoir laquelle des deux formules (I ) ou (II) doit définitivement être adoptée, de nouvelles expériences sont nécessaires.

CHIMIE ORGANIQUE. Synthèse de V (icide cyanhydriqiie par oxydation, en milieu argentico- ammoniacal, d'alcools, de phénols et d'aminés. Note de'MM. R. Fosse et A. Hieulle, présentée par M. A. Haller.

1. L'acide cyanhydrique, précurseur instable de la carbimide et de la carbamide dans l'oxydation permanganique, ammoniacale, des substances

4o ACADÉMIE DES SCIENCES,

organiques

CMi -^^ CONH -î^ Cu(:^H^

peut cependant être isolé et dosé, si l'on provoque Toxydalion en présence de sel d'argent ou de mercure.

L'oxydation en milieu argentico-ammoniacal donne, en effet, ce nitrile dans les proportions : 0^,8 à 1^,7 pour 100 (glucose, sucre de canne, dextrine, amidon, cellulose); 3^,6 pour loo (glycérine): 8^,58 pour 100 (aldéhyde formique).

Puisque l'acide cyanhydrique est un terme intermédiaire, instable, de l'oxydation de l'ammoniaque et des principes naturels précités, peut-être prend-il aussi, transitoirement, naissance dans la respiration de la cellule végétale ou animale, pour disparaître aussitôt en créant de nouveaux prin- cipes ou tissus (').

2. Les hydrates de carbone, la glycérine et l'aldéhyde formique ne sont pas les seuls corps susceptibles de produire l'acide cyanhydrique; la même faculté appartient également à plusieurs représentants des fonctions : alcool, phénol Çfl aminé. Les rendements varient avec la nature des substances, les facteurs de la réaction ainsi que, parfois, sous de très faibles influences. "

Alcools. L'acide cyanhydrique formé par 100'™ de méthanol atteint oe,2àos,5(MnO*K;,i8,3ài%,'5 [(MnO")-Ca |, 2S4(MnO'*Iv-^ NH^CI). Avec l'éthanol, rendement maximum : 0^,5 pour 100. L'acélamide, obtenue par oxydation électrolytique de Félhanol et de l'ammoniaque (-), apparaît aussi dans nos expériences. Le butanol conduit à des rendements nuls ou extrêmement faibles : o^',o5 pour 100.

Phénols. L'oxydation du phénol, des crésols o et p. de la résorcine, par MnO'K-4- NH'Cl peut donner 4%3 à 5%i de C\H pour 100: celle des naphtols n'en produit, dans les mêmes circonstances, que 0^,6 à i^,35.

Angines. Tandis que l'acide cyanhydrique est engendré, en quantités notables ou considérables, aux dépens de l'aniline (9^1 pour 100), de la méthylamine (28^,5 pour ioo)(=') et de la diméthylamine (25^,9 pour 100). ce cor s n'apparaît, au contraire, qu'en très minime pro, oriicn (0^,2 pour loo), lorsqu'on oxyde l'éthylamine dans les mêmes conditions.

(^) R Fosse, Comptes rendus, t. 173, 1921, p. 1870. (2) FiCHTER, Zeit^chrift f. Elektrochemie, t. 18. 1912, p. 652.

(^) L'action de l'acide monopersulfurique sur la méthylamine provoque la formation d'acide cyanhydrique ( Bamberger e. Seligman, "fiez/cA^e. t. 35 1902. p. 4800).

Substances.

en gi'amnn ou vol. en cm .

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922.

Il- H,

M!

Mi'Cl. MnO'K. (MnO')-Ca. NOA-.

4i

Tem|i maxin

de roxvdat. \0 \

!.„,.

HCN

en gr.

pour 100

ou cm .

A /cools.

cm'

1 . Métlianril 1

•2. » 0,5

3. Méthanol et CO''Cu. 1

V. Mëlhanol ......... 1

5. " I

(i. i 1

7. " 0,1

S. •' o , I

9. .. 0,1

10. EthanoletCÛ'Cii.. o.i

11., - . . 0 . I

12. Ellhaiiol.'. 0,1

13. Bulanol 0.1

1'*. . I

l.'j. Pliénol 0.5

16. >. o.r>

17. Pyrocaléchine i

18. " " I

19. Résorcine i

•20. ■> ,0 . :.

2i\ Hydroquinone 1

22. Phénol 0,1

'2-i. j) (I . i

2'i-. O.-crésol o.x

25. P.-ci ésol 0,1

213. Résorcine o. i

27. )i o. I

28. Xaphtol A i

29. )) o.i

30. Naphtol B i

31. î) „.i

32. ), o.i

33. Aléthylamine o.o52

3i. » o.o52

3o. Dimétjiylaniine. . . . 0.0928

H6. _ » . . . . o 092S

37. Elhylamine 01

38. Aniline . 0,5

39. " 0,1

+0 . 0.1

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9.18

42 ACADÉMIE DES SCIENCES.

GÉOLOGIE. Sur l'âge des phosphates marocains. Note de M. Louis Gentil.

Les gisements de phosphate tricalciqae du Maroc sont répartis sur de vastes étendues. C'est à M. Gombelas que l'on doit la première découverte de ces dépôts sédimentaires dont la richesse est maintenant reconnue en plusieurs points, notamment dans la région de l'Oued Zem.

En juin 191 3, j'ai constaté que les couches phosphatées se trouvaient sur la série crétacée du plateau de Settat que j'avais antérieurement décrite.

Depuis cette époque, sous l'impulsion de M. l'ingénieur Daum, le Service des Mines du Protectorat a entrepris une reconnaissance détaillée de ces gisements qui s'étendent sous la Gaada, entre El Borouj et Oued Zem, sur un quadrilatère de quelque (Jo'^™ de côtés. Et j'ai eu l'occasion de parcourir à nouveau la région des Béni Meskine en 191 7.

Plus récemment, des gisements phosphatés ont été reconnus ('), d'une part au sud du plateau des Rehamna, d'autre part dans la région d'Imi n Tanout, au pied de l'Al.las, ainsi que chez les Meskala. Tous ces dépôts sont considérés comme tertiaires, d'âge suessonien (-).

Depuis longtemps, cependant, me basant sur quelques documents paléontologiques recueillis dans la Gaada; je pense que les phosphates marocains sont plutôt crétacés.

Une Mission effectuée à un autre point de vue, en avril 1921, m'a offert roccasion de parcourir le Sud-marocain et a fortifié ma conviction qu'il s'agit de dépôts du Crétacé supérieur et du Montien.

^^ntre le petit plateau de Zned et le Souq el Khemis des Meskala, au nord de Dar Kaïd Khoubbane, j'ai observé un banc de calcaire marneux enserré dans les couche de phosphate.

Le banc renferme BacuUtes anceps Lam., Bacidites sp. de grande taille, Fasus nu- inidicus Coq., Turritella Fur^emoii Coq., Cardila ( Venericaidia) Beaumonti d'Arch.^ Ostrea {Exogyi-a) Overwegi \^uc\l. Cette petite faune caractérise le niveau à beaux fossiles siliceux que j'ai signalé à quelques kilomètres au sud, dans la vallée de l'Oued Igrounzar C*).

Il s'agit ici, de couches crétacées tabulaires, en continuité directe avec celles que je viens de décrire pLus au nord et j'ai cité, en outre, de cet horizon : Plicatiila instabi- /«Stoi., Cardila libfcaZili., Crassatella ZitteliWann., Cr. numidica Mun.-Ghalm., AsLarte similis Munst., Roudeireia Drui Mun.-Chalm.. Corbis Wanneri Krutnb.,

(') J. Savornin Comptes Rendus^ t. 172. 1921, p. ^i^.g.

(-) J. Savornin, loc. cit.. et Comptes rendus^ t. 171, içj'.io. p. 807,

(*) Louis Gentil, Comptes rendus, t. 160. igi5, p. 771.

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 4^

Lucina C a/ mon i' Perv.. Cyt/ierea Rohlfsi Ouass. Celte faune est iiidiscatablement maëstrichlienne, rappelant celles décrites à ce niveau en Tunisie méridionale, en Tri- politaine, en Kgypte et dans l'Inde.

Le niveau à Baculites des Meskala est recouvert, en concordance, par des couches phosphatées qui se poursuivent, à l'Est, jusqu'aux gour des Kaïa et du Dj. Tilda elles sont couronnées par un entablement de calcaire-lumachelles à Tlicrsilées.

Au-dessus, j'ai constaté la présence d'autres couches phosphatées toujours concor- dantes, à teneurs variables, sur une extension verticale d'au moins So" et dans les- quelles se trouvent fréquemment, avec d'autres fossiles maeslrichtiens, des dents de Corax pristodontus L. Agas., de la craie phosphatée de l'Aisne et de la Somme, et des dents de Grocodiliens (M-

Ainsi, dans le Sud-marocain, les phosphates sont en partie d'âge maos- trichtien et, comme ils se poursuivent sur une grande hauteur verticale au-dessus du calcaire à Baculites, je pense qu'il en existe d'âges danien et montien. Il y a, en effet, continuité de sédimentation jusqu'au Suessonien, ainsi que je l'ai toujours soutenu et ce que je maintiens malgré des affir- mations contraires récentes (-).

Je ne doute pas qu'il en soit ainsi dans la région septentrionale d El Borouj-Oued Zem, d'après mes documents paléontologiques.

Le Corax pristodontus se trouve dans la partie la plus élevée des couches phos- phatées de celte région; or, ce squalidé ne monte pas au-dessus du Montien. On trouve, en outre, Lanina apendiculala L. Agas., dont l'extension verticale est com- prise entre l'Albien et le Montien, et Scapanorhynchus iOdontaspis) rapliiodon L. Agas., espèce du Crétacé se promenant de l'Albien au Sénonien,

Ces formes suffisent à démontrer l'âge, surtout crétacé, des phosphates d'El Borouj-Oued Zem.

Je dois ajouter que j'ai recueilli en outre : Odontaspis elegans L. Agas., espèce

(«j J'ignore la valeur industrielle de ces gisements, qui ne sera connue qu'après d'importants et minutieux travaux de recherches. Aussi me paraîl-i! prématuré de dire qu'il n'y a de ce côté que des « résidus d'un intérêt théorique » (Savornin, lac cit., p. 23i). On doit se trouver au Dj. Tilda, au sommet des couches phosphaTces; mais chez les Meskala, le niveau à Baculites que M. Savornin a pris pour un seud cré- tacé {toc. cit., p. 25o) séparant deux gisements phosphatés lerliain-s, se trouve, en réalité, au cœur de la masse des couches de phosphate.

(-) J. Savornin, lac. cit., p. ^Si.

M. J. Savornin m'attribue par erreur les tracés de l'Éocène inférieur à l'ouest du lac Zima {loc. cit., p. 23o). C'est à M. Brives seul qu'en revient le mérite, car je n'ai fait que reproduire ses contours dans celte région sur ma petite carte géologique générale de iç)i2 {Ann. Geo^/., Paris, mars 1912).

44 ACADÉMIE DES SCIENCES.

monLienne et sue^sonienue, O. cuspidala I.. Agas., et Plivsodon secundiis Winkler, connues dans le Landénien de la Belgique; enfin Otodus obliquas L. Agas., et Dyro- saurus phosphalicus Ph. Thomas, qui sont communs dans les phosphates algéro- marocains, considérés comme siiessoniens.

L'association des formes crétacées et éocènes indi(]ae que les niveaux phosphatés marocains doivent encore comprendre le Montien.

Ici, comme dans le Sud, le toit des phosphates est toujours représenté par un banc plus ou moins épais de calcaires à Thersitées, avec fossiles silicifîés abonde Thcrsitea (Hcrmifhersùea) maroccana Savornin. accompagnée de Th. vcnlricosa du même auteur qui place ce niveau dans le Lutétien inférieur à cause de l'association de Nummidites irregidaris ('). Mais Ion sait mainte- nant que ce Foraminifère apparaît dans le Londinien (-) et que les Ther- sitées ont été sig-nalées par Dollo dans le Montien du Bas-Congo (^).

Quant aux calcaires à silex auxquels on attribue un âge suessonien, nous avons vu qu'une faciès identique se rencontre dans le Crétacé supérieur bien caractérisé par i)ne faune à Baculites.

Conclusion. Les phosphates marocains sont, au moins en grande partie, crétacés, d'âge maéstrichtien et danien. Ils atteignent, en hauteur, le Mon- tien. à l'extrême base du Tertiaire, le Corax pristodontus qui persiste dans le Montien, se trouvant dans les parties les plus élcAées des couches phos- phatées.

Ces gîtes minéraux se trouvent donc aux mêmes niveaux que les phos- phates de la Palestine signales par M. Blanckenhorn ( '') et de rÉo:ypte (^), et il est frappant que les riches teneurs des phosphates marocains, en les rapprochant des phosphates égyptiens et asiatiques, s'accordent avec cette similitude chronologique.

Ce sont ces considérations d'âge qui m'ont conduit à figurer, sur ma nou- velle Carte géologique générale du Maroc qui vient de sortir des presses, les zones phosphatées du Protectorat par des bandes jaunes du Paléogène, sur un fond vert du Crétacé supérieur.

(') J. Savorni\, .s. h. /V. Afr. yV., t. 6, 1914, p. 78-79.

(■-) Henri Douvillé, Mém. Carie Géolog. Fr. Paris. Impr. nat.. 1919.

(^) Bull. Ac. R. Belgique (Section des Sciences), 7, juillet 1914. p- 291.

(*) IJeber das Vorkommen von Phosphaten Asfhaltkalk und Petroleum in Pa- Instina und Àgypten {ZeiLschr. f. praktisch. GeoL, XI, Ht-ft 7-9, p. 294-298.

\') Phosphate Deposits of Egypte (Surç-. Departm. Egypl. Cairo ISat. Prinl. Departni igoS).

SÉANCE DU ^ JANVIER 1922. 4^)

GEOLOGIE, Le contact anormal du Flrsch nord-pyrénéen au nord de Sainl Jean-Pied -dr-Port. Note de M. Pierre Viexnot. présentée par M. Piprre Termier.

J'ai exposé précédemmeiil ('; les faits nouveaux que fait ressortir une étude détaillée du bord iiK-ridional du Flyscli nord-pyrénéen entre la va]l('-e d'Aspe et celle du Saison. Les particularités signalées mettent en évidence la nature tectonique du contact: celui-ci présente, plus à l'Ouest. entr<' Jaxu et Hélette, le même caractère anormal que prouvent V allure des contours et V existence de nombreuses lames pincées entre le Flysch et les terrains voisins, ici d'âge très varié. Mais la particularité la plus marquante dans cette région du pays basque qui s'étend au nord de Saint-Jean-Pied- de-Port, c'est l'extraordinaire développement des formations mylonitiques. qui se montrent aussi bien dans le Flysch que dans les lames du contact et dans les terrains paléozoïques et triasiques du voisinage. Le contraste est même frappant entre l'abondance des brèches tectoniques de la région Jaxu-Hélelte et leur pénurie dans le secteur vallée d'Aspe-valléedu Saison. Cela s'explique facilement, à mon avis, par la différence de nature des roches sur lesquelles a glissé le Flysch : entre la vallée d'Aspe et celle du Saison, ce sont presque uniquement des schiste.s albiens. de consistance à peu près identique à celle du Flysch, très déformables, tandis qu'entre Jaxu et Hélette dominent des roches beaucoup plus dures, gneiss, schistes, calcaires et grès paléozoïques plus ou moins métamorphiques, grès triasiques.

La structure des collines cotées 383 et 368 (SW de Jaxu) a donné lieu à de nombreuses controverses. Le problème s'éclaire d'un jour nouveau lorsqu'on l'aborde après avoir étudié dans le détail la structure du Flysch dans les environs. La traversée en ligne droite du Flysch entre Jaxu et Armendarits. par Iholdy, est très démonstrative à ce sujet. Sur un itiné- raire de plus de 25''"\ le Flysch affleure déformé, broyé, mylonitisé, acc-om- pagné de lames exotiques, elles-mêmes très brécho ides, de calcaires crétacés et jurassiques, d'argiles triasiques, d'ophites, de quartziles et de schistes paléozoïques (ceux-ci fossilifères à i""™ à l'ouest de Jaxu. j'ai ti'ouvé plusieurs Streptorliyncîius crenistria Philipps). Il est pratiquement impos- sible de tracer des contours dans un tel complexe bréchoïde, dont l'épais-

(•) Comptes rendus, t. 173. 1921. p. 18-4.

46. ACADÉMIE DES SCIENCES.

seur atteint plusieurs centaines de mètres entre Suhescun et Iholdy, et dont létude détaillée demandera de plus amples développements. Les brèches tectoniques sont très nettes autour de Jaxu ; cette considération, jointe à l'arg'ument de la forme des contours, permet de conclure que les collines 383'" et 368™ sont constituées par des écailles superposées, l'on observe, sur un substratum triasique d'ophite, des lambeaux de calcaire crétacé à Orbi- tolines (marqué en Lias sur la feuille de Mauléon) et de Flysch, supportant un complexe de couches jurassiques fossilifères et d'ophite qui couronne le sommet 383.

La zone rnylonitique du contact du Flysch se poursuit ensuite sans disconti- nuité jusque vers Hèlette, avec des caractères variables suivant la nature des roclies intéressées par le frottement. Sur tout le parcours, les blocs de Flysch abondent, accompagnés d'un chaos de morceaux de toute taille empruntés aux terrains qui affleurent largement dans le voisinage : ce sont surtout des blocs de grès paléozoïques et triasiques enrobés dans des schistes carbonifères, au nord du Pic ri'Arradoy ; des biocs de cargneule triasique arrivant au contact du Dévonien et du Silurien, au S-SE d'Ossès. La mylo nite se compose exclusivement d'esquilles de schistes siluriens vers Béclari- déguia (^W d'Irissarry) et de morceaux de gneiss sur la route d'Irissarry à Hélette. Parfois, la roche complexe que constitue la mylonite est sans aucune consistance ; c'est ainsi (|ue dans le petit ravin au nord de Ghola 4''™ au nord d'Uhart-Cize) on n'observe qu'un chaos de blocs de grès dans une terre schisteuse carbonifère ; on prendrait aisément ce chaos pour de l'éboulis si l'on ne remarquait que les pentes dominantes sont unique- ment couvertes de Flysch ; la mise en relief des blocs de grès provient de l'érosion particulièrement intense des schistes carbonifères de la mylonite.

Quant aux lames pincées dans le contact^ elles sont nombreuses. Le petit, affleurement de calcaires marneux jurassiques posé sur les grès du Trias inférieur à l'est du Pic d'Arradoy (feuille de Saint-Jean-Pied-de-Port) en est une ; il existe d'ailleurs d'autres petites lames de Jurassique fossilifère un peu plus à l'Est, vers le bord de la feuille. Deux copeaux de schistes siluriens, d'une dizaine de mètres de long, se montrent entre le Dévonien et le Flysch au sud de la cote 39^ : à l'ouest de cette cote, plus près d'Ossès, une bande de cargneule triasique se suit sur 5oo"' de long entre Silurien et Flysch. A l'est d'Ossès, on observe un mince copeau de Flysch dans les argiles du Trias. A l'ouest et au nord-ouest dTrissarry, une bande d'ophite, dont l'épaisseur très variable peut atteindre par endroit 200*^, se

SÉANCE DU 3 JANVIER I922. ^17

suit sur plus de s""'" entre Silurien et Flyscli. Knfin, l'ophile arrive encore au contact du Flysch un peu plus au Nord, vers Lucaindéguia, mais elle y affleure dans une importante fenêtre triasiqw s' ouvrant dans les schistes siluriens^ et sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir.

Ainsi, de nombreuses lames étirées de terrains secondaires et primaires jalonnent le contact du Flysch nord-pyrénéen dans la région qui s'étend au nord de Saint-Jean-Pied-de-Porl, et elles sont accompagnées de puissantes formations mylonitiques, qui avaient été attribuées auparavant à des conglo- mérats côtiers du Génomanien ou à des bi èches éruptives en connexion avec les ophites. Mais l'ampleur de ces formations et leurs relations structurales très nettes avec les lames de terrains variés qu'elles enrobent ne laissent aucun doute sur leur nature : ce sont des brèches tectoniques .

Le caractère anormal du contact du Flysch nord-pyrénéen est donc aussi apparent sur la feuille de Saint- Jean-Pied-dr -Port que sur celle de Mauléon. La grande variation du pendage de la surface du contact le long de sa ligne d'affleurement montre que cette surface est elle-même plissée. Quant à l;i situation tectonique du Flysch par rapport aux autres unités structurales des Pvrénées occidentales, elle ne pourra èli-e précisée qu'après une analyse détaillée de ces unités, que je me propose de faire.

GÉOLOGIE. V Atlantis et la Régression quaternaire. Note de M. Ph. IVégris, présentée par M. Pierre Termier.

Glace au précieuv Ouvrage de M. E.-A. Marte^'), j'ai pris connais>ance lie la forme du lit sous-marin de THudson River. \\ se présente à la profon- deur de 2000"* avec un canon dont les murs encaissants ont plus de 1100°' de hauteur : au delà il reroit des affluents et est encore reconuaissable à 2700°^ environ. Ces détails semblent incompatibles avec l'hypothèse de Suess d'un sillon formé des déjections du fleuve, et l'idée d'un aiTaissement s'impose. Si l'on rapproche cette submersion de celle aussi importante des vallées qui font face à l'Hndson River en Europe, il est difficile d'échapper à la conclusion que l'on se trouve en présence du phénomène grandiose de la submersion de l'Atlantis, si éloquemment représentée par" M. Pierre Termier et telle que je l'ai exposée moi-même ailleurs (- ).

Cette confirmation de la submersion de 1' \tlantis conduit à la confirma-

( ') Nouveau Traité des Eaux souterraines, p. 595. ( - ) La Régression quaternaire, Chap. XI.

48 ACADÉMIE DES SCIENCES.

lion aussi dr la Régression quaternaire^ qui forme le sujet du travail précité. En effet ramplitudf de l'affaissement, ayant été de plusieurs milliprs de mètres, sous la mer, sur une vaste étendue de l'Océan \tianlique, n a pu que produire un abaissement considérable du niveau marin, abaissement dont nous donne une idé<' l'île de Siphnos, en Grèce. Les cavités de litho- phages, dans c<'tte île, peuveut être suivies sur 700™ de hauteur, depuis le sommet de Tîle jusqu'au niveau actuel de la mer, ce qui nous donne, comme minimum d'amplitude de la Régression, 700™, sans compter la quantité dont elle a dépassé le niveau de la mer. Les niveaux élevés de la mer, à l'origine de la Régression quaternaire, sont, d'autre part, une preuve de surrection de l'écorce à cette époque, comme nous l'avons exposé ailleurs (').

Comme point de repère de Torigine de la Régression, nous devons considérer l'invasion des immigrés du Nord dans la Méditerranée, à la suite des dislocations de TAtlantis. Un autre point de repère de ces phénomènes nous est donné par la formation du Gulf-Slream, qui, d'autre part, coïnci- derait avec le recul définitif des glaces : on ne saurait rejeter lépoque de ce recul au delà de loooo ans' (-). La mer se trouvait encore à ce moment à un niveau supérieur à iqS'", comme le prouvent les débris de bois accu- mulés en Islande, sous le nom de Surlurbrand^ débris qui proviendraient du golfe du Mexique. Les affaissements se sont donc continués encore depuis cette époque, aussi bien dans. l'iJcéan Atlantique que dans la Méditerranée, particulièrement autour de la Grèce, le grand effondrement des côtes ouest du Péloponèse ne paraît pas encore terminé, comme le prouvent les tremblements de terre désastreux auxquels ces côtes sont soumises.

Cela explique que les prêtres de Sais, qui avaient conservé dans leurs temples les annales de 8000 années, à l'époque de la visite de Solon, aient enregistré les catastrophes terribles de ces temps peu lointains.

D'autre part, l'imagination ardente des Grecs aurait conservé le souvenir de ces convulsions de la terre sous la forme du mythe de la Titanomachie d'Hésiode, dans laquelle les rochers s'écroulent dans la lutte avec les dieux de l'Olympe, les flots de la mer sont déchaînés, des vapeurs brûlantes s'élèvent jusqu'aux cieux, la terre entre en fusion. Citons encore, comme se rapportant aux mêmes phénomènes, la fable d'Egine, lille du fleuve Asopus, enlevée à son père par Jupiter, et celle de [Sisyphe, condamné par Jupiter à porter un bloc de rocher au haut d'une colline, sans pouvoir l'y établir/ parce qu'il croulait à peine arrivé au sommet,

( 1) Loc. cit., p. 66. (2) Loc. cit., Chap. XI.

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 49

GÉOLOGIE. Les lignites du i ap-Bon (^Tunisie). Nole( ' ) de M. A. ALLEMAXD-MARTix,?transmise par M. Charles Depéret.

La présence de lignites a été signalée en Tunisie pour la première fois par Aubert, dans son Explication de la carte géologique provisoire de la Tunisie (1892); toutefois cet auteur, tout eu leur assignant un âge Miocène, n'a pas déterminé l'étage auquel ils appartienneiil.

M. Berton a étudié, au point de vue technique, les dilîérents gisements signalés par Auberl, en vue de leur utilisation pendant la guerre; seuls, ceux du (lap-Bon, ont pu êlre exploités, et l'on sait les services éminents qu'ils ont rendus, jusqu'ici, aux industries locales. M. Berton les classe également dans le Miocène, mais ne se pionoiice pas sur l'étage ils se trouvent localisés.

D'autre part M. Joleaud [Bull. Soc. géoL. ^C série, t. 18) suggère qu<> les lignites de Monastir, comme ceux du Gap Bon, pourraient être torto- niens, mais n'en donne pas de preuve paléontologique précise.

Les recherches que j'ai effectuées, au cours d'un récent voyage dans la péninsule du Cap-Bon, me permettent, à la suite de la découverte de fossiles, de préciser ce point intéressant.

J'ai relevé plusieurs coupes (notamment de Zaouiet-Djbali à Menzel Heurr, passant par l'exploitation des lignites de la Compagnie des Tramways de Tunis), qui m'ont amené à établir la succession des divers niveaux.

A partir du massif de l'Abd er Rahmane, constitué par les grès numi- diens rouges, on observe, en discordance, inclinés à environ 35" NO-SE, la série suivante :

Calcaires blancs ou légèrement rosés, très compacts, et grès roses peu épais, renfermant une faune abondante de Peclinidés, parmi lesquels : Chlomys prœsca- hriusculusFonl. var. catalaunica: F labelUpecten groupe flabelliformis Broc; Peclen convexlor Alm. el Buf. ; Peclen sub-Holgeri Font.; Ecliinolamfjas pyguroïdes Pom. C'est une faune nettement Burdigalienne [Cartennienne).

Grès rosés : environ 2" d'épaisseur pétris A''Anomia sp.

Alternance de marnes verdàtres sans fossiles, d'épaisseur considérable (et de grés blancs jaunâtres peu épai>) que Ton traverse sur une longueur de près de 4*""- Cette . série marneuse représente vraisemblablement les marnes cartenniennes d'Algéne.

Couche marneuse, verdàtre, renfermant quelques exemplaires d'O^/ré-a c/a^5«-

(*) Séance du 27 décembre 1921.

C. R., 192a, t" Semestre. (T. 17 i, 1.)

^O ACADEMIE DES SCIENCES.

sima Lmk. de taille moyenne, et d'O. gingensis, nnontrant i|ue nous pénétrons dans le Vindobonien.

Grès blancs à grains fins, sans fossiles^ environ 4"" ou "^"^ d'épaisseur.

Argiles marneuses, jaunâtres, renfermant un banc très compact d'O. crassissima de grande taille, correspondant à rilelvéïien.

Banc de grès, jaune clair, sans fossiles, à grains lins, formant le subsli aluni de la formation lignileuse et inclinés à 28° NO-SE,

Formation ligniteuse, débutant, au contact, par un mince lit de marnes gyp^i- fères, sur laquelle repose la couche de lignites dont l'épaisseur, mince à l'affleurement, atteint en profondeur près de <>"',8o au maximum, recouverte par un nouveau lit très mince de marnes contenant des cristaux de gypse; cette formation ligniteuse peut être suivie sous ces mêmes grès, sur une longueur de plus de 20'*"' en direction.

Grès blancs-jaunâtres, à grains fins, sans fossiles, de 3™ à 4™ d'épaisseur.

io** Argile jaune clair, à petits nodules ferrugineux (i™ à i™,r)0).

11° Marnes verdàtres l'on rencontre en abondance Turrilella fimhriata Miche- lotti, mêlée à Cerithium lignitarum Eicliwald, cependant plus rare. Ces deu\ espèces caractéristiques sont toujours accompagnées de nombreux Cardium edule de petite taille, cVAfca et autres fossiles très mal conservés. D'une fa«"on sporadique, on y trouve égaleuienl Oslrea Jimbriata.

12° Nouvelle alternance de marnes verdàtres très épaisses, analogues aux précé- dentes (puissance, une soixantaine de mètres), et de grès à grains fins (épaisseur 2™ environ), le tout sans fossiles.

i3° Ces couches sont finalement recou\ertes en discordance par le Pliocène marin, formé, ici, de marnes épaisses à O. ] irleti Desh. et O. digitatina Dul)., assez rares d'ailleurs, surmontées elles-mêmes par les dépôts des plages (|uaternaires à Strombes.

En résumé, il résulte des observations précédentes que les lignites du Cap Bon sont compris entie le niveau à T. Jimbriata. C. lignitarum et celui à 0. crassissima: comme ils sont plus rapprochés de l'étage tortonien que de fétage helvétien, ils peuvent être considérés comme appartenant à l'âge tortonien.

GÉOLOGIE. Sur la présence de calcaires à Ahéolines d'âge probablement auversien à la hase du Nummuli tique du plateau d' Arâchc ( Massif de Plati, Haute-Savoie). Note (') de M. Léon x^Ioret, transmise par M. Kilian.

La haute plaine rocheuse qui forme la rive droite de TArve au niveau de Magland, montre une série de barres régulièrement étagées. L'élude de la tectonique de celle difficile région a montré à M. Ritter qu'il s'agissait en ce point de la couverture ciélacée et tertiaire des deux plis couchés supé-

(') Séance du 27 décembre 1921.

SÉANCE DU 3 JANVIER I922. 5l

rieurs du Vlonl Joly qui forment le socle de Plate et dont les noyaux se montrent très nettement dans le Malm contourné de la cascade d'Arpenaz. Cette couverture épouse à distance les deux anticlinaux d'Arpenaz en se couchant vers le Nord, elle donne alors successivement le pli-faille de la Colonn;iz (anticlinal sup"") et le pli-faille de Maglaud (anticlinal inf""), lequel offre des complications tectoniques singulières et un grand intérêt stratigraphique. Le Crétacé et le Tertiaire s'y reploient en boucles syncli- nales allongées, à concavité tournée vers le Nord et, la jtlupart du temps, ce dernier terrain n'y est représenté que par des lames ou « coins » inclus dans le centre des synclinaux. Si, parlant du bas de la vallée, on gravit la falaise, on note de bas en haut :

I** Sénooien 1res épais (tlanc sud renversé du synclinal de Balancy) en talus;

Barre urgonienne des grottes de Balrae (noyau anticlinal ) ;

3" Calcaires et calcschiste du Sénonien en talus; grande épaisseur due à des reploiemenls;

4" Petit banc de calcaire gréseux noir, glauconieux; quelques centimètres;

5" Conglomérat très broyé, quelques centimètres;

Barre de calcaire brun, compact, spalhique, dans laquelle j'ai trouvé une faune de iNummulites de taille moyenne associées à de nombreuses Alvéolines très bien conservées, iS"* à 20™;

Schistes à patine soufre et à cassure sublithographique (Sénonien ):

Couches conglomératiquo liées par un ciment analogue au n'^ 7. Cailloux divers;

Couches siliceuses, dures, à traînées de silex en relief, intercalalions de schistes à patine soufre, azoïques. Dans les bancs durs : Bithynia, Hydrobia, Cypris, dans les traînées siliceuses, sections de tiges de Chnra :

10° Couches schisteuses (Priabonien, Fivsch);

1 Grès de Taveyannaz moucheté en se dirigeant vers l'Est.

- Toutes ces couches sont inclinées de 23° N.-E. approximativement. Au Sud ('). le pli-faille de Magland sépare cette série d'une autre supérieure (Hi l'on trouve : Ganlt, Sénonien, conglomérat nummulilique épais, hima- chelle à débris d'inocerames avec intercalalions de petits lits de poudingue, calcaires à Nummuliles et Orlhophragmines de Serveray, Flysch.

Le fait important, nouveau et à retenir de ce qui précède, cest C existence de calcaires à Ahéolines superposés auSénonien. Ce banc, marqué sur la carte géologique au y~ en Li^gonien, occupe le centre synclinal sénonien à con- cavité septentiùonale, qui correspond à la boucle inférieure du pli-faille de Magland.

(') \ .-L. MoRET, Comptes renduf;. t. I7t, 1920, p. 1216.

52 ACADÉMIE DES SCIENCES.

La présence d"une faune de Nummuliles à piliers, de taille assez grande (N. perforants^ N. Brongniarti?) associées k de grandes Alvéolines (.4. elon- gata d'Orb.) caracléristique de FEocène moyen, la position stratigraphique de ce calcaire à la base du Numinulitique, dont je me propose de rechercher l'extension dans tout le massif, militent en faveur de son tittribiUioji à V Au- versien ('); Douxami avait d'ailleurs compris dans cet étage les poudingiies de base particulièrement épais dans la région méridionale de Plate en remar- quant leur ressemblance avec les conglomérats el calcaires à N. per forains auversiens des Bauges. Boussacparla suhe (Stratigraphie du Nuinmuiilique Alpin 191 2) fit de tout ce Nummulitique(à part leFlysch, bien entendu) du Priabonien dont les faunes caractéristiques se trouvent cependant bien au- dessus des poudingiies et dans les calcaires schisteux noirâtres. Cette opinion esl généralement admise par les géologues alpins. Kemarquons que le seul gisement à Alvéolines {A. elongata) connu jusqu'à présent dans le Nummu- lilique alpin, se rencontre non loin de là, dans le synclinal Chatelard-Knlre- vei-nes (Hauges); les Alvéolines y sont associées à N. ferforatus, Ortho- phragmina disons dans des couches d'âge \uversien (IJoussac. loc. cit., p.277(^).

Cependant Boussac lui-même signale dans les conglomérats nummuli- tiques dAlldorf en Suisse, près du lac des Quatre Cantons, un galet de cal- caire à grandes Nummulites et Alvéolines qu'il a figuré et dont le faciès est tout à fait identique à celui de nos couches de Balme-Aràche [loc. cit., p. 872 et planche). De la présence, dans ce conglomérat, d'une roche complètement étrangère à l'Helvétique et ne pouvant .^ pour lui., venir que du Sud, des zones méridionales alpines (Dinariqiies), Boussac tire de grandes conséquences sur lesquelles je n'insisterai pas. Notons seulement que le faciès des couches de Balme-Arâche qui est absolument le même que celui du galet d'Altdorf, n'a rien de Dinarique et la mer qui a déposé ces conglomérats n'a pu l'e chercher très loin; il est en effet infiniment probable que les calcaires à

(') Faune complètement différente de celles des petites ^lummulites du Priabonien de la région, elles sont malheureusement très empâtées dans la roche. ' (^) A part celle localité des Bauges, les affleurements de calcaires a Alvéolines les plus septentrionaux sont, d'après Boussac, ceux, de Guttaring dans la nappe de Bavière. Giimbel a indiqué Àheolina oblonga dans le Lutétien ferrugineux du Kressenberg et du Traunihal en Bavière, mais le lieu d'origine de ces sédimer)ls, peut-être préalpins, est à rechercher plus au Sud. En dehors du domaine de la Mésogée nummulitique, Alveoliaa elongata se retrouve dans l'Auversien du bois Gouet et jusque dans le Humpsliire; nulle part elle atteint le Bartonien.

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 53

Alvéolines de Balmese retrouveront un jour en place dans cette zone de l'autocluone suisse qui est la prolongation directe de celle de Plate.

La découverte de couches à Alvéolines à rMatémo^///?f? donc notablement ce que nous savions depuis les beaux travaux: de Boussac sur les contours de la mer Auversienne qui devait par conséquent faire une large avancée dans ces régions entre Pelvoux et Mont Blanc.

Enfin, la présence d' Alvéolines au voisinage de couches saumâtres à Rydrohia, Bithynia^ Cypris^ est bien en accord avec ce que nous avons a()pris sur le mode de vie de Tunique espèce actuelle (^A. Melo d'Orb.) qui se rencontre dans les zon^s littorales des mers chaudes, peu profondes(5o™) et sur des fonds coralligènes et agités. Ces grands Foraminifères, certaine- ment les plus littoraux de tous ceux utilisés en stratigraphie, nous enseignent donc que nous sommes ici en un point qui correspond au maximum atteint vers le Nord-Ouest par la transgression auversienne.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. Les captures de l'Oum er Rehia et V hydrographe! générale du Moyen-Atlas marocain. Note ( ' ) de M. J. Savor.mx, transmise par M. Ch. Depéret.

L'Oum er Piebia est le plus puissant des fleuves atlantiques au Maroc. Il est abondamment alimenté par les quarante sources à régime vauclusien qui, chez les Mrabtine, vers la frontière commune des Zaïan et des Béni Mguild, sortent, en grondant, du pied de l'énorme falaise jurassique repo- sant sur les argiles rouges salifères du Permo-Trias.

En amont de ces sources (VOuïouàne, le cours supérieur se traîne long- temps à la surface du plateau des Béni Mguild, portion du « Moyen-Atlas », de la même façon que l'oued Guigou qui, en direction diamétralement opposée, constitue la haute vallée du Sebou. fleuve du Pi'arb. L'un et l'autre, sur ce plateau, empruntent par moment de vieilles vallées ser- pentent des coulées basaltiques pliocèncs.

En aval, à quelques kilomètres avant Khenifra^ TOum er Rebia coule en torrents dans une énorme fissure de basalte, qu'il remplit sur une hauteur de 12™, au dire des indigènes. Le gouffre écumant est enjambé par le vieux pont portugais, auprès duquel une tour en ruine a donné son nom au poste français voisin (El Bordj). La rivière demeure encaissée dans un synclinal

(') Séance du 2- décemijre 1921.

54 ACADÉMIE DES SCIENCES.

permien, et parfois dans un flanc mônoclinal, jusqu'à Kasba-Tadla TEogène lui constitue une vallée tectonique. Elle s'étale ensuite dans l'immense plaine de son bassin moyen, l'Abid et la Tessaout, descen- dant du Grand Atlas, viennent grossir un débit déjà considérable alimenté par la forte pluviométrie des « Causses » moycn-atlasiques.

Ce bassin du moyen Oum er Rebia, comme je l'ai [fait observer ici même (*), n'est qu'une large cuvette crétacée-éocène au pays des phosphates. Il n'est pas impossible que cela ait été momentanément un bassin fermé, dont la « Bahira », au nord des Djebilet, serait la délaisse ultime. Mais de bonne heure il a du se déverser dans l'Océan, par les interminables gorges de Mechra hen Abhou-Boii Laouan, on le voit profondément encaissé jusqu'à son embouchure à la pointe nord du pays Doukkala.

L'importance de ce fleuve l'a fait choisir pour la première installation d'usine hydro-électrique, que l'on va créer à S' Saïd Mâchou, en perçant par un tunnel un étranglement séparant deux méandres. Une chute de t^'" permettra d'obtenir environ 8000 kilowatts-heure. Ce sera le modeste début de réalisation d'un grand programme déjà étudié.

L'Oum er Rebia inférieur a donc probablement accaparé à son profit les eaux du bassin moyen, dont la destiné».' semblait autre. Il a aussi capturé la Tessaout, et tout le bassin de Demnat, dont il a décapité le Tensift, fleuve de Marrakech, qui en était le drain naturel comme le montre la topographie.

J'ai eu l'occasion d'observer, très en amont, un phénomène h\drogra- phique du même ordre, qu'il était impossible de soupçonner en l'état d'imperfection des cartes. A Taka Ichiaiie j'ai trouvé, en corniche sur une liante berge schisteuse, à i5o™ au-dessus du lit actuel, des alluvions fluvia- tiles dont les g.dets, souvent plats et volumineux, ont ser\i de pierres à bâtir pour le poste.

Leur présence à cel te altitude relative, alors que le- fleuve n'a pas laissé de terrasses dans sa profonde et étroite vallée, ne s'explique qu'en les attri- buant à un cours d'eau venant de BeLrit. chez les Béni Mguild, el coulant à la surface du plateau avant le travail des eaux vauclusiennes d'Ouïouane. La nature de certains éléments (calcaires jurassiquesetcrétacés, calcédoines, éocènes, basaltes) provenant incontestablement du « Moyen-Atlas » est d'ail- leurs révélatrice à cet égard.

Ces alluvions, reposant sur les schistes paléozoïques, sont assez aquifères pour alimenter le poste en eau potable.

(/) Comptes rendus, l. 172, 1931, p. ■i-?.<^.

SIÎANCE DU 3 JANVIER 1922. 55

V partir de ce point s'étale vers le Nord au delà de Mriri, une belle plaine qui serait une anomalie jî^éographique si l'on n\ reconnaissait une « vallée morte » d'un important cours d'eau. Sa rég;ularité l'a fait choisir pour l'éta- blissement d'un ^rand port aérien (juin 192 1). Un simple ruisseau serpente aujourd'hui à sa surface, à la saison pluvieuse; mais cle belles prairies natu- relles lui fonlun vaste tapis de verdure.

La plaine de Mrirt a un débouché au Nord (a i Soc'" ouest de Kasba Titahouïne) dénommé : foîim Aguennour. Or l'oued A^^uennour. ainsi que l'a reconnu au piiutemps dernier M. le capitaine Guillaume du Service des renseignements, commence à ce défilé. Les cartes lopograpliiques figurent wn oued Berriakh^ de direction WE, qui conduirait à l'oued Behl les eaux du Tirzat, venant de Foum Aguennour. Mais c'esl bien l'oued Aguennour (ou haut Bou-Regreg) qui. sous les noms d'oued Vouam, oued Tirzat. oued Messouor. coule en zigzags de direction moyenne SE-NW.

La plaine de Mrirt n'est qu'un premier épanouissement lacustre de la haute vallée morte du liou Regrcg. Il en existe d'autres dans la vallée encore vivante : plaines d'Aouam. de Messouor (Mechouar sur les cartes ). de Guerlila ('), séparées par des d(-filés i-appelant le foum Aguennour.

Il faut donc reporter à près de So"^™. en amont du point on la suppo- sait, la tête de vallée originelle du Bou-Regreg-Aguennour. Les eaux du plateau des Beni-Mguild, circulant autour de Bekrit. allaient à Rabat avant la capture eiïectuée sous Taka Ichiane par l'Ouiri er Rebia. Cette décapitation a fait perdre au Bon Regreg plus de 40''"^ de son cours supé- rieur.

Ces observations appellent encore des remarques sur l'hydrographie primitive, véritablement schématique, de l'immense plan incliné calcaire du « Moyen-Atlas » et de la pénéplaine schisto-cristalline des Zaïan, aujourd'hui méconnaissable sous les profondes érosions qui la découpent, mais la plupart des directions de rivières sont visiblement surimposées par une topographie originelle fort simple. Il serait trop long de développer ici le détail de ces remarques, qu'il nous suffit d'énoncer. ..

(') Qu'il faut déplacer de S"^"' à l'ouest.

56 'ACADÉMIE DES SCIENCES.

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. Étude des plantes salées^ pendant la période se produisent des anomalies. Note de M. Tierre Le -âge, présentée par M. Gaston Bonnier.

Dans une précédente Note(^ ) j'ai indiqué que mps arrosages du Lepi- dium sativum devaient être fa ts avec des solutions de chlorure de sodium à coacentrations comprises entre les valeurs C, et C^ : C, correspondant à une concentration inférieure, début de Faction modificatrice sud les plantes, seuil de l'excitation utile; < ;„ correspondant à une concentration plus grande, au-dessous de laquelle la plante vit et donne des graines capables de germer convenablement, et au-dessus de laquelle la plante | eut encore vivre, mais ne donne plus de graines ou en donne qui sont mal conformées et incapables de bien germer. Je ne connais pas encore d'une façon précise ces limites; mais, dans les diverses cultures que j'ai faites jusqu'à présent, jesjis resté entre ces valeurs, puisque j'ai obtenu des modifications dans les plantes et des graines germant suffisamment bien et provenant de ces plantes. Toutefois, en 1919, j'ai craint d'avoir dépassé C,„ eu emplosanl l'une des concentrations à i4 pour 100 de NaCl, ce qui a eu pour résultat, cette année-là. une production de plantes à très petit nombre de graines convenables et ne germant qu'en faible proportion. En conséquence, j'ai cru devoir diminuer, eu 1920 et en 192 1, le maximum de mes concentra- tions, mais je vais essa\er à nouveau, en 1922, lasolutiimà i4 pour 1000 en modifiant un peu mon procédé d'arrosage, pour chercher à me rapprocher le plus près possible de la valeur C„,, sans la dépasser, afin d'avoir le maximum d'action utile sur les graines.

Au point de vue de l'action de ces arrosages salés, on serait tenté de rap- porter les différences entre les plantes témoins et les planles salées, à des différences dans l'absorption de l'eau comme conséquence du jeu inégal de l'osmose. On serait d'autan I mieux tenté de le faire que les cultures en plein air, pleine terre, ont présenté entre elles, en 1921, année de grande séche- resse, des différences comparables, dans une certaine mesure, à celles qui se manifestent entre les plantes cultivées en pots, sous châssis, salées el non salées, en ce qui concerne la taille, le nombre relatif des grosses graines, leur poids et même la forme plus ou moins dodue.

Cj PiERRK Lesage, Ptonles salées et période des anomalies (Comptes rendus, l. 172, 1921, p. 82 ).

SÉANCE DU 3 JANVIER I922. 67

Cependant il peut, il doit y avoir une autre action, parce que le NaCl n'intervient pas que dans l'absorption, il doit intervenir à l'inlérieur de la plante puisqu'il y pénètre. En effet, les auteurs signalent ce fait enlriême temps que des variations de quantité suivant le milieu ; de mon côté, en con- sultant mes notes, je vois que desdosagesdu chlore dansles grainesde igiS ont donné : pour les témoins, des traces; pour les plantes an osées à l'eau ialée, 4i7 pour ïoo du poids sec. Les sommités débarrassées des fruits ont encore donné : pour les témoins, 0.17 pour 100 et, pour les plantes salées, 13.07 pour 100 du poids sec. Enfin les dosages dés sommités de plantes de 1920 ont fourni les proportions suivantes pour cent de la matière sèche (') :

F.HirlOOdeK. Pour 100 de .\a.

^, . ( a l'eau de source i , 10 o,5o

Plantes arrosées < . 1 ^ ,n, r. , o

I d }•?. pour 1000 de \a(^l 1 .90 4; jo

Il ressort de lexamen de ces derniers nombres que les plantes arrosées à 12 pour 1000 de \aCl absorbent 8 fois plus de sodium que les témoins. 11 est encore intéressant de faire remarquer que la présence du NaCl dans les arrosages paraît avoir pour résultat l'entraînement dans la plante dune plus forte proportion de potassium. Quoi qu'il en soit, la pénétration du sel dans les plantes doit avoir des conséquences qui sont loin d'être établies.

Dans la Campagne de 1921, j'ai retrouvé des différences déjà signalées entre les plantes salées et les plantes témoins, dans le cycle évolutif et la taille de ces plantes, dans le nombre relatif des grosses graines et leur poids, et dans la forme plus ou moins dodue de ces graines. En ce qui concerne ce dernier caractère^ voici de nouvelles données sur les rapports des dimen- sions, longueui' (L). largeur (/), épaisseur (e) dans des cas typiques :

, \ à l'eau de source i .~o i ,66

rlaïUe'^ arrosées , 1 xt /^, -o

I a r 2 pour 1000 de ;\a IjI i . jo r . 16

Ces données montrent bien que les graines des plantes salées sont plus arrondies, plus dodues que celles des plantes témoins. 11 n'est pas sans intérêt de «lire que celle forme dodue s'est encore manifestée, mais atténu<''e dans la première génération arrosée à l'eau de source des descendants des plantes salées.

(') Tous ces dosages ont été faits avec grand soin par M. Artus, chef des travaux de Chimie et sou--directeur du Laboratoire agricole de la Faculté des Sciences de Rennes,

58 ACADÉMIE DES SCIENCES.

En 1920. j'avais trouvé des fruits anormaux à trois loges en assez grand nombre et quelques fruits à quatre loges, en grande majorité sur les pieds salés; en T921 , j'ai retrouvé ces fruits anormaux dans mes cultures : 65 sur 265 pieds arrosés à Teau sal<''e et 1 seulement sur 90 pieds témoins arrosés à leau de source. Dans les cultures témoins, mais en plein air, pleine terre, et qui ont eu à soulTrir de la sécheresse de cette année, qui mont donné des graines un peu dodues mais cependant moins que celles des cultures salées à 12 pour 1000, je n'ai trouvé que 7 fruits anormaux sur G85 pieds. Je pense qu'il y a lieu de faire ce rapprochement parce qu'il sera invoqué plus tard pour interpréter le rôle des solutions de NaCl au point de vue osmo- tique dans l'absorption de l'eau et pour montrer que ces solutions ne bornent paslàleuj' action, puisque, comme nous l'avons déjà vu, le NaCl est absorbé, et parce que, comme nous venons de le voir, la forte sécheresse elle-même ne provoque pas des modifications aussi marquées que la salure.

Les graines des fruits anormaux de 1920, semées dans trois cultures séparées, ont donné des résultats qu'il faut mentionner. Celles des fruits à 3 carpelles ont fourni deux cultures, l'une arrosée à la solution contenant 12 pour 1000 de NaCl. l'autre arrosée à l'eau de source; la première culture a donné 10 fruits anormaux sur i i pieds; la seconde, i seul sur 22 pieds. La troisième culture, arrosée à l'eau de source, présentait 1 1 pieds provenant des graines retirées des fruits à 4 carpelles; ici, je n'ai pas trouvé un seul fruit anormal. Ces faits sont intéressants parce qu'ils montrent que nous sommes loin d'être en présence d'une mutation ; mais nous y trouvons une modification s'établissant d'une manière désordonnée sous des influences parmi lesquelles celle de la salure doit être considérée. Attendons une deuxième génération pour voir si nous n'y trouverons pas des résultats favorables à la conception de ce que Cuénot appelle « un facteur mendélien récessif » ( ' ).

PHYSIOLOGIE VÉGÉ'J'ALE. La recherche des, pseudo-hases d anthocyanidines dans les tissus végétaux. Note de M. Raoul Combes, présentée par M. Gaston Bonnier.

Willstàtter et ses élèves ont établi une technique permettant de séparer, dans un mélange, les anthocyanidines de leurs glucosides les anthocyanines :

(') L. GuÉ\OT, L'hérédité des caractères acquis (fiei'ue générale des Sciences, numéro du i5 octobre 1921, p. 584 j.

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 5g

lorsqu'on agite avec de Talcool amylique une solution d'anthocyanidine et d'anthocyanine dans l'eau acidifiée, l'anthocyanine reste en solution dans l'eau, tandis que l'anthocyanidiue passe dans l'alcool amylique. D'autre part, ces auteurs ont montré que les chlorures d'anlliocyanidines, traités par l'eau à chaud, perdent leur coloration rouge, se transformant en com- posés incolores auxquels fut donné le nom de pseudo-bases ; ces pseudo-bases incolores, chauffées avec un acide élendu, repassent à -l'état de sels d'antho- cyanidines rouges correspondants.

Kurl Noack (') a entrepris d'appliquer la méthode de séparation des anthocyanidines et des anthocyanines de AA Jllstâtter à la recherche des pseudo-bases d'anthocyanidines dans les tissus végétaux. Il Iraite les tissus parTeau acidifiée, agite le liquide filtré avec de l'alcool amylique et chaniîe en présence d'un acide fort la solution amylique séparée par décantation: lorsque cette solution prend dans ces conditions une coloration rouge sem- blable à celle des anthocyanidines et virant en présence de soude, de carbo- nate de calcium, ^d'acétate de sodium et de perchlorure de fer. il considère que ces réactions sont dues à la présence de pseudo-bases ayant passé dans ralcool amylique. et il en déduit que les tissus traités renfermaient une pseudo-base d'anthocyanidine. Kurt Noack obtient ainsi de'S résultats qui l'amènenl à conclure à la présence de corps se* comportant comme des pseudo-bases d'anthocyanidines dans les feuilles de Polygonum compactum, à' Ampélopsis hederacea, de Cyc/oma, les péricarpes d\^scuhis, les raisins, les pommes el les fleurs de Pœonia.

Au cours de recherches sur les relations existant entre les tannins et les pigments anthocyaniques, j'ai fait des constatations qui amènent à penser que les substances considérées par Kurt Noack comme des pseudo-bases d'anthocyanidines sont des phlobatannins.

Mes i-echerches ont porté sur les feuilles &' Ampélopsis hederacea, les raisins, les pommes et les péricarpes. d'YEj-cw/z/.y Hippocastanum. L'étude des liquides amyliques obtenus comme l'indique Kurt Noack m'a permis de constater que ces liquides rc^nferment des phlobatannins donnant toutes les réactions de coloration attribuées par cet auteur aux pseudo-bases. J'ai caractérisé ces phlobatannins par les réactifs généraux des tannins ainsi que par les réactions suivantes qui distinguent ces substances : formation d'un précipité jaune par l'eau bromée, précipitation par le formol en pré- sence d'acide chlorhydrique, coloration verte par les sels ferriques, for-

(') Kurt Noack, Zeitschrift fiïr Botanik, 10 Jahrg., 1918, p. 561-628.

6o ACADÉMIE DES SCIENCES.

mation d'un précipité rouge de phlobaphène par ébuUition de la solution aqueuse acidifiée.

Ensuite, en opérant sur les raisins de la variété Frankenthal, d'une part, j'ai isolé le phlobatannin contenu dans les fruits encore verts, d'autre part, j'ai préparé la pseudo-base d'antbocyanidine correspondant à l'anthocya- nine contenue dans les fruits mûrs, enfin j'ai comparé les deux corps.

Pour isoler le phlobatannin, les raisins verts, préalablement soumis à la presse, sont traités pendant 5 heures pnr de l'acétone; le liquide, séparé par filtration, est additionné de 3^°' d'éther. Dans c-es conditions, il se précipite une solution hydro-acétonique de phlobatannin. Cette solu- tion, isolée par décantation, est saturée de chlorure de sodium; le liquide se divise en deux couches; la couche supérieure contient la plus grande partie du phlobatannin en solution dans l'acétone; cette solution est décantée et évaporée rapidement dans un courant d'air. Le phlobatannin impur obtenu est dissous dans Feau on le reprécipite par addition de chlorure de sodium. Le précipité est séparé par filtration, lavé à l'aide d'une solution aqueuse saturée de chlorure de sodium, mis en solution dans l'alcool absolu et précipité par l'éther de pétrole. Enfin, le produit obtenu est purifié par trois reprises successives au moyen de l'alcool absolu et reprécipitation par Téther de pétrole.

2^* Pour obtenir la pseudo-base d'anthocyanidine, j'ai préparé l'œnine des raisins en employant la méthode établie par Willslatter et Zollinger : isolement du glucoside à l'état de |)icrat('.cristallisé et transformation en chlorure; l'hydrolyse |iar l'acide chiorhydrique m'a donné le chlorure d'œnidine, qui a été transformé en pseudo-base par chauffage de sa solu- tion a(|neuse.

3" Le phlobatannin de raisins veris et la pseudo-base d'anthocyanidine de raisins rouges piésentent des propriétés communes : le phlobatannin donne précisément toutes les réactions que Kurt Aoack considérait comme caractéristiques des pseudo-bases; c'est ainsi que, de même que la pseudo- base, il se dissout dans l'eau acidifiée et, par agitation de cette solution avec de l'alcool amylique, il passe dans ce dernier solvant, La solution amylique de phlobatannin, acidifiée et chauffée, se colore en rouge par suite de la formation d'un phlobaphène présentant une teinte et des réactions de vi- rage qui rappellent de très pi-ès l'anthocyanidine que l'on obtient en traitant dans les mêmes conditions la solution amylique de pseudo-base. Les solutions aqueuses des deux corps précipitent par chaufl'age en pré- sence d'acide chiorhydrique et de formol. Ces caractères communs expli-

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 61

quent que Kuit Noack ait pris le phlobatannin pour une pseudo-base <'t le phlobaphène qui en dérive pour l'anthocyanidine correspondant à cette pseudo-base. Par contre, les deux corps diffèrent par un grand nombre de caractères : le phlobatannin précipite par le bichromale de potassium, les alcaloïdes, l'eau bromée, il se colore en vert foncé par le perchlorure de fer. La pseudo-base ne présente aucune de ces réactions.

On voit, d'après ces résultats, que les corps que Kurt Noack croyait avoir caractérisés comme pseudo-bases dans les extraits amyliques qu'il a étudiés étaient des phlobatannins, et que les substances rouges qu'il oble- iiail par chauffage en présence des acides et qu'il considérait comme des anthocyanidines étaient des phlobaphènes. La méthode de l'essai â l'alcool amylique, établie par Willstâtter el ses élèves pour séparer les anthoc\ani- dines des anthocyanines, ne peut donc être appliquée à la recherche des pseudo-bases d'anthocyanidines dans les tissus végétaux. D'une façon géné- rale, l'étude d'extraits végétaux, dont la composition est très complexe, par l'emploi de simples réactions de coloration qui, ainsi que nous venons de le voir, peuvent être communes à diverses subslances organiques, ne suffit pas pour conclure à la présence d^anthocyanines, d'anthocyanidmes ou de pseudo-bases dans les tissus examinés; l'extraction des pigments et leur caractérisation opérée sur des produits purs permettent seules d'obtenir des résultats concluants.

AGRONOMIE. De l'influe lia de V orientation sur les succès cir la trans- plantation des arbres. Note de M. Marti\-Zédé. présentée par par M. Bazy.

J'ai l'honneur de soumettre à l'Académie un perfectionnement que je viens d'apporter dans la transplantation des arbres, qui, j'ai heu de le croire, réduira de beaucoup, s'il est appliqué, la non-réussite qui résulte souvent du transport et de la replantation des arbres pris en pépinière. ~

Ayant eu de nombreuses transplantations à faire, à l'île d'Anticosti, de sapins, mélèzes, épicéas, bouleaux, et quoique ayant toujours fait ces opé- rations au moment le plus favorable, c'est-à-dire à la fin de l'automne, quand la sève est arrêtée dans son ascension et la végétation en sommeil, j'ai tou- jours pu constater, Tété suivant, que presque la moitié de mes arbres étaient morts. L'automne suivant. Je faisais de nouvelles plantations pour remplacer les arbres morts et invariablement, malgré toutes les précautions prises, je

02 ACADÉMIE DES SCIENCES.

pouvais constater que dans ces plantations r.ouvelles la moitié des nouveaux arbres étaient secs.

Il m'est venu à l'idée que je commettais une faute d'acclimatation en plantant ces arbres sans tenir compte de leur orientation initiale. L'arbre ayant pris racine dans la pépinière, son tronc et ses branches ayant passé plusieurs années ainsi exposés ou non au soleil selon le hasard de sa nais- sance, devait être transplanté dans des conditions identiques à celles il avait vécu jusque-là. En effet, il est facile de se tendre compte que la partie exposée au Nord et qui ne voit jamais le soleil à l'inverse de celle qui fait face au Midi a une écorce bien plus épaisse qui lui permet de résister faci- lement au froid et aux intempéries; celle qui est exposée au soleil, par contre, a une bien moindre épaisseur-, destinée qu'elle est à ne recevoir que les chauds rayons du soleil et non les morsures de la bise. Si donc nous livrons au hasard l'orientation nouvelle des arbres quand nous les Irans- plantons, sans tenir compte de leur plus ou moins grande adaptation d'ori- gine au froid ou au chaud, nous avons la moitié des chances pour que ces arbres, ne reprenant pas leur orientation primitive, se trouvent en consé- quence, même ne mourant pas, dans de mauvaises conditions de résistance, pendant la période toujours critique de leur transplantation, et dans les années qui suivront.

Muni d'une boussole, je pris donc le soin, avant de les déplanter, de repérer leur orientation individuelle et marquai sur chaque arbre une des branches exposées au Nord d'un signe apparent (bout de ruban quelconque), puis j'opérais la replantation au nouvel emplacement en dirigeant du côté du Nord la branche marquée. J'ai pu constater depuis que, sur le nombre d'arbres ainsi remis en terre, le déchet était insignifiant, ne dépassant pas G à 8 pour loo, tandis que le nombre des arbres secs dépassait autrefois, avant l'emploi de cette nouvelle méthode, souvent 5o pour loo.

Il est possible que le froid rigoureux que nous subissons à Anticosti ait rendu plus effectif mon procédé qu'il ne le serait dans des climats plus tempérés, toutefois je crois bon de le signaler, car je l'ai trouvé raisonnable, simple et peu coûteux et toutes choses égales d'ailleurs, et quelle que soit la région, il doit certainement souvent empêcher la mort de l'arbre transplanté ou du moins le mettre dans un état de meilleure résistance, plus favorable à son développement.

Quand nous considérons le prix que coûte la transplantation des arbres des promenades de Paris et des grandes villes, et les travaux importants que nécessite la transportation de ces arbres dont les troncs ont souvent un

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 63

diamètre dépassant 25*"', quand nous voyons que ces arbres, obligatoire- ment, sont dans les plus mauvaises conditions de développement dus au manque d'air, à la fumée des cheminées et des automobiles, aux poussières nocives des routes goudronnées, aux frictions diverses, etc. qu'ils subissent pour toutes sortes de causes, il semble qu'on ne saurait trop prendre de précautions pour mettre ces jeunes arbres dans l'état de santé et de conser- vation optimum pour leur permettre de résister le plus longtemps possible aux mauvaises conditions dans lesquelles ils doivent vivre, pour qu'ils puissent continuer à nous donner à meilleur compte, la fraîcheur et l'om- brage qui sont la base de l'hygiène des villes et en constituent la plus belle décorration.

PHYSIOLOGIE. Mesure de i excitabilité d' un nei f sècrétoirc : corde du tympan et glande sous-maxillaire. Note (') de NT. etM*"*^ A. Chauchard, présentée par M. d'Arsonval.

Nous avons entrepris l'étude de l'excitabilité d'un nerf sécrétoire. la cordf du tympan. C'est un nerf itératif; M. Lapicque a défini, sous ce nom. les nerfs qui exigent, pour donner une réponse physiologique, la répétition des excitations. Depuis 19 12, avec divers collaborateurs, sui' les vertébrés inférieurs, il a étudié plusieurs de ces nerfs et montré que. dans la mesure de leur excitabilité, la chronaxie est indépendante de la fréquence et du nombre des excitations; elle caractérise le nerf lui-même. Les lois de sommation caractérisent l'appareil auquel aboutissent les fibres nerveuses.

Nous expérimentons sur des chiens aneslhésiés (morphine-chloroforme). Nous a\ons d'abord re'connu que, à dose aneslhésique, ces substances ne modifient pas la chronaxie du nerf. La corde du tympan et le canal excréteur sont découverts suivant la technique classique. Après mise en place d'électrodes inipolarisables, nous refer- mons la plaie opératoire. La région est ensuite recouverte d'une épaisse couche de_ coton et l'animal lui-même enveloppé dans une couverture de laine. Dans ces condi- tions le nerf et la glande' sont maintenus à une température normale.

L'instrumentation électrique est celle qu'a décrit* M. Lapicque (-). Des condensa- teurs de capacités connues sont chargés et déchargés par un cylindre à cames à inter- valles réglables. Les résistances comptant pour le temps sont fixées au moyen d'un

( ') Séance du ig décembre 1931.

("I C. /?. $oc. de Biol.^ aS décembre 191 1; Comptes rendus, t. iao, 1912, p. 70

64 ACADEMIE DES SCIENCES.

shunt. La source consiste en une série d'accumulateuis reliés à un réducteur de poten- tiel. Ce dispositif permet de faire varier Fintensité, la durée, la fréquence et le nonabre des excitations.

Influi'inc de la diirè.e des c.ic citations. La fréqtience et le nombre des excitations restant invariables, on cherche le seuil pour des capacités va- riables, l^e résultat peut se résumer comme suit :

Pour des capacités faibles, le voltage nécessaire pour obtenir le seuil esl 1res élevé. Le voltage décroît quand la capacité augmente, et cela, jusqu'en un point l'augmentation de la capacité n'a plus d'inlluence sur le voltage. Le calcul de la quantité <'t de l'énergie mises en jeu à chaque excitation montre que la quantité croît avec la capacité et que l'énergie passe par un minimum. Voici les chiffres d'une expérience.

9 mars. Chien de 17''^, Nombre des excitations : 36. Intervalle entre les excita- lions : V de seconde.

Capacité

. \

oit

lye liiuiQa

re

Quaiilili

Énergie

en inicrofai'ads.

en volts.

eu

10"'' couli

)ni

h.

en

10 ''joule

0,4

I ,2.5

0,5

<»,3l

0,3

1,35

f.,4

o,-^-

0,^.

f ,5o

0,3

0,235

0,1

Tj

r. , 0,

0,20

r»,o5

3

0 , 1 .5

0,226

Tout se passe comme dans l'excitation du nerf moteur. On peut donc, comme dans le cas de ce nerf, déterminer directement la chionaxie. On cherche le voltage nécessaire pour obtenir le seuil en courant constant (rhéobase ) avec un nombre d'excitations et un rythme déterminés. Puis, avec un voltage double, on cherche une capacité qui redonne le seuil. Le produit de cette capacité par le coefficient expérimental 0,37 et par la résistance du shunt qui, dans nos expériences, a toujours été de l\ooo ohms environ, fournit la valeur de la chronaxie.

Dans une série de 20 expériences, la chronaxie de la corde du tympan s'est toujours, sauf dans un cas, maintenue voisine de o%ooo4, chiffre qui n'est pas modifié quand on fait varier la fréquence ou le nombre des excitations.

Nombre des excitations. . La capacité et la fréquence restant inva- riables, on détermine le voltage liminaire pour des excitations de nombre croissant.

Le voltage décroit quand le nombre des excitations augmente. La courbe qui exprime le phénomène s'incline d'abord assez rapidement vers l'axe des

SÉANCE DU ') JA.WIER 1922. G5

abscisses, puis, pour des nombres élev«'s, tend à devenir parallèle à c«'L ave A partir d'une certaine valeur, le nombre des excitations n"a plus d'intluence sur le voilage. Il est à remarquer qu'on arrive à ce résullat pour un nombre d'excitations de Tordre de la centaine ri'parti en i6 secondes: le pouvoir de sommation est donc fort élevé. Exemple :

Expérience dit 1- février. (Milieu (ie i S''?. Caparité o,3 microfarad. Iiilfi\ nlle (les excitation- ~ de seconde.

\ombre des excitations.. . \ oltac;e liminaire

G

\'.\

•4

3G

Go

9<>

î 'i

9

3

1.3

"••.»

(..S

Fréquence des excitations. Le nombre des excilations el la capacité restant invariables, on chercbe b- voltage liminaire pour diflércnles fré- quence?.

(Juand on augmente l'interxalle entre les excitations, le xuliage s'accroît. La Courbe d'abord parallèle à l'ave des fréquences, les rytbmes rapides influençant faib'emeni le voltage, remonte ra})idement pour les rvthmes lents pour lesquels elle tend à devenir parallèle à Taxe des vo!tagc>. Exemple :

Expérience du i:? avril. Chien de 17''^. Capacité o,35 microfarad. Noml^re des evcilations 36.

Intervalle en seconde ,' ^ ', l i

Noltape liminaire -2,65 3,65 2,8 4-5 >> 20

Les recherches que nous venons d'exposer constituent la première déter- mination ((uanlitative de l'excilabililé d'un appareil secrétoire. iVous constatons que les lois <pii n'-gissent cette excilabililé rentrent dans la formule générale des nerfs itératifs. Il dexient possible d'<''tabiir une compa- raison avec ceux qui ont été étudiés par Lapicque et ses collaborateurs chez les Batraciens.

La chronaxiedesxaso-constricteurs el des inhibiteurs cardiaques mesur('-e chez ces A ertébrés à sang froid a élé trouv(''e égale ào\oo2; la chronaxic de la corde du tympan est notablement plus petite, mais l'écart paraît de peu d'importance si Ton tient compte de la difféi^ence de température entre les Batraciens et les Mammifères.

Si l'on compare le pouvoir de sommation des divers organes éi.udi<'-s, celui de la glande salixaire est bien plus grand (|ue celui de la moelle prise comme centre réflexe; il est moindre 'que celui des ehromatophorcs étudiés par M"*" Ko^nigs. Il se rapproch*- de celui de la Innique contractile des \ aisseaux.

G. R., 199 j, I" Sp/nps/rp. (T. 17'i, N"!.) ^

1)6 ACADÉMIE DES SCIENCES.

CiilMlE PHYSIOLOGIQUE. Le venin dès fowmis ^ en parùcuUer V acide formique. Nole(')de M. IIobkrt Stumper, pirsenU-o par iM. E.-L. Bouvier.

Dans celte note nous j'ésninoiis nos reeheiclK's chimiques sui' le venin des fonimis, notamnaent sut' l'acide foi'ini(|uc \ coiilenu. jNous avons làelié avaut. tout d'apportei' un peu de Iinnière dans nos connaissances aussi confuses qu'incomplètes sur re. sujet. Généralement on alliihue raclion toxique (le ce Nenin à l'acide formique; d'autres, par exemple von Kiiith, Kobert et Panst. critiquent une telle assertion. yVvanl d'entier dans le vif de la question, il est indispensable d'exposer succinctemeni la morphologie (le l'appareil venirnpux des Formicides.

Tontes les fourmis, à rexce|)li(>n des mâles. |)()ssèdenl nn organe veni- meux. comp(>S('' d'un dard el d'une glande à venin. Chez les Ponerina\ Myruiicind- el DoryUnxv^ le dard est bien développé: chez les Campono- lime, le (lard est rudinientaire, mais la glande est bien développr-e; qnani aux Dolichoderinœ. le dard et la glande à veniii son! rudimentaires. mais elles possèdent des glandes anales dont la sécr(''tion odorante et ginanle constitue la partie la plus eflicace de leur jéaction prolecirice.

Nos études ont pour objet la recherche et le dosage de H. COOH dans le venin de diir(M^entes fonrmis, afin d'établir une relation entre la forme de l'appareil vénénilique et la pro ludion d'acide formique. La première ques- tion que nous nous sommes f()rc('' de résoiidre ('tait de savoir si le venin des fourmis contient, à C(')lé de H.CO()H. d'autres acides libres. La méthode employée était cède de Duclaux (-), dont le principe est le suivant : les acides organiques (en solution <^ -i pour loo) distillent d'une fa(;on rigou- reusement caractéristique pour chaque acide. On n'a qu'à sinvre la marche de la distillation en titrant racidit(^ des lo""', 20""', 3o""', etc. de liquide distillé et en calculant l'acide pass('' en centièmes de l'acide total, le \olume initial étant toujours 1 10""'. on bien en calcidant l'acide pass('' à la distilla- tion en pour 100 des loo""' de distillai. De ces deux manières on obtient une série de nombres caractéiisliques de l'acide en question. Des écarts notables avec ces nombres ré\clent la présence soit d'un, soit de plusieurs autres acides.

Nous avons soumis à la distillation : un extrait aqueux de Formica

(') Séance du 2- décembre 1921.

( ■') M. DrcLAVx, Traité de Microbiologie^ t. II.

SÉANCE DU 3 JANVIER I922. 67

/•Il /'a, la. fourmi fauve de nos bois, réputée par sa production abondante de H.COOH, et 2" un extrait aqueux de Vataglyphis bicolor, une espèce tunisienne, dont j^ai eu à ma disposition un grand nombre d'individus vivants.

Le Tableau \ rc'sume les résultats obtenus en calculant l'acide passé en |)0ur 100 de l'acidité des 100'^"'' de liquide passé à la distillation.

Tarleai

I.

Nom lire de cm

/ nifii.

Acidité

\(

('(ihigiyjiln

[s hiiulur.

Veidilé

jirilire de cm

de NaOIl

en pour lUO

de ^ilOH

en pour 100

\ 10 lus

de l'acide

\/10 lus

de l'acide

II.CUOU |)iir

Uuanlitf'

sur

des lOOcm-'

sur

des 100'"''

( nombres

distiller.

la burette.

de dislill.

la liuretle.

de dislill.

de Duelaux ).

0.

h.

r.

d.

e.

,/'.

rin"

10

cm-'

"•99

5,8

cm'

o,3o

5,54

5,9

20

•i,o8

12.5

0,62

11,3

12,2

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. 3 ,25

19,^'

1 .00

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19, r

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4 ) "j 4

26,5

1,37

25,3

26,3

5o

5,90

34.5

1,80

34,3

34,3

60

7,43

43,5

t

2,36

43,5

43,^

7"

9-3i

54,3

2,9'^

53,8

52,7

80

11,43

66,8

i

3,57

62 , 2

65 , 3

9f>

14,43

82,2

4-37

79' 95

79<9

100

17,10

100

5.42

lOd

1 00

(110)

29 . 60

9, 20 (cale.

)

L'inspection de ce Tableau, notamment la comparaison des colonnes r, c el /', dénionlre une concordance parfaite avec les nombres de Duelaux, de sorte (|ue nous souiiiies en droit d'iiïférer que le venin des fourmis soumises à Tétude ue renferme, comme acide volatil libre, que H.COOH. Toute- fois, il est à remarquer que la théorie de la dissociation éleclrolytique ei la loi des masses nous font pré^oir la présence d'au! tes acides, à condition (lu'il yaitdesanioiis, parexemple Cl, SO''. PO\ Cependant la méthode de Duelaux n'en a pas ré\ élé la préseuc<', de sorte qu'on peut dire que le \euin des fourmis n'eu reuferme que des quantités néoligcables.

68 ACADÉMIE DES SCIENCES.

BIOLOGIE. - Sur les caractères c/' un Hybride issu de F union (F un Canard musqué mâle (Cairina moschala Flem.) et d'mie Oie d' Egypte femelle (Ch-'iialopes a'gypticus Eyt.). Noie de M. A. Lé<:aii.lon. présentée par M. Hcnneguy.

!*ar suite de la promiscuité dans laquelle se trouvaient, au jardin zoolo- g-ique de Toulouse, un couple d'Oies d'Egypte et un Canard musqué mâle, naquit, en 11)17, une couvée qui contenait, outre les petites Oies normales, un liybi'ide qui vit encore aujourd'hui et dont j'ai pu étudier les mœurs, les caractères morphologicpies externes et la coloration spéciale du plumage. Le Canard musqué et l'Oie dlOgyple appartenant à deux espèces très nette- ment distinctes et mémo assez éloignées l'une de Tautre dans la classifica- tion, l'examen des caractères spéciaux de l'hybride qu'ils avaient produit ne pouvait manquer d'intérêt. Voici les faits principaux qui résultent de mes observations :

Dès sa naissance, le jeune hybride différait des petites Oies nées en même temps que lui par sa coloration générale jaunâtre, caractère montrant sa parenté avec le Canard musqué, dont les petits sont presque totalement jaunes. Au bout de quelques jours, la femelle d'Oie d'Egypte commença à frapper violemment, avec son bec, le jeune oiseau, tandis que, comme d ha- bitude, elle se montrait, pour le reste de la couvée, extrêmement dévouée (chez rOie d'Egypte les deux sexes soignent leur couvée avec une sollici- tude remarquable). J'attribue la cause de celte altitude non pas aux faibles dilïeiences d'aspect qui existaient alors entre le peiit hybride et les oisons, mais à Tode-ur spéciale que le premier de ces animaux exhalait (la chair du Canard musqué maie est de même peu appréciée à cause de sa saveur peu agréable).

L'hybride adulte, qui est du sexe mâle, a une physionomie qui le dis- tingue très nettement des deux espèces dont il est issu. IVjurtant. si l'on examine avec soin ses divers car.iclères, on en trouve facilement qui le rap- prochent d ivantage tanlot de l'une, taulol de laulie. Sa taille est plus considérable que celle des Oies d E^^y ne et éqiivariLÙ celle du ('aiiard musqué mâle (lequel est pi us gros que la femelle). Le port de l'animal le fait ressembler davantage à l'Oie d'Egyjjte (chez le Canard musqu('' le corps occupe, pendant la marche, une position à peu près horizontale et rase presque le sol, tandis que chez l'Oie d'h^^gypte il est très relevé en avant et se tient, par suite de la forme de la patte, beaucoup plus loin du sol).

SÉANCE DU 3 .lA.WIEK I922. 69

L'hybride ost muet, comme le Canard musqué, tandis que les deux sexes, chez l'Oie d'Éu^ypte, poussent des cris perçants, il est très combaltif et s'attaque à des oiseaux de grande taille tels que les Cygnes noirs. Sons ce rapport, il ressemble aux Oies dÉgx pte, dont !e mâle, à l'époque des cou- vées, poursuit les chiens et même les personnes qui passent [)ii''S de lui.

Dès que r hybride lui adulte, il s'apjjaria avec une femelle d'Oir dM^gypte, l'i le couple, bien qu'ayant toujours été infécond, 11e se désunit pas au cours des ti'ois aimées suivantes. Les deux oiseaux s'envolaient, toujours ensemble, jusqu'à des distances de plusieurs kilomètres el reve- naient chaque jour dans le jardin ils trouvaient leur nourriture. A ce point de vue, riiybride se comportait comme le mâle d"Oie d'Egypte, lequel leste indr-niiinient uni avec la même femelle.

En ce qui concerne la coloration du plumage, on ])eut dire que, sur la r«''- gion dorsale du corps, 1 h;ybride ressemble davantage au Canard musqué, tandis que. sur la face ventrale, il se rapproche plus de l'Oie d'Egypte. Mais sous ce rapport il n'y a pas identité complète. La couleur blanche manque presque complètement chez lui, tandis que ditns les deux sexes de l'Oie d'Egypte ilv a, sur les ailes, une large bande blanche coupée d'une ligne noire et, chez le Canard musqui-, des plumes alaires blanches également très caractéristiques.

L'aspect de la tête et du bec est aussi caractéristique II u"y a. sur le milieu de la tète, aucune de ces plumes érectiles qui distinguent le Canard musqué mâle. De plus, tandis que chez le Canard musqué les parties cuta- nées épaissies, de couleur rouge vif, dépourvues de plumes, qui recouvrent la base du Bec et les côtés de la tête (jusqu'au delà de Tceil) sont extrême- ment développées, elles sont à peine indiquées chez Thybride on les dis- tingue seulement autour de la b ise du bec.

Enfin, aucun des groupes de plumes de ciuleur marron que l'on trouve chez les Oies d'Lgypte (autour des yeux, autour de la base du cou, sous la partie thoracique) ne se rencontrent chez l'hybride.

Il résulte de cet ensemble de faits que l'hybride dont il est ici question se rattache incontestablement par certains caractères aux deux espèces qui ont fourni les deux: progéniteurs desquels il est issu. Mais il a néanmoins aussi des caractères spéciaux qu'il ne serait pas toujours facile de considérer comme interinédiaires ent^re ceux de l'Oie d'Egypte et ceux du Canard mus- qué. On ne pounait le regard'-r com ne constitué par une mosaïque de ca- ractèr >s dont les uns sei'aieni identiques à ceux du père et les autres iden- tiques à ceux de la mère.

70 ACADÉMIE DES SCIENCES.

BIOLOGIE. Sur ^indépendance de la glande séminale et des cniac- Icres sexuels secondaires chez les Poissons. Elude expérimentale ( '). Note de M. R. Courrifjr, présentée par M. ^^ idal.

En été, ri']pinoche iiiàle se dislinjj;ue de la femelle par deux caractères sexuels secondaires bien nets : une pigmentation rouge de l'abdomen et une sécrétion muqueuse des cellules rénales. A ce moment les ampoules spermaliqUes du testicule renferment un nombre si considérable de sperma- tozoïdes qu'à un premier examen on ne voit que ces éléments. Il faut étudier attentivement les préparations pour découvrir dans le fond des ampoules quelques rares spermatogonies et noyaux de Serloli. Une glande intersti- tielle abondante existe entre les tubes séminifères.

Ce Poisson, capturé en hiver dans une eau de à de température, ne possède plus ses caractères sexuels secondaires. Il ne se distingue plus de la femelle par la coloration de sa robe et son rein ne présente plus la sécrétion si caractéristique que Ton observe au moment du rut. Quelques mâles cependant ont encore une teinte rose pâle sur l'abdomen. L'examen bisto- logi(]ue du testicule montre qu'à cette période de Tannée les ampoules séminifères sont distendues par les éléments de la lignée séminale qui sont tous présents.

Il y a spermatogénèse et spermiogénèse. Mais tandis que les spermato- gonies et les spermatocytes existent en assez grande quantité, les spermies sont plus ou moins nombreuses; en tout cas il en existe beaucoup moins qu'en été. On peut trouver parfois dans les espaces interstitiels quelques rares îlots de cellules glandulaires, en particulier au voisinage du bile. Ces Ilots se remarquent surtout chez les mâles qui ont une teinte rose. Cette simple observation fait déjà soupçonjier que la glande séminale ne condi- tionne piobablement pas les caractères sexuels secondaires, puiscjue nous \ oyons qu'elle est en activité en hi\er quand le^ différences sexuelles font défaut.

Cependant cette eonelusion ne s'impose pas, <ar les conditions ne sont pas les mêmes qu'au moment du rut. A cette époque il y a en etïel beaucoup plus de spermatozoïdes dans le testicule: d'autre part les facteurs nourrilure, lumière et chaleur, sont difîérenis dans les deux cas. La question lumière

(') Voir les ISVjies antérieures : Comptes rendus, t. 17:i, ^3 mai 1921; C. R. ^oc. Biol.^ 8 juillet et i- novembre i«).h.

SÉANCE DU > JANVIER IL,1>2. 7I

mise à pari, on peut par rexpérimcnlnliou se placer clans les mêmes cniicli- lion qu'en élc au point de vue de la température el de Falimenlalion. C'est ainsi que nous avons fait vivre des E[)inothes dans un aquarium à eau cou- ranle maintenue à une température conslanle de 17''. Ces poissons fuient très copieusement noui'ris. Après un mois et demi d'un lel trailemcnl, l'examen montre que la pigmentation n'a pas été influencée. Ou trouve des mâles aussi pâles que les femelles et d'autres qui présentent sur l'abdomen la teinte rose déjà signalée chez les animaux témoins. Le rein ne révèle aucun chang^ement d'aspect; il possède la structure d'un i-ein de nfiàle normal d'hiver ou de femelle. Majs le testicule est grandement modifié.

Les ampoules spermaliques montrent une structure absolument id<'n tique à celle qu'elles ont durant Tété. Elles sont bourrées de spermatozoïdes et il ne subsiste que de rares ilols de spermatogonies et de spermatocytes comme en période de reproduction.

Nous n'avons [)as observé de changement au niveau dos espaces intertu- bulaircs ('): on peut trouver parfois de petits amas de cellules interstitielles comme chez les animaux témoins.

Grâce à l'aclion de la chaleur, nous avons donc pu obtenir une glande séminale ayant une structure homologue à celle qu'elle possède en été. Les ampoules renferment autant de spermatozoïdes qu'au moment du rut, et pourtant aucune action ne fut enregistrée sur les caractères sexuels secon- daires. Mais ici une distinction est nécessaire. L':s conditions ne sont pas les mêmes qu'en été pour les cellules pigmentaires. el si les hormones sexuelles jouent un rôle dans la pigmentation, il n'est pas exclusif. On sait en effet que la lumière, la chaleur, le frottement, la coloration du fond, l'ablation des yeux, etc. ont une ai'tion sur les chromalophores (-). Laissons donc de côlé ce caractère sexuel secondaire à déterminisme complexe et ne considérons que le rein. Il est fort probable que la lumière et la coloration du voisinage n'exercent aucune action sur cet organe. Au cours de notre expérience, il se trouve donc dans les mêmes condilions qu'en été. On peut dire alors que si la scciétion parliculière que pi-éscnlent les néphrocytcs.à- l'époque du rul était provoquée par une hormone issue delà glande séminale, elle devrait apparaître chez les animaux en e.\[)érience, puisque Icur> ampoules séminifères ont une structure identique à celle qui existe au moment de l'activité .génitale.

(') Nous pensons, d'après (le> recherches en couis, qu'en fai-anl durer l'expérience plus loMglemps nous pourrons obtenir ia formalion dune glande inlersiiiiellc hieii développée, ainsi que l'apparilion de la sécrétion parliculière tlu rein.

(■-) Voir les travaux de lle-se, \ . Friesch, Kopéc, Hirschler, etc.

7^ ACADÉMIE DES SCIENCES.

f^a seule différence à noter entre le tcsiicule des h^pinoches màlcsà carac- Lères sexuels secondaires el celui d^'s mâles ne possédant pascps caractères esl la présence des cellules interstitielles dans le premier cas et leur absence dans r-autr<'.

Conclusions. I . Par Taction de la chaleur, on active les divisions sper- malo^énétiques dans le testicule de TÉpinoche d'hiver cl Ton ohlicnl d<-s ampoules séminifères ayanl une structure entièrement identique à celle qu'elles possèdent en été ( ').

1. Lu glande séminale, formée en qualité el en quanlilé des mêmes consli- luants qu'au momc^nl du rui, ne provoque pas l'apparition des caractères sexuels secondaires et en parlicidicr la sécrétion spéciale du rein, bien (pie cet organe se Irouve dans les mêmes conditions de température et de nutri- liou qii'eji été (-).

:>. Les deux caractères sexuels secondaires de l'I^pinoche ne réagissent pas de la même façon à l'hormone sexuelle: il semble y avoir une différence quantitative La , quantité d'hormone capable d'influencer les chroraato- pliores |»araît devoir être moins grande que celle qui esl nécessaire à la r(''aclion des néphrocyles.

CYTOLOGIE. La régulalion du nombre des cltromosomes chez les em- bryons p(wlhénoirènèliqii€s de Grenouille rousse. Son mécanisme. Note de M. li. HovAssH, présentée par M. F. Mesnil.

Conliimant des données de Br.ichet, Henneguy, 1{. Goldschmidt et J. Loeb, nous avons signalé antérieurement (') une aulorégulation du nombn; des chromosomes chez une partie des embryons de Grenouille obtenus par le procédé Balaillou.

De nouveaux élevages nous ont apporté une série de détails complémen- taires. Cent (jimrante nouveaux embryons ou larves ont ("té étudiés cytolo- giquemcnt : sur cet ensemble, -fi ont reconstitué leur nombre 'in (2^);

(') L'action de la ciialeur sur la di\isioii cellulaire esl bien connue. Audigé pense cependant que la température n'a qu'une très faible action sur l'activité sexuelle des Poissons. Bounliiol et Froii ont vu au contraire que les conditions thermiques ont une action sensible sur la ponte de quelques Poissons d'Algérie.

("-) S. Kopéc attribue l'apparition de la livrée nuptiale chez le Vairon à la quantité abondante de sperme ^e trouvant dans les glandes génitales au moment du rut.

(•^) R. HoVASSE, Le nombre des chromosomes chez, les embryons pariliènogéné- Uques de Grenouille (Comptes rendus, t. 170, 1920, p. 121 1).

SÉANCE DU [-i JANVIER I922. 70

65 ont p^arclé leur nombre haploïde Ti-i ); enfin, parmi toutes ces ébauches, i4 ont nionlré une réi^ulation aberrante.

La ui;(.iîL.vTi().N. Elle est générait' : dans les cas normaux, il semble que tous les noyaux, cju'ils proviennent d'un lissu somalique ou g-énital, ont reconstitué leur nombre diploïde, ainsi que le montre la constance approxi- mative des diamètres nucléaiies, idenliqiic à celle qui s'observe chez les ébauches normalement fécondées.

La régulation est pi'écoce. >yous l'avons constatée sur une morula ayant 7 heures d'évolution. Cependant, il ne semble pas cjue ce soit lecas pénéral. Si l'on compare le nombre des eud)ryoiis et larves non régulai isés au nombre total des ébauches, successivement dans les stades jeunes (de 7 heuM>s à 24 heures d^i'^volulion) et à des âges plus avancés (de 4 jours à 8 jours), on obtient des ri-sultals dilTerenls : 63 pour 100 dans le premier cas, 36,9 l'our 100 dans le second. Le nombre des régularisés augmente donc avec rage des ébauches.

Il ne semble pas, d'autre part, que, au moins au début de révolution, la mortalité des embryons haploïdes soit plus forte que celle des régularisés, la régulation continue donc à se faire au moins dans le début de la segmen- tation (stades morula et blastula).

Certaines régulations anormales confirment du reste celte hypothèse. Dans quelques larves, le caractère de généralité fait défaut : on observe par exemple des îlots cellulaires à éléments diploïdes. enloui'és de toutes parts de cellules ayant conservé leur nombre haploïde, ce cju'il n'est possible d'expliquer que par une régulation tardive.

D'autres larves anormales présentent soit un nombre de chromosames très faible : de 3 à 8 par exemple au lieu d'une douzaine, ou bien au contraire un nombre considérable de segments chromatiques. Daus l'un de uos œufs, chacpie cellule a un nombre de chromosomes voisin de 100. Il est intéiessant de remarquer (pie des anomalies idenliipies à cette dernière se retrouvent chez l'Abeille mâle, dans les blastodermes parthéiiogénétiques des Oiseaux, enfin chez les larves d'Oursin obtenues par des procédés chimiques.

Le MÉCAMSMi: i;i;(,u],Aii:LK. La régulation n'est pas le résultat d'une fusion du pronucleus femelle avec le second globule polaire non émis, ainsi que l'a montré Uataillon, et que le confii-me d'autre part la continuité de la régula- tion au début du développement. Le mat''riel étranger introduit dans l'œuf par la piip'ire, bi^n qu il puisse parfois se fusionner avec le noyau femelle^ ne joue égaleinent aucun rôle dans l'ai gmentation du nombre.

Bovcri, puis récemment Herlaut, ont tent<'' d'expliquer la régulation par

^4 ACADÉMIE DES SCIENCES.

le jeu d un iiioiiasler qui augmentera il le nombre et se Uansfornierail ensuite en diaster, La sej^mentalion dé])ul'^rait alors avec un nom])re double ou quadruple de chromosomes. Celle hypothèse exige un relard au début de la segmentation, relard qui. en fait, ne se constate pas le plus souvent ; ou bien, s'il se constate, se montre totalement indépendant de la régulation. L'hypothèse nous semble donc insuffisante.

Nous avons observé dans quelques œufs, (lyanL tous le nombre, haploïde. une division anaphasiciue des chromosomes, suivie du resle par une dissolu- tion complète de leur substance lors de la télophase, dissolution ( jiii dépouille ce fait de sa finalité apparenle. Nous considérons celle division simplement comme l'indice d'une augmentation de la quanlilé dechromalinc nucléaire, au\ dépens des produits nucléiques que l'on sail exister dans le cytoplasma des œufs aussi bien d'oursin (Masing)que de grenouille [ Fauré-Frémiet et du Vivier de Slieel (')]• Cette au^'uieutatiou est la conséquence' d'un équilibre de parla^e qui tend à s'établir enlre cette chrouiaiine cyloj>las- mique et la chromaline du noyau. C'est d'elle que dépend vraisemblable- ment rautorégulaliou du nombre. Les varialions quantitalises probables de la cliromaline cytoplasmique permettent d'expliquer les divers cas observés : rès,idalion quand la réserve est suffisante pour combler le déficil initial; non-iégulation dans le cas contraire, ainsi que les divers troubles enregistrés.

PARASlTOLO<iiE. Coccidies d'oiseaux palustres. Le genre Jarrina n. g. Note (-) de MM. L. Léger elE. Hesse, présentée par M. Henneguy.

Nous avons trouvé de façon à peu près constante, dans l'intestin des Foulques, Fulica alra V.. (oiseau de matais, désigné ordinairemeul m»us le nom de « Macreuse » dans le midi de la France) et, plus rarenieiil , dans c<'lui des Foules d'eau, Gadinula chloropus L., une petite Coccidié du grou[)e des Eimeridœ, bien caractérisée par la forme très spéciale de ces ookystes ovoïdes, avec large goulot à l'un des pôles {fig- 6) età paroi ponctuée par de fins cauaiicules. Nous pi'usons que ces caractères si particuliers justifient la création d'un i^enre nouveau que nousa|)pellet oris .Mr/'zV/rt (diminutif de Jarra, petite jarre), perinettant ainsi de distinguer ces formes si spéciali'S

(') Fal:ué-1'*r(^;miet el ou \nn;it ut Sikkel, Composition cftiwique de l'œuf et dv Ir tard de W. teniporaria L. iConipti^s lendiis. t. 1/3. lo'^f, p. 6i'^). (-) Séance du 'i- décembre iQ'^i,

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. '^5

(le> iiombreusrs Hluncria \\ ook\stes lisses, sphériqucs ou ovoïdes à [lôli-s st-mblables. Pour ceux qui, comme Liihe et ] htllciii, tieimeul a conserver le genre Eimeria sensu lato, ce nouveau genre serait à considérer comme un sous-genre de ce dernier; mais si Ton adopte avec les auteurs la sous famille des Eimerinœ. la conservation du g^^nre Eimeria s. l. parait bien su])erflue, puisque ses caractèirs se confondent alors avec ceux de la sous-familb- dont il serait [)erpétuellement l'uniqu»' représentant, comportant toujours soit de nouveaux sous-geures, soit d'innombrables espèces ce qui n'est pas fait pour faciliter les études de systématique.

Déjà Labbé en 1893 a décrit, sous le nom de Coccidium (Eimeria) rosco- viense^ une Coccidie à o<ikysl<' tronqué et à spores |)iriformes, commune dans les Échassiers de rivage, et qui devra vraisemblai)lemeril rentrer dans notre genre Jarrina. De même, sans d(mte aussi, la Coccidie de r<Jie (C. Iruncatum), décrue en 1891 par Raill<'t et Lucet et, comme la précé- dente, incoimueau point de vue de son évolution. Aous ay\ïe\\rro\\s Jai-rina paiudosa notre espèce qui est caract<''risée par ses spores ovoïdes à pôles semblables.

Description. Nous n'avons observé que rarement les stades de schizo-

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Jarrina padulosa. Fig. 1 à 7 x 1200: 1, Schizoïile; 2, Miciogamétocylc; ;j, MàcrOgamètc ; i, Fécondation; ô, Ookyste stade de repos: (i, Ookysle inùr avec 4 spores; 7. Ookysle vide; S, Spore < 1700 : 9, coupe opli.fue In-s grossie de la pnroi de Tookyste montrant les canalicules.

goniedans l'intestin des Foulques. Les scbizonles adultes sont silués dans les cellules épithéliales enire le noyau et le plateau. Ovoïdes ou subsphé- riques, ils mesurent en moyenne lo!^, leur cytoplasnia est chromopbile v.\ nous avons compté jusqu'à 32 noyaux (fig. i). Nous n'avons jusqu'ici rencontré qu^un seul bouquet de scbizozoïles, arqués et effdés a\ec quelque?; grains chromatoïdes.

Le< microoramétocvles, silués de même dans les cellules épithéliales^ sont

^6 ACADÉMIE DES SCIENCES.

ovoïdes, de 9'^'X y'"*', l^eur eytopla&iha clair esl cotiveit de nombreux îi(»y;iiix petits et virgiiliformcs^//^. 2) donnant des niicrogamèles filiformes dn t}'])e Eimcricï.

Macroga mêles et ookystes se rencontrenl plus connnunéin('nt que les stades précédents. Nous les avons toujours trouvés en gi-and nombre en été dans les Macreuses de la Camargue et les marais (]*- Tunis, I^es jeunes macrogamèles sont ovoïdes, puis de\iennent spbérjques au terme de leuj' croissance. A ce moment, le macrogamèle, qui atteint 12^^', distend consi- dérablement la cellule en refoulant et conq)rimanl le noyau dans la partie basale {fig. 3). Son cytoplasma granuleux esl cbargé de corps cliroma- loïdes spbériqnes ou arcjués, cpielquefois sous forme de fiUiments parallèles. Le noyau est centrai avec un gros katyosome. Au moment de la féconda- tion qui semble s'ellectuer alors que le parasite esl encore dans la cellule- hôte, le noyau s'élire et vient au contact de la surface {fig. 4)- Anssiiôl après, le macrogamète subir une contraction et devient ovoïde en jnêmc temps qu'il sécrète une épaisse paroi, sauf au pôle supérieur (correspondant au plateau de la cellule) celte paroi se rétracte, limiianl un assez large orifice autour duquel elle se replie en foiuiHut un bourrelet circulait e qui bordei-a le goulot de l'ookyste {fig. 5). Ce goulot n'apparaissanl, av<'c la paroi, qu'après la fécondatioti, ne peut donc être interprété comme un micropyle.

Ainsi formés, les ookystes, abandonnant les débris de la cellule-bote, tombent dans la cavité intestinale pour être exj)ulsés à l'extérieur: ils mesurent en moyenne i[\' sur ii^^. Leur paroi épaisse apparaît ponctuée à un foi't grossissement et cette ponctuation est l'expression de fins cana- licules qui la traversent {Jîg. 9). In vùo leur contenu est granuleux, jau- nâtre avec un espace clair central correspondant au noyau. La maturation de ces ookystes est longue (environ i5 jours à 18") et difficile à obtenir, car beaucoup d'entre eux sont la proie des bactéries qui trouvent, sans dont", au niveau dn goulot, une zone de moindre résistance facilitant leur pénétration. Au cours de la maturation, on voit d'abord le contenu se contracter en une masse sporogène spbérique, que deux divisions succes- sives transforment bientôt en quatre sporoblastes également sphériques. Puis, cbacun des sporobla-tes s'allonge pour donner une spore ovoïde. Ainsi se forment quatre spores remplissant toute la cavité de l'ookyste sans masse résiduelle. Au pôle antérieur, sous le goulot, se voit souvent un petit corpuscule brillant, déjà signalé par Labbé cbez L\ roscovieiise (fig- 6 ).

La s[)ore de 9'^' sur 5'^-, à paroi lisse et à pôles semblables, renferme dans

SÉANCE DU 3 JANVIER 1922. 77

sa cavité deux sporozoïtfts avec un petit reliquat granuleux central (/?»•. 8). Dans nos vieilles cultures, nous avons observé un C(>rlain nombre d'ookysles vides. Le goulot avait subi une légère dévaginalion (fig.*-;), ce qui nous porte à penser qu'il représente l'orifice par lequel les spores doivent nor- malement s'écbapper de leur o )kyste, peut-être sous racfKJU d une ])ression interne provoquée par des [»li(''nomènes d"absor|)lion qui se manifesleraient dans, lestomac d'un nouvel bote, grâce aux fins canalicules dont la paroi ookyslique est ciiblée.

DiAGNOSE. Ci. .hirrina n. g. Goccidie Eimeridœ de la sous-famille des Eimerinœ (ookystes à quatre spores dizoïques) à ookystc ovoïde muni d'un goulot à l'un des pôles et à paroi ponctuée.

/. paludosa n. sp. Ookyste de i4''-i5î^x 11'' mûrissant en dehors de l'hôte et donnant sans reliquat kystal quatre spores dizoïques ovoïdes bicu- niques de <^^'- sur 5'' avec uu pelit reliquat sporal granuleux cenli'al.

Habilat : Intestin doiseauxde marais; /^M/?'crtr/;/*<2 (Dauphitié, Camargue, Tunisie): Gaflijiu/a c/iloropiis {Dduplnné).

PATHOLOGIE. Sut^ an cas de moniliase bronchique. \oie de MM. A. ÎSartory el L. Moixson, présentée par M. Guignard.

Kn juin dernier, nous i-olions des expectorations d'un malade suspect de tub'^rculose pulmonaire un cbainpignon du genre Monilia. Aucun autre facleui- éliologique, tel que le bicille de la tuberculose. n'a\a.t pu être mis en évidence dans les crachats.

Syrnptomatologic. C'est en mai dernier que l'un de nous fut appelé en consul- tation auprès de M. V..., 38 ans, ingénieur des iMines, ayant résidé à Paris. Le malade présente à ce moment de la toux avec expectoration sanguine: il manque d'appétit et paraît amaigri. L'éxulutlon ressemble beaucoup à celle de la phtisie ou de la broncho- pneumonie. Le début date de deux mois. A l'examen physique on trouve des râles très nets, du souffle bronchique avec absence complète de murmure vésiculaire; de la crépitation, des frottements pleuraux et, plus tard, des signes de sclérose pulmonaire', l'as d'hémoptysie, mais gène respiratoire intense. C"e-l à ce moment que nous edec- tuons l'examen bactériologique des crachais. L'examen du sang du malade ne révèle rien et l'examen des urines ne pro.-ente aucun intérêt.

Description du champignon isolé. Sur les préparations fraîches, il se présente sous ibrme de cellules arrondies et parfois ovales, mesurant de !\\>- k 6V-.0. Certaines (le ces cellules ressemblent à une toupie. Kous n'avons jamais rencontré de filaments nivcéliens dans les e\pectora lions.

Ciilli/re du champignon. 11 se cultive fort bien sur la gélose or»iinaire, il pré-

^8 ACADÉMIE DES SCIENCES.

fère cependant la gélose mallosée de Sabouraud. il donne une grosse saillie arrondie très nette, d'un blanc opaque.

Sur gélatine ordinaire ou glucosée, il végète bien en donnant des cultures du\e- teuses, épaisses et saillantes, d'un blanc très pur. Il ne liquéfie la gélatine à aucun moment; sur carotte, banane, décoction de fruits gélatinée ou gélosée, la culture est assez luxuriante.

Le sérum coagulé est un mauvais milieu: il }• pousse néanmoins sans provoquer la liquéfaction.

La pomme de terre, le topinambour, sont des milieux peu fa\orables à la culture du champignon.

Coractères hioclnniicjues. Le champignon se colore bien par les couleurs ordi- naires d'aniline; le colorant de choix cependant est le bleu lactique, et surtout le colorant triple de (ruéguen, qui nous permet de déceler quelques guttules de graisses dans les formes ovales et arrondies. Il reste coloré par la méthode de Gram.

Il dégage de l'acide et des gaz dans les milieux à base de glucose, lévulose et mal- tose, mais pas dans les milieux à base de galactose, lactose, saccharose, raffiuose, dex- trine et in^iline. Il ne liquéfie pas l'empois d'amidon.

Inoculation. L'inoculation aux cobayes de crachats frais (trois expériences) contenant des spores du champignon a donné des résultats négatif»*. Des inoculations sous-cutanées, intrapéritonéales et intraveineuses ont été faites chez le lapin avec des cultures pures du champignon isolé. Chaque inoculation était faite avec un fragment de culture de !\^ heures dans a*"™' de sétum physiologique et agité pendant une demi- heure de tfranière à bien mélanger tous les éléments.

L'injection sous-cutanée fut négative.

L'injection intrapéritonéale s'accompagna d'une forte température jiendant trois jours et l'animal maigrit de 3538 (poids initial de l'animal : 17.50^).

L'injection intraveineuse détermina, chez un animal du poids de :i''s,i25. une mycose généralisée; l'animal mourut au bout du douzième jour avec un amaigrisse- ment de 5 10°.

L'autopsie révèle les caractéristiques suivantes :

Poumons très congestionnés avec marques ecchvmotiques. lieins très gros et par- semés sur toute leur surface de petits abcès miliaires. Foie très gros. Rate et intestins normaux.

Des coupes de poumons et de reins coloi es révèlent la présence du parasite. L'ense- mencement des divers organes (poumon, rein et foie) laites dans du liquide de Raulin ordinaire sont positives.

L'agi^lutination est positive au p.'^; la réaction df- Bordet-Gengou est négative.

Trctilemenl du malade. Nous ;jvons commencé le traitement par l'iode injectable (huile iodée) dès le diagnostic posé (injections intramusculaires dans la région fes- sière de 2'''"^ injectés tous les deux jours jusqu'à concurrence de /|0 piqûres).

Depuis le mois d'octobre, le malade ne tousse plus, n'a plus de fièvre; nous le con- sidérons comme cliniqnement guéri. L'examen bactériologique des crachats ne révèle plus la présence de Monilia.

Vm résumé, nous nous trouvons en présence d'un cas^de moniliaso bron-

SÉANCE DU 6 JANVIER I922. 79

chique (lécrilc pour la première fois en 1903 à Ceylan par Castellani et trouvé aussi récemment en France et en Italie par Pinoy et lacono. Plu- sieurs espèces de champignons du genre Monilia sont susceptibles de pro- voquer cette affection parfois très grave

Dans le cas que nous décrivons, Tag^nt semble bien être le MoniJui Piuoyi, [^""examen du champignon en culture cellulaire nous a permis de le ranger dans le groupe des Monilia. De plus, grâce à Tamabilité de M. ÏNayeb Farah, nou^ avons pu l'identifier et reconnaître en lui le Monilia Pinovi, Castellaui, 1910.

MÉDE^[XE. Sur un .signe auditif de spécificité. Note ( ') de MM. Rousselot et A. Marie, présentée par M. d'Arsonval,

Une étude attentive et prolongée de l'oreille ne devait manquer de mettre en évidence le retentissement que peu\ent avoir sur cet organe cer- tains vices du sang.

Lacunes auditives sont souvent synonymes d'infections.

Un cas de paludisme très net a mis sur la voie il y a plu^ de 20 ans. D'autres et de diverses natures ont suivi. Mais la syphilis a donné la preuve de lésions caractéristiques presque constantes.

Aussi cette Note ne vise-t-elle que les syphilitiques atteints de syphilis neurotrope ancienne surtout, et parfois certains jeunes sourds hérédo- syphilitiques qui ignorent la cause de leur mal et qui en sont innocents.

Le signe est celui-ci.

Intégrité de l'audition pour les notes aigui's jusqu'aux environs de '2000 vibrations doubles; diminution progressive au-dessous, si bien que, pour un fort diapason de 224 vibrations doubles, le déficit est considérable et que pour 64 vibrations doubles il est presque complet.

Ce n'est pas à dire que tout syphilitique soit sourd ou voué fatalement lui-même à la surdité. Mais si l'on rencontre un sourd qui réalise le tableau ci-dessus, il y a lieu de se défier.

Ce syndrome auditif paraît aussi caractéristique et pathognomonique, d'après notre expérience de ces dix dernièies années, que certaines lésions du fond d'œil pour les oculistes.

Il nous a permis d'annoncer presque à coup sûr le Wassermann positif que les contrôles l'Institut Pasteur ont permis de déterminer en com- plète confirmation des constatations acoustiques.

(') Séance du •^.7 décembre 192 i.

L.^ L 1 3 R ^

8o ACADÉMIE DES SCIENCES.

PHOTOCHIMIE. Elude speclrographique du dédira f^e du platinocyanuîe de harywn dans r (^ffet Villard. Note (') de MM. A. Zimmerx et M. ^axa.v^s, préseiilée par M. d'Arsonval.

On sait que les éci-ans lliiorescents ayant subi l'cU'et Yillard (brunisse- ment de ce sel sous l'action des rayons X) peuvent revenir à Tétat primitif par Texposition à la lumière dilTusc. Ce phénomène a été attribué par certains auteurs à une déshydratation, par d'antrps à une transformation moléculaire du sel avec passaii^e d'une forme isomère à une autre. 11 nous a paru intéressant de rechercher quelles étaient dans le spectre lumineux les radiations d'où relève celte réo:énération. A cet effet nous avons exposé une bande de platinocyanure de b;iryum ayant subi préalablement Faction des rayons X au delà de la teinte B de l'étalon dosimélrique en usage en radiothérapie, à l'action de l'arc électrique.

On constate que le dévirage n'apparaît, même après plusieurs heures d'exposition, que dans des régions parfEitemenl déterminées sous la forme de bandes perceptibles déjà au bout de très peu de temps, aux intensités employées, par leurs limites assez franches. Nous en avons jusqu'à présent compté quatre. Il s'ensuit que les radiations susceptibles de détruire l'effet Villard semblent se répartir en quatre bandes principales, de largeur très voisine, la plus basse située entièrement dans l'infrarouge et débutant à la limite du rouge visible, une seconde dans le vert jaune, une troisième dans le bleu, et une dernière enlîn, plus lente à venir, dans l'ultraviolet.

(') Séance du 2- décembre 1921.

La séance est levée à i(3 heures et quart.

A. Lx.

ACADÉMIE DES SCIENCES

SÉÀNCK DU LUNDI î) JANVIER lî)22.

PRÉSIDENCE DE M. i'Mii.i: HKIITIX.

MÉMOIRES ET COM\IU\ICATIOîVS

DES MKMIîIlKS ET DES GOKIiESlM )M» VXTS DE L'ACVDÉMIE.

M. Emile Picard, en déposant sur le hurean les Comptes rendus des séances de la sixième Conférence générale des Poids et Mesures, s'exprime comme il suit :

Je présente ce Volume rendant compte des travaux de la sixicnie Confé- rence générale des Poids et Mesures. Déjà, dans la séance de rAcadémie, du 3 octobre dernier, en publiant le discours d'ouverture que j'ai prononcé comme président de la Conférence. j\ai fait connaître le programme des travaux de celle-ci. Toutes les mesures proposées ont été adoptées, et la réunion du mois de septembre marqueca une date dans rhistoire du Bureau international des Poids et Mesures. L'extension graduelle des attributions du Bureau est un fait d'une haute importance; elle commencera par l'étude des unités électriques.

La première séance de la Conférence s'est tenue à Paris au Ministère des Affaires étrangères; les antres séances ont en lieu au Pavillon de Breteuii, à Sèvres.

M. Émii.e Picard présente en ces termes une brochure intitulée : J.e Principe de reladvilé et ses applications à f Astronomie :

Dans la séance du 2^ octolire dernier, j'ai eu l'occasion de faire allusion à un article sur la relativité, que j'avais écrit pour V Annuaire du Bureau des Longitudes de 1922. C'est un exemplaire de cette petite brochure que je dépose sur le bureau. On y trouvera un exposé très succinct de la théorie présentée en vue de ses applications à l'Astronomie, d'un caractère plutôt

C. R., 1922, I" Semestre. (T. 174, 2.) "

82 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Iiislorique que critique. J'insiste cependant sur quelques points essentiels jouant un rôle important dans l'établissement de la théorie. L'un d'eux est la question capitale de la mesure du temps. Ne pouvant dire a priori ce que c'est que le temps, il faut se borner à le mesurer. Si l'on refuse d'entrer dans les vues d'Einstein sur le mode de mesure, et si l'on n'admet pas I interprétation que donnent les relativistes de l'expérience de Michelson, la théorie manque de base.

Il m'est impossible pour le moment de prendre parti dans les discussions sur la relativité, qui, je crois, continueront encore longtemps. Les opinions à ce sujet peuvent dépendre grandement du point de vue l'on se place, quant à l'objet des théories physiques. D'ailleurs aucune théorie ne semble donner actuellement d'explication entièrement satisfaisante de certains phénomènes électriques et optiques.

NOMOGRAPHIE. Sur la genèse et l'èlal actuel de la science des abaques. Note de M. Ch. Lallemand.

Un grand nombre de problèmes pratiques, ressortissant aux sciences les plus diverses, réclament l'application répétée des mêmes formules et obligent ainsi à des calculs pénibles et sujets à erreurs. Pour simplifier ces calculs, les techniciens, pendant longtemps, n'ont eu à leur disposition que deux moyens : les machines (arithmomètres, intégromètres, plani- mètres, règles à calculs, etc.), solution souvent coûteuse et d'ailleurs fré- quemment irréalisable, et, d'autre part, les t'ahles numériques, de construc- tion généralement longue et fastidieuse, mais surtout peu pratique lorsque le nombre des entrées dépasse deux. Ln procédé nouveau et infiniment plus fécond, celui des Tables graphiques ou Abaques, donnant une représen- tation plane de relations entre plusieurs variables, a fail son apparition il y a un peu plus d'un siècle. Depuis 1790, date Pouchet traçait des hyper- boles d'égale cote sur une table de Pylhagore, cette nouvelle science, grâce aux travaux de savants pour la plupart français, a réalisé d'énormes [progrès, dont je me propose de donner une idée somniaire, en renvoyant pour les détails, au Traité de Nomographie (2*^ édition) de M. d'Ocagne, et au récent Traité des Abaques de M. R. Soreau ( '), le document le plus considérable et le plus complet publié sur la matière.

l. Jusqu'à 1884, à de très rares exceptions près, les abaques sont con-

(') OuM-age en deux \olumes (Etienne Chiron, éditeur), Paris, 1921.

SÉANCE DU 9 JANVIER 1922. 83

stitués par un canevas de verticales et d'horizontales celées, à travers lequel passe un faisceau de courbes^ cotées elles aussi. Ce mode de repré- sentation, qui rappelle celui d'une surface topographique par ses courbes de niveau, s'applique à toute relation entre 3 variables, si compliquée soit-elle. Dès 1843, en remplaçant, sous le nom de coordonnées graduées^ les variables primitives par des fonctions auxiliaires, convenablement choisies, de celles-ci, Lalanne avait, pour quelques équations de type simple, réussi à transformer également en un groupe de lignes droites les courbes du troi- sième faisceau : il donna le nom (V anamorphose géométrique k cette transfor- mation dont, 4o ans plus tard, un savant belge, Massau, devait, le premier, envisager la généralisation pour trois faisceaux de droites quelconques.

2. En 1884, M. d'Ocagne, faisant une très heureuse application des théories de Chasles sur les ligures corrélatives et sur l'homographie, trans- forme, à son tour, en abaques à points alignés et à 3 échelles, les abaques à entre-croisement, à 3 faisceaux de droites; il donne, en outre, à l'ensemble, une disposition favorable à la précision. Mais, pas plus les uns que les autres, ces abaques ne traduisent encore des relations à plus de 3 variables.

3. En i883, préoccupé de simplifier les calculs du Nivellement général de la France, j'avais, par l'emploi combiné de deux règles très simples, dites de V addition et de la nudtiplicalion graphiques^ réussi à créer, sous le nom à^ Abaques hexagonaux, la première méthode générale de représentation graphique d\ine équation à un nombre quelconque de variables ('), satisfai- sant à la seule condition de pouvoir, directement, ou après anamorphose, être séparées, par groupes de deux au plus, dans une somme de produits de fonctions, telle que

*

-/if^ï-n Vi).A(^'f2, }\)f>{x.i,y.,).. .=--0.

Chacun des groupes est représenté par une échelle dite linéaire, binaire, ternaire, quaternaire, etc., selon qu'il renferme i, 2. 3, 4? ••• variables.

L'échelle linéaire est une simple droite, divisée d'après le principe des coordonnées graduées. Véchelle binaire, dont' l'idée première est due à M. E. Prévôt, l'un de mes collaborateurs, présente, spontanément ou après anamorphose graphique, deux cours de lignes, droites autant que possible, ayant pour cotes les valeurs des deux variables en cause. En combi- nant, par voie de multiplication graphique, une échelle linéaire avec une

(') La brochure contenant Texposé de la méthode n'a paru qu'en i8S5.

84 ACADÉMIE DES SCIENCES.

échelle binaire, on obtient une échetle ternaire ( ' ). \\n associant de même deux échelles binaires, on a une échelle quaternaire^ etc. Toutes ces échelles sont orientées parallèlement aux diamètres d'un hexagone régulier. Pour consulter l'abaque, on emploie un indicateur hexagonal, mobile et trans- parent, dont les trois diamètres gravés, dits index, sont dispos(''s normale- ment aux échelles. L'indicateur restant ainsi orienté, on le fait glisser de manière à amener successivement sous les index toutes les données du pro- blème. Le résultat se lit sur la dernière échelle, à sa rencontre avec Findex correspondaiil .

Ces règles générales comportent des variantes adaptées à certains cas par- ticuliers. Ainsi, parfois, on accole simplement l'une à l'autre deux échelles binaires, ou bien l'on remplace une échelle binaire fixe par une échelle linéaire, graduée suivant les valeurs de l'une des variables et successivement orientée d'après les valeurs de la seconde (-).

D'autres fois, la formule à traduire s'accroît, dans certains cas, d'un terme supplémentaire; on le représente alors par une échelle additionnelle ('), formée de bandes courbes cotées. La cote de la bande tombe le centre de l'indicateur exprime, le cas échéant^ la valeur correspondante de l'appoint.

D'autres fois eitcore, on élimine par voie graphique, des variables auxi- liaires impossibles à faire disparaître algébriquement (').

4. Postérieurement, M. d'Ocagne de son côté, par l'emploi, séparé ou combiné, des deux artifices suivants, a étendu à des formules à plus de trois variables l'application de sa méthode des points alignés.

Le premier de ces artifices, exposé en 1891, consiste à substituer à une échelle de points cotés un réseau de points à deux cotes, formé par deux faisceaux de courbes. Sauf dans le cas particulier dit de^i points condensés, la droite d'aligm^ment passe à travers ce réseau, comme le fait un des index de l'indicateur dans un abaque hexagonal avec échelle binaire. Chose curieuse, le premier aba([ue de ce type est l'abaque à quatre variables que, d'après des considérations particulières et pour représenter la loi de l'écoulement

(') Comme spécimen, voir dans le Traité de M. Soreau {op. cit., t. 2, p. iS':. abaque 126) l'abaque Iiexagonal donnant, pour un navire, la dévialion du compas.

(-) Voir dans N iv elle ment de haute précision (a^" édition) par Ch. Lallemand, p. 49" (Cil. Béranger, éditeur, Paris, 1912), un exetnple d'abaque à échelles pivotantes.

(^) Voir un exemple dans le Traité de M. d'Ocagne ( r<^ édition, p. aSi, ^\%. 12G).

(') Gomme evemple d'élimination graphique , voir dd^n?, Nivellement^ eic.., op. cit.. p. 'iO(), l'abaque Isexagoral de l'cri-eur de réfraction.

SÉANCE DU 9 JANVIER 1922. 85;

(le l'eàii dans les canaux (' ), (ranguillet et Kutter ont construit, dès 1869, soit plus de 20 ans avant la naissance de la remarquable ihéorie due à M. d'Ocagne et dont il a fait, dans toutes les branches de la Science, dos applicatio-ns nombreuses et variées. Cette théorie a été, en outre, enrichie par lui de diverses notions, comme celles des valeurs crili(juc<; el des points critiques, auxquels M. Soreau a d'ailleurs substitué, j)Our l'ordre noniogra- phique 3, la considération plus générale despoinls nodaur.

Le second procédé consiste à décomposer l'équation proposée en un système d'équations à trois variables, dont les aba<{ues puissent s'accoler deux à deux, comme dans certains abaques hexagonaux. C'est aussi en combinant deux échelles binaires que M. Soreau a imaginé les points à trois cotes, dont son Traité donne, semble-t-il. le premier exemple (-).

Si la méthode des abaques hexagonaux permet de repi'ésenter des équa- tions fort compliquées (comme celle déjà citée de la déviation du compas, impossible d'ailleurs à traduire plus simplement en points alignés), elle a parfois l'inconvénient (que peut, en ce même cas, ne pas présenter celle des points aUgnés) d'exiger l'introduction d'une même variable dans deux échelles distinctes. Tel est, par exemple, le cas pour la formule générale cosa -- cosè cosc -h siuZ> sine cosA, représentable par un aba(|ue à points alignés formé de deux échelles rectilignes «, A, et d'un réseau de points à deux cotes b et c, tandis qu'un abaque hexagonal eût nécessité deux échelles binaires en b et <?.

5. L'un des procédés permettant de représenter graphiquement certaines éfjuations à n variables consiste à les décomposer en équations à trois variables, qui constituent autant d'éléments fondamentaux. M. Soreau montre que les é({uations de la forme F,o=: G;,, (où i, 2, 3 et 4 désignent quatre variables 5,, To, ^3 et 5,) peuvent aussi jouer ce rôle et que, en dimi- nuant le nombre des lis;nes de pivot, l'emploi d'abaques composants à double alignement parallèle simplifie heureusement la cooslrucliou et l'architecture de l'assemblage : tel son abaque de la formule de Sarrau donnant la vitesse initiale d'un projectile (' ). M. Soreau a également iîuagiué, pour les équa- tions du typeiy„= o(rt désignant une variables,,), un autre type d'abaques, d'un principe très ingénieux, avec graduations placées, deux à deux, sur des

(^) Voir dans le Traité àe M. Soreau. op. cit.. p. 1129, Abaque 99, la reproduction de cet abaque, légèrement transformé pour en diminuer rencombrenienl. (^) Voir Tome 2, page 162. Abaque 1*27. (^) Traite des .àbarjues, t. 1, p. 388, Abaque 88.

8^6 ACADÉMIE DES SCIENCES.

circonférences concenlriques, qui servent, en oulre, de lignes de pivots; ceux-ci ne sortent ainsi jamais des limites de l'épure (' ).

Pour les équations E,o., = o, susceptibles d'anamorphose, l'homographie et la corrélation sont simultanément synthétisées par la mise de la proposée sV)US la forme d'un déterminant de disjonction :

co

Etendant le bénéfice de cette propriété aux équations F,,, = (îj,,, suscep- tibles d'être représentées par deux abaques à double alignement concourant sur une droite, M. Soreau donne une théorie générale basée sur la réduction de ces équations aux formes équivalentes

.r. r.

t.

/. ,.".

/'.

A ^.

A,

Ji O-i

/'.

y- -y

.A

I',

X.

1.

z.

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S'\

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(>

/'.

A

O-i

S-^

Ih

A

A''4

t4

/'v

Lk première de ces formes (oiVles notations x, y, ... indiquent symbo- liquement les coordonnées définissant les échelles cotées) caractérise le double alignement concourant; la seconde, le double alignement parallèle.

(>. Le problème analytique fondamental de la Nomographie est celui de l'anhmorphose des équations \l^^^ = o, c'est-à-dire de leur réduclion aii déterminant (i) ci-dessus, ou à des formes équivalentes. Abordé par Lalanne pour quelques équations de typ<'S simph's, ce problème est lôiriglcmps resté slationnaire. En 1871, de Saint-Robèrt a exposé une méthode pour réduire, quand cela est possible, une équation quelconque E, 2:1 = o à la forme : /' -^ /., -f-/,, = o.

La réduction à la forme cariêsicnne gëiiéraie : f^ g.^ -+- /., +/".{ = o, n'a été réalisée que beaucoup plus tard : en 1884, par Massau, à l'aide de quatre intégralions; en 1886, par M. Lecornu, à l'aide de trois; dépuis, M. Soreau a donné une solution par deux intégrations, et M. Gronwall une solution sans quadrature, m^is par des substitutions pénibles.

Le cas général, consistant à mettre l'équation ]\..j == o sous la l'orme :

|/«, ,^',M /';; I o = I,2,3),

(') A titre d'evemple, voir AJDaque 90 {Traité des Abatjues^ t. 1,' p. SgS).

SÉANCE DU 9 JANVIER 1922. 87

n'a été résolu qu'en i9i2parM. Gronwall, dont la savante méthode aboulil à des équations aux dérivées partielles très compliquées. L'exposé peut en être beaucoup simplifié grâce à l'important théorème qui suit, à M. Soreau : « Si Ton ne considère pas comme distinctes les anamorphoses donnant lieu à des abaques homograpbiques, une équation £,03 = 0 ne peut admettre qu'une anamorphose, sauf dans le cas (résolu par de Saint-Robert) elle en admet une infinité. »

7. En pratique, la solution du problème général de l'anamorphose se simplifie du fait ([ue les variables sont ou peuvent être aisément séparées dans la presque totalité des équations de la Technique, lorsque celles-ci sont anamorphosables. La classification vraie de ces équations et de leurs abaques est basc-e sur Vord/r no mo graphique réel, notion lumineuse due à M. Soreau. Considérant l'équation

qui contient deux fonctions de z.,, par exemple {^ et f^, M. Soreau dit

qu'elle est d'ordre 2 en z,^, el que cet ordre est apparent ou réel suivant ([u'elle est ou non réductible à la forme <I>,,93 + ^',0 = o, laquelle est dite d'ordre i en ^3. Il appelle ordre nomographiqne la somme des ordres en 5,, z.^ et S3 : cet ordre n'est réel que si tous les ordres partiels le sont.

Pour anamorphoser l'équation (2), M. Clark ('), reprenant une méthode

F C

inaugurée par Massau, posait : x = -j^] yz--^-, puis il éliminait z^

et z., entre ces é([uations. S'il obtenait deux équations de la forme : xf'2-^ySi -h /i2r=o\ xf^ +yg, + A, =0; l'anamorphose (t) était réaUsée. De cette règle, il avait cru pouvoir déduire le critérium suivant : « L'équa- tion (2) est, ou non, anamorphosable par voie algébri(jue suivant <|ue l'élimination donne, ou non, deux équations linéaires en x et y. » Par une analyse très fouillée, M. Soreau,. précisant l'exacte portée du critérium, démontre ([u'il n'est pas applicable dans deux cas : i" lorsque l'ordre 2 en :;.j n'est qu'apparent; lorsque la proposée devient anamorphosable par la règle de l'élimination, après qu'on y a incorporé un facteur anamor- phosant : chose possible seulement quand il existe, entre /,, «3, /?.,, une relation homogène du 1% du Z'' ou du 4^ degré.

(') On doil également à M. Clark la lliéorie générale des abaques coniques à points alignés, dont M. d'Ocagne, antérieurement et pour le cas particulier du fruit inté- rieur d'un mur de soutènement, avait donné un élégant exemple.

88 AÊADÉMIE DES SCIENCES.

Considérons les éf|nations F,o, G,., H,o sont des fonctions linéaires et homog-ènes, d'une part en /', , A', »/'n d'autre part en /.,, ^'^j ^'2'^ elles sont, par suite, à variables séparées, d'ordre réel total, 3, 4, 5 ou 6. M. Soreau a établi la proposition suivante, précisant le lien étroit (|ui existe entre l'ordre réel des écjuations et leur représentation par abacjues : « Toute équation d'ordre 3 comporte une infinité d'anamorphoses, algébriques et transcen- dantes. Toute équation d'ordre 4 en comporte une seule, (|ui est algébrique. Toute é([iiation d'ordre 5 ou 6 comporte qu'exceptionnellement une anamorphose, et une seule, qui est algébri(|ue. » Anamorphoses en nombre infini, anamorphose uni(|ue, ou exceptionnelle, telles sont donc les carac- téristiques de l'ordre 3, de l'ordre 4 et dés ordres 5 et 6. Ce beau théo- rème ruinait l'éventualité, jus(|u'alors envisagée, de réussir par voie trans- cendante, comme pour l'ordre 3, l'anamorphose des équations, d'ordre 5 ou 6, rebelles à la règle de l'élimination : si cet ordre est réel, la proposée ne saurait alors être anamorphosée ([ue dans le cas singulier elle admet un facteur anamorphosant, le((uel est algébri(|ue.

Ce bref exposé suffit à montrer le rôle important qu'a pris la Nomographie parmi les sciences appli(|uées. L'heure est venue, semble-t-il, de lui donner, dans l'enseignement technique, la place légitime qu'elle mérite.

M. P. Appell fail hommage à l'Académie d'une brochure intitulée : Comité inlcrnatioTicd des Poids et Mesures. Procès-verbaux des séances. Session de 192 1 .

M. Cil. -Ed. Guillaume fait homuiage d'une brochure intitulée : Les récents progrès du système métrique. Ra[)port présenté à la sixième Confé- rence générale des Poids et Mesures.

M. Evni.E ScHwoERER présente à l'Académie un travail sui' la détermina- tion de l'équation séculaire de lu Terre dans la théorie d Arrhénius. Il r<''sulte de ses calculs, pour l'augmcnlalion de la longitude A, le siècle étant pris pour unité,

n est le nombre de siècles écoulés.

SÉANCE DU 9 JANVIER I922. 89

ELECT101\S.

Pai- la majorité absolue des suffrages, MM. E, Roux, Tu. Schlœsing, L. Maqlexne, E. Leclainche, p. Yiala, L. Linoet, irieuibres de la Section d'Economie rurale, sout désignés pour faire partie du Conseil d'adminis- tration d(,' Ylnslitul des recherches agronomiques organisé par Décret du 2G d(''cemb[e i()2i .

CORRESPOIVDAIVCE.

M. Raoul Rayeux adresse un Rapport sur l'emploi qu'il a (ait de la subvention accordée en 1910 sur le Fonds Bonaparte.

M. le Secrétaiue perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance :

Jean Villey. Physique élémentaire et théories modernes. Molécules et atomes. États d'équilibre et mouvements de la matière.

J. BouGAULT et H. Hérissey. Notice sur la vie et les travaux d' Emile B ourquelot {i\ \wm i85i 26 janvier 1921).

J. PoiRÉE. Précis d' Arithmétique .

4" M""" Phisalix. Animaux venimeux et venins. (Présenté [)ar M. L. Bouvier.)

PoiNCET. Turbines à vipeur. (Présenté par M. 1^. Lecornu.)

ANALYSE MATHÉMATIQUE. 5///' une classe de fonctions croissantes. ISote de M. Théodore Varopoulos.

1. Envisageons une classe de fonctions [J.(^) positives croissantes indéfi- niment avec X. mais moins vile que x et considérons une fonction v{x) décroissante quelconque et un nombre G positif plus grand de l'unité.

Supposons que l'on ail, à partir d'une certaine valeur de x^:^x^^. Vmv-

galité

,u. [ j:- + V ( a? ) ] > 61 . /JL ( J,- ) .

90 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Nous posons alors nous aurons les inégalités suivantes :

et en multipliant

- /a(a-„)>5>.(.ro), et, puisque la fonction [J-(x) croît moins vile que^, on en di-duit

a étant un certain nombre positif. Les relations (i) nous donnent

,r„ 1= ,370 + V ( J"o ) + '> ( -a^i ) + -+- ■> ( ^'^n -. )'

(Toù

parce que la fonction v(j?) est décroissante. Alors

a [,370 + '^■'■' ( -^'o )] > ^" F ( -fo ) ,

ce qui est impossible puisque le rapport

tend vers l'infini avec n.

Nous arrivons donc à la conclusion suivante :

TriF.ORKMP:. Pour toute fonction U'(x) croissant moins vite que a\ nous

aurons l'inégalité

lx[x^v{.r)]<:0.iJ.{x),

vérifiée constamment à partir d'une valeur de Xj 0 étant un nombre supérieur de V unité quelconque et v(cc) une fonction décroissante quelconque.

■séan:ce du 9 janvier 19-22.

ANALYSE MATHÉMATIQUE. - Sur le produit de Laplace relnlif à cer- tains hypercylindres. Note de M. Pierke Humbert, présentée par M. Appell.

On sait ([Lie, dans l'espace ordinaire, lo produit de Laplace relatif à un cylindre ayant pour base une ellipse ou une hyperbole s'exprime au moyen de lafonctionc^«(s) dite (c de Mathieu » ou « du cylindre el!ipti.[ue ». Cette fonction, solution périodi.|ue et paire de l'équation différentielle

se réduit, pour X- = o, à cosnz et vérifie aussi l'équalion intégrale homo- gène .

(,) y[z)-='l.j' e-^'"'^^">-'y{indu.

Dans l'espace à quatre dimensions, nous pouvons considérer le change- ment de variables

a-— a siru/ sinecoso, v = a sin « sln ç' sln 9,

z z= ai cos a cos r, ^ = t^

qui introduit des hvpercylindres parallèles à l'axe des t, ayant pour base dans l'espace des jljz des hyperboloïdes (ou, avec une modification insignr- iiante des ellipsoïdes) de révolution. L'équalion de Laplace AU = o pourra être véritiée par le produit

la fonction ^" étant solution de ré([ualion aux dérivées partielles v;-v â-^y , X , '^^'

c 9 ^) h ( 2 u -h I ) col « -

_ ( 2 ,j. ^_\ ) cot r -— H- A' Cl- ( cos^ a cos- c) V = o.

a. Si l'on cherche à mellre V s.ms la forme du produit d'une fonction de « par une fonction de <', on sera amené à considérer des fonctions nou- velles satisfaisant à l'équation différentielle

y" _^_ 2 (■ coizr' + {a + /.- cos-;) v = o.

Les solutions périodiques et paires, que l'on pourrait appeler Jonctions

92 AC^A.DÉMIE DES SCIENCES.

de Mathieu d'oi-dre supérieur^ se réduiront, pour k = o, au polynôme de Gegenbauer (J)'(cosî), et v('Tiiieront l'équation intégrale

(3) y{z)—li e'""''"""^in-''uy(ii)du.

b. Si l'on veut au contraire que V soit une véritable fonction de deux vari ibles, on pourra la considérer comme un cas très particulier des fonc- tions M (m, e) vérifiant le système

i ^ ^^ , , '^'^^ V '^^^ u àM ^, ,, , ,,

[ -r—. col 1/ col (' ; 1- A col i( h B col «' f- ( C + />•- cos- m ) M = o,

\i (Jii- (Jaav du ôv

f -5-^ - col a colr - h A' colc h B col« h ( C + /.- cos-r)M = <•.

V or- Ou (Jv Ov Ou ^ '

La propriété analo^nie aux équations intég-rales (i) ou.("^) est la suivante : une relation telle, que

M{u, ç) = l / e'-^ '■"■^ « '■»* ? + '^'^^ '•'•"« -^^ N ( p , cr ) ? i n ,0 si n cr i/o do-

existe entre une solution M(u^ c), périodique et paire en u et r, du sys- tème (4) et une solution N(p, ct), périodique en p, a, du système '

à-^ (9-N , ON ON

—-r colpcoto-- - + (,:> A)colp- (1 B)colcr-—

Op- "^ dp Oa ^ 'dp 07

+ (G + A + B 2 + A:-^cos-p)i\ = 0,

<^'- N a^ N , ., » , <?N ^N

-y-r cotp cot(7-T ^ + (3 —A') coter- h (i B') coto— -

'/<7- dp On ^ â(J ' ^p

+ (C'+ A'+B'— + /.-'cos-o-lN =0.

(5)

Lorsque certaines relations existent entre les constantes A, B, ..., les équations (4) se réduisent pour/- = o aux équations d'une fonction hyper- géométrique du type F,. En particulier, m et n étant des entiers, si l'on prend A =-71, B=m-hi, A' =- m, B'.==//+i, et si, pour /• = o, C et C sont respectivement égaux à

( + I ) ( m + /i -t- 1 ) el ( // + 1 ) ( //« -h /< + I ) .

le système (4) se réduit pour /• = o au système vérifié par les poly- nômes xD,„n{cosu, cosr) d'Hcrmitc, généralisation de la fonction cosnx. Il existe alors des solutions périodiques de (4) se réduisant pour /, = o à '^'\i.n( cos II, cos^); ce sont donc des généralisations très directes, à deux variables, de la fonction ce„(z), et on les pourrait appeler fondions de

SÉANCE DU 9 JAjVVIER I(;,22. 93-

Mathieu à deux variables. Il est alors très intéressant de noter que. dans ce cas, système (5) devient pour /== o identique à celui que vérifie le polynôme associé 'vV/,»(cosp. cosc7).

ANALYSE MATllÉMATlQLilî. Sur un tableau normal relatif aux surfaces unilatérales. ?Sote de M. Gustave Dumas, présentée par M. Paul Appell.

Dans une première Note (') dont les résultats seront développés par Ms Jules Chuard, les tableaux de Poincaré ont été introduits. Une Note (-) subséquente a fait usage de considérations qui s'y rattachent. Celle d'aujourd'hui doit conduire à un « tableau normal » permettant de caractériser, mieux que des a formes Tiormales y> , les surfaces unilatéiales au point de vue topologique.

Soit T une surface unilatérale fermée satisfaisant aux conditions que Ton sait de régularité. On peut, d^une manière trop sommaire, puisqu'il s'agirait encore de distinguer entre homologies avec ou sans division, faire une classification des contours fermés d'un seul tenant situés sur T. Ces contours peuvent être simples ou composés et lorsqu'on les parcourt dans leur totalité, être respectivement, ou i" bilatéraux et homologues à zéro, . OLi 2" unilatéraux et homologues à zéro, ou encore 3" bilatéraux et non homologues à zéro, ou 4" unilatéraux et non homologues à zéro.

Les contours des deux premiers types « forment frontière » sur T.

Il n'en est pas de même de ceux qui rentrent dans les deux derniers et que Ton peut, à cause de cela, désigner respectivement sous les noms de cycles (le première et de deuxième espèce.

Lne surface de caractéristic|ue égale à i, le plan projectif par exemple, ne contient aucun cycle de première ou de deuxième espèce, mais contient, entre autres, des contours fermés appartenant au second type, Thomologie (''tant sans division.

ï peut toujours être triangulée en une surface polyédrale II susceptible, après les coupures nécessaires, d'être étalée sur un plan, de manière à y former un domaine simplement connexe D, elliptique si l'on veut, et décom- pose'' à partir d'un point intérieur O en un nombre pair de triangles. Ce

(*) G. Dumas et J. Chuard, Sur les homologies de. P(iiicaré {Coni/t(S rendus, t. 171, 1920, p. 1 1 13).

(-) G. Dumas, Sur les contours d'encadrement [Comptes rendus^ t. \1'1, 1921, p. 1221 ; voir aussi p. 1627).

g4 ACADÉMIE DES SCIENCES.

domaine D dont les faces et les arêtes sont supposées orientées par des indi- catrices convenablement choisies, peut être considéré comme constituan't en fait le polyèdre II..

Soit A la caractéristique de II, et C,, Co, ..., C^ les contours de ses Y faces. L'égalité

(I) 2^'""'-'^'

définit sur II un contour 2X d'un seul tenantet composé d'un ou de plusieurs contours fermés simples, bilatéraux ou unilatéraux.

Ce contour donne lieu ainsi à une homologie sans division. Il peut appartenir aussi bien au premier qu'au deuxième des types signalés plus haut.

Soient, d'autre part, avec c = A-i-i, F, , F^, . . . , Fp, A 4- i cycles de deuxième espèce, homologiquement indépendants, et composés chacun de deux arêtes passant par O. Leur existence peut être établie. Le contour bien déterminé

P T

(2) 2E=:2\4-y (zéro)r, Vc,

/ = 1 / = 1

est un contour cVencadremcni composé, d'un côté des seules arêtes entrant dans X parcourues chacune exactement deux fois dans le même sens et, de l'autre, des arêtes appartenant aux F/ parcourues chacune exactement une fois dans un sens et une fois dans le sens opposé.

Posons encore

p

(3) 2Y = -2\— Vcir,.

/ = 1

Le tableau normal de T sera constitué au moyen du tableau B, faces- arètes, de Poincaré, auquel on adjoindra A + i colonnes relatives aux F/ et une colonne relative à 2Y. Ces colonnes supplémentaires ne contiendront que des zéros, des 2 et des 2, les éléments difTc'rents de zéro correspondant aux arêtes de F^- et à celles de 2 Y.

La somme des éléments de chaque ligne sera nulle, car en tenant compte de (1) et (3), on a

T p

Si deux surfaces unilatérales ont même caractéristique A, leurs tableaux

SÉANCE DU 9 JANVIER 1922. g5

normaux seront, pour ainsi dire, identiques et elles seront, en outre, à cause de (2) homéomorphes.

\u tableau normal, on pourra faire correspondre dans le plan diffé- rentes formes normales.

La forme normale de MM. Dehn et Heegaard (') n'est [)as plane. On la retrouverait en donnant aux arêtes du contour 2E, une largeur aussi petite que Ton veut, mais appréciable.

La formule (2), que 2 fil puisse parcourir ou non d'un seul trait, établit une correspondance univoque et réciproque en général entre T et une por- tion du plan en forme de « roue « dont O serait le centre et les arêtes des L, les rayons. Cette correspondance mérite d'être étudiée. Rien cependant ne ])eut, à cause des orientations, remplacer le tableau normal.

On peut aussi attribuer à la « roue » plusieurs feuillets reliant ses diverses parties entre elles.

La formule (4) est susceptible d'une interprétation géométrique qui conduirait, sans doute, à la proposition de M. Alexander (-), d'après laquelle toute surface unilatérale fermée peut être ramenée à une surface plane limitée par A 4- 2 cercles provenant de contours fermés unilatéraux (cii'cles arising from one-sided cuts).

Comme enfin des contours d'encadrement, autres que 2E, existent sur T, il y aura, pour toute surface unilatérale, plusieurs tableaux normaux. Les surfaces l)ilatérales en admettent aussi. Ces divers tableaux, mutatis mutandis^ pourront s'obtenir, de la même manière, après avoir étendu sur un plan l'ensemble des faces du polyèdre correspondant à la surface })ar triangulation.

ANALYSE MATHÉMATIQUE. 5///' Ics fonctions définies par des séries de /raclions rationnelles . Note de M. Arxaud Dexjov, transmise par M. Emile Borel.

M. WollT a démontré dans une communication toute récente (19 dé- cembre 1921) que, si une fonction /(:;) est holomorplie à l'intérieur d'un contour C et sur ce contour, elle est identique, à l'intérieur de C, à la

(') E ncyclopddie der math. \\ issenschaften {Analysis situs^ l. 3,, fasc. t. p. 1S9).

(^) J.-\V. Alexander, iS or mal f omis for one and twoisided surfaces \^Annah of MaUiematics (Princeton Universily), 1^ série, t. 16. p. 161].

qC) ACADÉMIE DES SCIENCES,

somme «l'une série du lype

(l) ^

c a„

les A„ et les a„ sont indé|)enclaiits de z, la série | A„| élanl de plus abso- lument coni'erg-entc et les points a„, tous extérieurs à G, possédant pour ensemble dérivé la courbe G elle-même.

On |)eut encore |>réciser le résultai précédent. Il r.st loisible de choisir /es y.,^

i_ - indépendants de/, de manière que |A„|<f'~"' '" ^'avec lim£„=0j. Bien

entendu, la série (i) ne comprendra pas les termes en nombre fini, corres- pondant aux y.„ /n'est pas bolomorphe.

De plus, la série et toutes les séries dérivées convergent absolument, en tout point distinct des a,,. La convergence a lieu uniformément à l'intérieur de C ET SUR G, respectivement iwrs f(z), /'(z), . . . .

Enfin, si /est bolomorphe à Tintérieur d'un contour G' contenant G, et aussi sur G', on peut encore choisir les a„ indépendants de /, possédant pour ensemble dérivé la réunion de G et C , et de façon que : \A„\a la même limitation que ci-dessus ', ■2'' la série (i) et toutes les séries dérivées convergent absolument et uniformément d'une part vers f et ses dérivées sur (J! et à l'inté- rieur de G, d'' auti^e part vers o hors de G' et sur G'.

Indiquons par exemple la répartition des a„. p étant un entier positif, négatif ou nul, soit G/,une courbe simple, si tuée à i'inl(''iieui' de (y, et contenant à son intérieur G^^^., et G. En outre C^ tend vers ( \ si p croît, et vers G' si p décroît. Soit h un nombre de valeur quelconque conq)rise par exem])le entre et 10. Supposons qu'il existe une suite de nombres positifs Op infé- rieurs à e"', et tels que, si z^, est quelconque sur C^ el :?,/ sur G^ {p < q ), la plus courte distance de z^ à C,, et celle de z,f à C,, soient égales à h^Op -{-. . .-\- 0^-,), la même formule valant ])0ur /? ^d ou pour ^ = 4- ce si G, est G et si G_^ est G'. Enfin la longueur de G^, est h L.

Plaçons sur G^, le, poinls cip tels que la distance de deux points a^, consé- cutifs soit égale au plus petit des deux nombres

liab Op\o^-^ Op et y^«6 0/,_ 1 log~' 0/,_i,

a étant déterminé par les limites de variation de h, et b élanl arbitraire, mais inférieur à i, et. comme a, positif, indépendant de/?, de G el de G'. Les y-a ne sont autres que les a^. ()n prendra, par exemple,

0-' =^ /,p\og-p,

SÉANCE DU 9 JANVIER I922. 97

k étant indépendant de/). La détermination des A„ se tait selon la règle donnée par M. Wolff.

Il suit de la seconde proposition qu'avec la même décroissance minima pour les I A„ |. oji peut, étant donnée une infinité de régions a)„ deux à deux- distinctes et convenablement réparties^ former une série (i) convergeant dans w„ vers une fonction g„fn(^)^ étant indépendant de z et y„ étant donné avec n indifféremment . La convergence de la série et de toutes les séries dérivées est uniforme sur tous les co„ et leurs contours.

Ainsi la soiiiniey( ;) de la série (i) n'est pas monogène, même si

i étant positif et fixe.

Traçons un cercle yJi) de centre a,, et de ravon , " , Sur une droite

' ^ ^ ' ^ n log-/«

ne rencontrant aucun des cercles précédents, la dérivée p^"^^"" de la série (i) a son module maximum M,, limité par i - p^'^'r) (lims^, = 0). Pour que, indépendamment de la répartition des a„, la suite v-^ly^ soit moins crois- sante que ^/jlogyj ou ^/^logyologo/?, ... (voir ma Note du 19 décem- bre 1921 et celle de M. Borel en date du 27 décembre), la condition jA„|<^e~''" ne suffil pas. Il faut atteindre la décroissance même, utilisée par M. Borel, le dernier exposant n est remplacé par /z''^°' (a ^ o) ou par 7ilog'"^*«, .... De ce point de vue, on ne trouve pas de vraisemblance à la possibilité d'étendre la théorie de la monogénéité de M. Borel, avec des coefficients A„ nettement moins décroissants.

Considérons une suite de fonctions /(-s), y, (^), ..., fp{^)^ ... définies sur un ensemble E formé par une double infinité de droites partout denses, respectivement parallèles à deux directions. (Ces droites peuvent être rem- placées par un réseau de courbes analytiques.) Supposons que, en tout point 'C de E, fpÇC) soit la dérivée de f,_t(z) quand :: tend vers 'C sans quitter un ensemble E("C) qui contient les deux droites de E se croisant en et dont le complémentaire ne renferme aucune ligne continue aboutissant en Z. Si enlin, sur toute droite D de E, on a v'|/),(s)| <^ a~', la série a^, étant divergente, il sera impossible que f soit nul sur un arc continu quelconque sans être nul sur tout E.

Ce résultat, intervient la considération de toutes les dérivées de /(:?), somme de la série (i), n'exige aucune hypothèse sur la mesure du complé- mentaire de E. Au contraire, si l'on suppose : que le complémentaire de E peut être enfermé dans une famille de cercles gn{î-) de ravons res-

C. R., 1922, I" Semestre. (T. 17 i, 2.) 7

9^ ACADÉMIE DES SCIENCES.

' peclifsce""" ; 2^ qu'il en est de mêine du eomplémenlaire de E('C), £ variant ^ 'alors avfec 'C et /^, de faijôn que son rappoi't à la diètanfce du ceutrë tlè gj^^s.) à t tende vers zéro quand n croît, // sif//It alors cV hypothèses siw C existence et la limitation (e« particulier la continuité) de f et de f^ aux points '( de E, pour pouvoir conclure à V existence des dérivées f^, de tout ordre et à la mono- génèité de f.

C'est le résultat de M. Bore!, reposant sur la considération d'ensembles exceptionnels de mesure « extrêmement nulle ».

GÉOVIÉTRIE INFINITÉSIMALE. ~ Surfaces et variétés de translation de Sophus Lie. Note de M. IÎertraxd Ga.mbier, présentée par M. Goursat.

1. Sophus Lie a déterminé dans l'espace à trois dimensions toutes les sur- faces susceptibles de deux ou plusieurs modes de j^énération au titre de surfaces de translation; il a montré (jue son procédé /je//^ se généraliser dans l'espace à plus de trois dimensions. Poincaré, Darboux ont apporté leur contribution au travail de Lie.

Le procédé de Sophus iJe^ pour // ^ 3, ne donne pas toutes les surfaces de celte espèce.

2. Pour simplifier, si M(.r, ....r„) et \{\x\...x\^) sont deux points de l'espace à n dimensions, leur résultant (M -h M') sera le point

Y''- et V!^ étant deux a ariétés â a et ^3 diniensions de cet espace, leur résul- tante V*+ VP sera la variété à a + |^ dimensions obtenue en composant deux points (juelcbnqucs de V* et V'', elle est de translation. On définira de même ^ * -h V!^ -4- ... -hV', l'on suppose a -f- [3 -t-*^... -h a5 zr i ; j'éviterai d'ailleurs de considérer ( V^H-V"^) -h V'^ H- ... h-V^, deux ou plusieurs composantes seraient remplacées par leur somme eiïectuée; chaque variété de translation est donc décomposée en composantes simples. En général la décomposition d'une variété de translation est uni([ue. Sinon, et c'est le problème de Lie, on a une égalité symboli([ue

(1) Vf--f-V5^+... + Vjî/— W*! -f:W^^+... + W^;^'

étant bien entendu que* chà'(|ue composaiite n'est plus de translation et que : ; 1

ou bien les composantes du premier membrene seretrouvent pas toutes au second ; ' ,

SÉANCE DU 9 JANVIER I922. 99

OU bien, si ce fait se produit et si M,, Ma, ...» M^ sont des points pris au .hasai^^ ^^r V, , ..., Y^, il existe^i^n autre système de points M',, ^, ...,,M' pris respectivement sur V,, ..., Y^, donnant lieu au même point résultant que le premier système. Sophus Lie traite le problème en supposant tous les a égaux à l'unité.

3. Je considère, par exemple, la surface de Cayley, retrouvée par Sophus Lie, admettant ce' modes de génération :

(2) j:=/, -H/.^, y = t]^ /:,-^ 2a, ^ = r' 4- ^J; -F 3a(/, -+- /,).

Si /(/:,), 9(^3)? 'X^O' 7,(^:i ) ^^^^^ quatre fonctions arbitraires de /.j, j'obtiens dans l'espace à quatre dimensions la surface

qui admet, évidemmeni, ce' modes de génération par composantes à une dimension.

Soient de mêm'e deux surfaces quelconques de Sophus Lie dans l'espace à trois dimensions, d'équation respective

©(cT,, jTo, j:':j) = o OU ©1 (.i'i, crj. j:- ,;):=: o.

Les formules

(4) Xi = j:-i, X.,^ T.2, X:,^=ir;., \i = j-;, Xjrrrjjj, X5 =: .r,;

définissent dans l'espace à six dimensions une variété à quatre dimensions : si chaque surface 0 ou 6, admet seulement deux modes de génération, cette variété à quatre dimensions admet exactement quatre modes de géné- ration par composantes à une dimension; elle n'est pas cvlindrique; elle n'est pas non plus contenue dans un plan à cinq dimensions; celte dernière propriété appartiendrait, au contraire, à toute variété à quatre dimensions de l'espace à six dimensions obtenue par le procédé de Lie. En composant la variété (4) avec une courbe arbitraire à une dimension, nous obtiendrions une surface à cinq dimensions de l'espace à six dimensions, admettant aussi quatre modes distincts de génération.

Il serait facile de classer les divers types obtenus par le procédé de celte Note qui revient, au fond, à une séparation des variables. Dans cette sépa- ration on devra retrouver au moins un type canonique de Lie.

4. Dans l'espace à trois dijinensions, il ne peut s'agir que de surfaces ordinaires engendrées par la translation d'une courbe ordinaire. Dans l'espace à quatre dimensions on peut considérer une surface à trois dimensions engendrée par la translation de trois courbes à un paramètre : c'est ce qui a

lOO ACADEMIE DES SCIENCES.

('lé fait au paragraphe pn-cédeiit; on peut, par une sccondo g(''néralisation^ cônsid('rer un»' coin|)Osante à une dimension et une composante à deux dimensions. Voici un exemple très simple ç. o, ,[; désignent trois para- mètres arbitraires: c, o'. ^ trois nouveaux paramètres, le p étant commun aux deux groupes :

f X, = COS'J p COS'b =z p COS'l' coso',

,„^ ) Xo=sinca o sin 'i; =r ,o sin J;' sino',

(5) < " . i > , ,

X3= '^- ^= 'h'- o',

( \i= ' f(p) = J\o).

Les trois premières équations s'obtiennent en coupant deux cercles concentriques de rayon i et p par une même sécante, leur considération fournit dans l'espace à trois dimensions riiélicoïdc minimum. La variété [pcos'l-, p sifi'-p, '},/(p)J n^est pas de translation si /(p) est une fonction quelconque d.' p; par exemple /(p) = y H' p' conduit à considérer la surface de l'espace ordinaire pcos'|. psin'v);, y'R^ p-) qui est une sphère et par suite cette fonction donne bien une surface (X,, X,, Xj, X^) à deux composantes in(léc()m[)Osables. Si l'on prend an contraire

.... 0

/ ( 0 ) =3 a a rc cos -^ , i k

A, a sont des constantes, on obtient une surface de translation à trois composantes, rentrant dans les types explicités par Lie.

Le procéd(' employé ici est susceptible de généralisations évidentes.

5. Bien que n'ayant pas explicité les diverses variétés que j'indique^ l'illustre §,ophus Lie semble bien avoir prévu leur existence, comme Tindi- ({uerait cette phrase de sa Note ( ' ) que je recopie :

(( Les ^ équations fonctionnelles (^' = I, 2, p)

A/„, ( ^, ) -r- . . . + A^..,,_, ( t,._, ) =1 - A^.,/, ( /^, ) - . . . _ \,,,,p_, ( !,,,_ , )

sont satisfaites quand on demande f[ue les arguments /,, /o, . . ., ty,_., soient liés seulement par/> i équations, do/it chacune contienne au moins p argu- ments^ de la manière la («lus générale par des expressions de la forme

9,, Oo, ..., 9;,(-p) désignant p intégrales de la première espèce et du genre p. »

Les tyj)es obtenus ici ne satisfont pas à la condition que j'ai soulignée.

(') Comptes rendus, t. II'i, îSg^.

SÉANCE DU 9 JAWLER 192Î. lOï

ASTRONOMIE PHYSIQUE. Observation (V une étoile anormah' au p/iolomètm liétèrochrome de V Observatoire de Paris. Nol»^ de MM. Charles IXordma.w et Le MonvAX.

' Au cours des observations systématiques que nous poursuivons au moyen du photomètre hétérochrome au petit équatorial coudé de l'Observatoire, nous avons été amenés à faire porter nos mesures sur l'éloile i3 Céphée (B. D. H- 3S°iÇ>i\\) qui présente des anomalies tout à fait singulières.

Cette étoile appartient au type spectral A ( étoiles à hydrogène) d'après les déterminations de Harvard, mais d'autre part elle est indiquée comme ayant une coloration jaunâtre (couleur WG -t- dans le catalogue de Potsdara) alors que les étoiles appartenant à ce type spectral sont généralement assez blanches. Étant donnés l'incertitude et le caractère subjectif des appré- ciations des couleurs des étoiles, il nous a paru nécessaire de soumettre cette 4'toile à des mesures photométriques faites au travers des écrans colorés de notre appareil.

Les mesures ont été poursuivies pendant les nuits des i*"'", 3, 4j ^ et 7 oc- tobre 192 1 dans des c<mditions atmosphériques favorables. On a employé comme étoiles de comparaison la Polaire et deux étoiles voisines de l'étoile considérée, l'une H.R. 8383 appartenant au type spectral Ma, l'autre îl.R. 83;!) appartenant au type spectral A. toutes deux voisines par leur position et par leur éclat de l'étoile considérée i3 Céphi'e, qui est indiquée dans le catalogue de Harvard comme ayant la grandeur G. 01.

Les résultais des nombreuses mesures faites sont indiqués dans le Tableau ci-dessous, R, V et 1^ indiquent respectivement, d'après l'en- semble des déterminations elTecluées, la valeur, à une constante près, du logarithme de l'intensité des étoiles désignées, vues respectivement à ira- vers les écrans rouge, vert et bleu (antérieurement déhnis) du photomètre hétérochrome.

s'oni de 1 (iloilr.

F^

V.

B.

1; H.

ry n;

icné à la Polai

83 S3 \\J\....

. '.475

I , 766

1-791

0 , 3 1 G

—=-0,370

13 Cépliée . . .

0,899

1,398.

1 , 5 1 5

..,61 G

0.670

8375 11.15....

ri , - 1 S

1 .3iS

i , 565

0.847

-o,8()^

D'autre par;, les comparaisons failcs avec la Poliiire pendant -les soirées

102 ' ACADÉMIE DES SCIENCES.

d'observation montrent que, si l'on adopte pour celle-ci la valeur

T)

logg o,844 que nous avons utilisée dans toutes nos publications antérieures, on obtient

r>

les valeurs ci-dessus de log^ pour les étoiles considérées, valeurs qui sont ainsi comparables à celles que .nous avons publiées antérieurement pour un certain nombre d'étoiles.

Des conséquences remarquables découlent de l'examen des nombres pré- cédents. Celles-ci notamment :

Tout d'abord, si nous considérons les deux étoiles de comparaison utilisées 8385H. R. et 8373 H. R., nous voyons que les répartitions de l'intensité dans leurs spectres (et les températures effectives qu'on en déduit) correspondent assez bien avec leur type spectral amsi qu'il ressort de nos déterminations antérieures. Celles-ci nous ont, en effet, donne pour les étoiles du type A (voir nos mesures sur a Andromède, a Lyre,

Y Lyre, ..., C. 7?., pa.ssim) une valeur moyenne de logpr voisine de —0,940 et qui est assez peu différente de la valeur \— o, 898 trouvée ci-dessus pour rétoile 83^5 H. R. qui appartient au type spectral A. Pareillement, nos déterminations antérieures nous ont donné, pour les étoiles du type Ma (voir nos mesures sur [51 Andromède, \l Gémeaux, •/) Gémeaux, . . ., C. li.y passir/i), une valeur moyenne voisine de 0,396 peu différente de la valeur -îo,37o tr0|Uvée ci-dessus pour l'étoile 8383 H. R. qui appartient à ce type spectral. I

2^ L'étoile i3 Cépbée présente au contraire dans son spectre, considéré au point de vue photométrique, une anomalie tout à fait singulière. La

valeur de logrr correspondant à cette étoile est supérieure à la valeur

moyenne de logp- correspondant à son type spectral, d'une quantité égale

à 0,270 environ. Cela signifie que l'intensité des rayons de cette étoile vue à travers notre écran rouge esl, proportionnellement à son intensité vue à travers notre écran bleu, lout près de deux fois plus grande que ne le com- porte le type'spectral de cette étoile.

Si nous exprimons ces rapports d'intensités dans le spectre sous la forme de « températures effectives », au moyen de la loi de Planck. nous voyons que la température ellective de l'étoile i3 Céphée est d'en- viron SiSo" absolus, c'est-à-dire nettement inférieure à celle du Soleil qui

SÉANCE DU 9 JANVIER I'»'^^. lo3

est une étoile du lype (i, et inférieure aussi à celle de toutes les étoiles du type F, et d'un grand nombre des étoiles du type Ivque nous avons étudiées par la même méthode (*).

Quelle peut être la cause de cette anomalie, jusqu'ici sans précédent, qui fait qu'une étoile du type spectral A possède une intensité lumineuse répartie dans son spectre de telle manière que les rayons les plus réfran- giblesysont proportionnellement moins intenses que dans toutes les étoiles jusqu'ici étudiées, non seulement du type A, mais aussi des types F et (î, et correspond à peu près à la répartition de l'intensité dans les spectres du lype K, c'est-à-dire dans les étoiles à température ell'ective et à température photospliérique relativement basse? Il est extrêmement probable que la raison de cette anomalie singulière doit être cherchée dans l'existence d'une atmosphère extrêmement et exceptionnellement absorbante qui entoure l'étoile considérée.

L'un de nous a montré en elîet récemment (^ ) que l'absorption générale des atmosphères des étoiles décroit, en moyenne, lorsqu'on passe des étoiles solaires aux étoiles des types F, A et B de Harvard, mais qu'il y a des écarts individuels à cette règle. Nos observations de li Céphée semblent mettre en évidence un exemple tout à fait remarquable de ces écarts individuels. Toutes les recherches physiques et astrophysiques récentes tendent à établir que le type spectral d'une étoile ne permet de classer et de définir au point de vue thermique, au point de vue du rayonnement quantitatif, que la mince « couche renversante » se produisent les raies du spectre et qui avoisine la photosphère. Selon que celle ci est enveloppée par aijleurs d'une atmosphère plus ou moins vasle et dense, les « températures efîectives » des étoiles, définies par l'intensité de leur rayonnement global, pourronl se classer entre elles dans un ordre un peu dillérenl de l'ordre spectral.

C'est ce dont l'étoile i3 Céphée nous donne, ainsi qu'on vient de voir, un

exemple curieux.

j. . : ^ . .

(') Cprnptes rendus, t. Ii9, 1909, p. ro38. el t. 173, 1921, p. 72.

-) C. NouDMA>'.\, Sur les pouvoirs absorbants des atmosphères des étoiles, etc. Comptes rendus., t. 171, 1920, p. '392).

ro4 ACADÉMIE DES SCIENCES.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. - Sur Ic massif de Poïana Ruska et la corrélation des cycles d'érosion des Carpates méridionales. Note de M. Emmanuel de Martonne, présentée par M. Pierre Termier.

Les explorations qui m'ont permis, l'été dernier, de retrouver les trois plates-formes des Alpes de Transylvanie dans le massif du Bihar et dans les monts métallifères du Banat(') m'ont aussi conduit dans le massif de l^oïana Ruska, dont l'étude permet le raccordement a\ec le Haut Massif hanatique.

Entre le bassin de Hatzeg, à l'Est, et celui de Caran Sebes, à l'Ouest, la vallée